Pékin Express

En voilà une journée qu’elle fut enrichissante !

Mercredi 9h30, me voilà partie avec Ju en direction de la gare routière.
Objectif : prendre un car qui en 3 heures environ, nous amènerait dans la village natal de Trang, la copine de Ju chez qui on passera le Têt.

Pas de bol, ce fameux car on le trouve pas, et Ju est assaillie par des dizaines de regards curieux et des interjections pour le moins agressivement commerciales. On nous balade entre des rangées hyper serrées de cars qui se ressemblent tous… On craque et on monte dans un bus, qui, nous semblait-il, nous amenait à Thang Hoa.

Ou plutôt à Ba Tueng, notre ville de destination se trouvant dans la province de Thang Hoa.

Ou plutôt le district de Cahn Nahn, se trouvant lui-même dans Ba Tueng… Enfin, d’après ce que j’ai compris.

Tout ça pour dire que je pensais aller dans une grande ville et que finalement on se retrouve dans un petit district avec une rue principale… La presque campagne, quoi. Et c’est à peu près tout.

Bref…

On prend le car, on appelle Trang pour lui dire que ce n’est pas le car qu’elle nous a indiqué, elle nous dit que ce car là ne va pas, on tente de sortir du car mais les employés de la compagnie nous bloquent physiquement, et avec le sourire en plus. Personne ne parle autre chose que le vietnamien, et tout le monde fait semblant de ne pas comprendre qu’on veut sortir, alors même qu’on se trouve encore sur le parking et que techniquement, on peut sortir. Le temps que tout ce joyeux monde gagne du temps en faisant semblant de ne pas comprendre, nous voilà parties sur les routes et contraintes de payer un tarif spécial « occidentales » dans un car qui nous emmène on ne sait où !

Finalement on apprend que le car nous amènerait bien à destination, mais moyennant un temps de retard indéterminé. On prend notre mal en patience dans ce car dans lequel j’avais vu, quelques minutes auparavant, un cafard s’ébattant joyeusement sur la paroi latérale du véhicule. On trouve place assise au dernier rang, un peu en hauteur, ce qui je pense nous évite de nous sentir tout de suite malades.

Environ trois heures plus tard, le car fait ce qu’on pensait être une pause. On nous dit de sortir du véhicule, on se trouve avec nos sacs sur une route dans un village paumé, et là, on nous dit gentiment – et toujours avec le sourire – qu‘on doit rester là, sur la route, à attendre un autre car, qui arrive… Quand déjà ? On sait pas trop, on comprend rien. Est-ce que ce nouveau car nous conduirait à Ba Trueug ? Mmh, mystère.

Un gars de la compagnie de bus sur place nous propose d’appeler un taxi – ou un pote à lui qui ferait office de taxi – pour nous amener tout de suite à Ba Tueug pour la modique somme de 400 000 dôngs, ce qui nous aurait fait un voyage aller par personne d’environ 16 dollars, soit un sacré budget pour le contexte, auquel nous n’étions pas préparées.

« Appelle Trang », je dis à Ju. Je crois que c’est une des phrases que j’ai le plus dites à Ju pendant cet journée. C’est ce qu’elle fait. On pense à un moment que sa sœur peut venir nous chercher sur place. On attend sur la route, dans ce truc paumé avec nos sacs et les voitures et motos qui défilent. Fou rire. « Tu te rends compte, Ju, on est en train de faire Pékin Express, là ! »

Finalement c’est un mec qui arrête son 4×4 devant nous, un téléphone à la main, qu’il nous tend et avec Trang au bout du fil. On apprend que ce mec c’est son oncle, qu’il ne parle que vietnamien et qu’il nous emmène chez lui pas loin pour attendre le futur bus qui passe à 18 heures (il est un bon 15 heures).

Ouf, enfin un peu de repos. Maison super jolie et moderne, devant une station essence, avec une ferme d’un côté et des rizières de l’autre. On ne pourra pas dire qu’on n’est pas sortis des circuits touristiques !

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Une bonne soupe nous requinque et on en profite pour réviser notre vietnamien et faire des fiches de vocabulaire. La vue est superbe et l’ambiance reposante, on fait connaissance avec la petite cousine de Trang âgée de 2 ans et très craquante. Pour communiquer avec nous, la tante tape des phrases en Viêt dans le Google Traduction de son téléphone portable et nous tend son téléphone pour qu’on aie une traduction approximative en français. C’est plutôt rigolo.

Vers 18 heures on repart vers l’arrêt de car. Le soir tombe et on désespère un peu. Finalement ce n’est pas un gros car qui nous attend mais une grosse bagnole 9 places bien charpentée.on comprendra pourquoi par la suite. On monte en compagnie d’autres clients de la compagnie, ça nous rassure un peu, on ne sera donc pas dans un taxi véreux qui nous rackettera dans un lieu paumé 😉

Et c’est parti pour la dernière partie de la route… Qui durera deux heures tout de même ! Et pas dans n’importe quelques conditions : la voiture traverse des petits chemins de campagne plongés dans le noir, très irréguliers – les suspensions sont à toute épreuve – , des ponts sans barrière latérale et des dos d’âne à n’en plus finir. À la fois je regrette qu’il ne fasse plus jour et qu’on ne puisse plus profiter du paysage. Et puis quand je devine les multiples ravins au bord de ces ponts de fortune, je me dis finalement qu’être plongé dans le noir c’est un peu moins stressant.

La femme à côté de moi n’arrête pas de vomir dans des mini sacs plastique fournis par la compagnie qu’elle jette par dessus bord une fois utilisés. J’espère qu’elle est malade à cause du transport et pas d’autre chose ! Elle me demande même si elle peut dormir sur mon épaule après tout ça !! Vers la fin du voyage je commence aussi à ne pas me sentir très bien. Je crois que c’est parce que durant toute la journée j’avais retenu mon mal des transports mais que là, c’en était trop. (Il vaut mieux penser ça que de se dire que je suis contaminée par une gastro atomique de ma voisine vietnamienne !)

Je vous ai dit que j’avais oublié de prendre à la fois mes cachets pour le mal des transports et mon spray anti moustiques ?

Bien mal m’en a pris.

En arrivant (enfin) chez Trang, sous le coup des huit heures (le voyage, sur une distance de 100 km, a donc duré plus longtemps qu’un Paris-Hanoi), je me suis rendue compte, comme je le disais en début d’article, que je n’étais pas dans une grosse ville comme prévu, mais dans un village, avec ce que cela comporte de moustiques. Trang m’a assuré que y en avait pas dans sa chambre (j’en ai vu deux) d’où l’absence de moustiquaire… Lorsque j’ai compris que je me suis fait bouffé mes jambes même au travers d’un épais jean, j’ai lourdement insisté pour l’avoir quand même, cette moustiquaire…

Durant la soirée de mercredi je suis restée bien vaseuse, peut-être un contre-coup du transport. J’espère que ça ira mieux le jour du Têt, il faut s’attendre à avoir plein de trucs à manger !

Prochain article que je compte faire : les signes avant-coureurs du Têt.

Tschüs !

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3 réflexions sur “Pékin Express

  1. Non mais c’est carrément dingue ce périple ! Moi à ta place j’aurais pété un câble depuis longtemps… Tu es devenue une vraie globe trotteuse, c’est impressionant ! Quand tu rentreras en France, les transports te sembleront easy en tout cas ^^
    Passe un bon têt et gros bisous !
    Ps : les photos de la rizière sont superbes.

  2. Pingback: Mes petits moments de solitude : deux mois au Vietnam | Le petit carnet de Daphné Xuân

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