Expat´, pas expat´

Un petit billet sur une petite réflexion.

En cherchant ma maison, je me suis posée la question de la compagnie que je souhaitais avoir et des critères que je recherchais vraiment. Ça a été assez compliqué à définir.

Je pensais tout d’abord à une coloc remplie d’expat´ du monde entier, avec qui m’entraîner en anglais, un peu à la manière d’une auberge espagnole car cela a depuis longtemps été un de mes fantasmes lorsque plus jeune, je m’imaginais vivre à l’étranger dans le cadre de mes études.

Puis j’ai cru être capable de vivre seule dans un appart´, peu important finalement de trouver ou non de la compagnie. Plus de tranquillité, plus d’autonomie, du bordel qui serait mon bordel. Seulement je me suis retrouvée face à un mur, qui est celui de la très forte probabilité qu’après plusieurs semaines, je me retrouve avec un sale cafard appelé « le mal du pays ». Et y a pas à dire, ce mal se console mieux lorsque l’on ne vit pas seule.

Ensuite, j’ai visité plusieurs maisons 100% vietnamiennes, avec des vietnamiens dedans (parfois même ne parlant que vietnamien !), dans des quartiers vietnamiens et avec des normes vietnamiennes (matelas dur comme du bois, douche se réduisant à un pommeau accroché dans la salle de bain sans cabine ni rideau qui fout de l’eau partout).
J’ai été tentée de vivre une vie 100% vietnamienne. Apres tout, je suis venue ici pour vivre l’expérience vietnamienne, me rapprocher de mes racines, me mettre en immersion.
Sauf qu’encore une fois, le fait est que je suis à 12.000 km de mes bases franco françaises, et que prétendre qu’une immersion totale serait totalement bénéfique est illusoire.
Oui je suis là pour apprendre le Vietnam, mais je ne veux pas pour autant me saper le moral au quotidien. Vivre avec des vietnamiens impliquerait le risque de se retrouver, des deux côtés, devant un mur d’incompréhension en raison d’un trop grand décalage culturel. De plus, les vietnamiens ne comprendraient pas forcément ce mal du pays qui guette tout expatrié. Ce qui, encore une fois, ne serait pas très facile en cas de déprime passagère. Cela s’est confirmé, notamment lors de mon Têt de ces derniers jours. J’ai été très heureuse d’être en immersion pendant plusieurs jours, mais il faut dire qu’au bout d’un moment ça fatigue et qu’on est bien content de retrouver quelques repères au bout du voyage.
Et puis, faut dire que les matelas vietnamiens sont certes très bien pour ceux qui dorment sur le dos, mais beaucoup moins cool pour ceux qui dorment sur le côté.

Finalement, lâchement diront certains, j’ai opté pour la sécurité et suis revenue à mon premier choix : une maison d’expat´, pour ne pas vivre seule, et pour échanger avec des personnes culturellement proches de moi.

Beaucoup me diront que je passe à côté de l’essence du Vietnam, que je suis une expat´ comme une autre malgré mes origines particulières.

C’est sans doute vrai, même si j’espère contacter le Vietnam par d’autres moyens : côtoyer et sortir avec les vietnamiens de mon groupe de musique, continuer à voir Trang et ses amis, passer régulièrement à la pagode et manger dans la rue.

Mais le fait est qu’on ne peut totalement s’assimiler à la culture locale qu’elle qu’elle soit. Que la plupart des expats à long terme que je connais mangent le plus souvent occidental et se raccrochent à des petites choses leur rappelant leur pays d’origine. Et je me dis que tout cela, ce n’est certainement pas pour rien.

Ces petites réflexions m’ont amenée à me dire ceci :

À tous les français qui critiquent les immigrés car ils ne mangent pas comme eux, ne s’habillent pas comme eux, ont gardé des habitudes de leur pays d’origine et se retrouvent en communauté.

À tous ceux qui exhortent les immigrés à s’assimiler totalement à la culture française (comme s’il n’y en avait qu’une, d’ailleurs) et à laisser derrière eux tout ce qu’ils étaient.

Je vous invite à essayer de faire la même chose en débarquant dans un pays culturellement éloigné du votre.

Je vous invite à ne pas vous rassembler entre expat’ français ou occidentaux, à ne plus manger de pain, à ne plus écouter votre musique, à ne plus pratiquer votre religion, à ne plus exiger vos normes de confort, et surtout à ne plus du tout être tenté par tout cela.

Vous faites moins les malins maintenant, hein ?

D’autant plus que pour le moment, les expat qui m’agacent le plus sont en général les français.
Souvent les premiers à parler fort, pour bien montrer qu’ils sont français, qu’ils ont assez de pognon pour descendre boire un verre au Madake (super bar au passage). Ne jamais se fondre dans la masse ni montrer d’humilité.
Mater TV5 Monde et être accro à sa petite boulangerie française de la rue des expat’.
Oui c’est cliché… Car à côté de ça j’ai rencontré des français beaucoup plus cool et ouverts, qui avaient des potes qui venaient de partout.
Il n’empêche que je ne peux m’empêcher de grincer un peu des dents lorsque j’entend des paroles en français tonitruant dans un supermarché, genre « on est les rois du monde ».

Il va falloir pourtant que je m’y habitue… Puisque ce quartier des expat´, sera finalement mon futur quartier.

Mais pour en savoir plus, il faudra attendre le prochain post 😉

Tschüs !!

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5 réflexions sur “Expat´, pas expat´

  1. Pingback: En bonus (5) : les expat’, encore et toujours | Le petit carnet de Daphné Xuân

    • Tout à fait ! Mais il est toujours bon de le rappeler, certains ayant tendance à l’oublier 😉
      J’ai parcouru ton blog, il est très bon. On se rend compte que les pays d’Asie sont extrêmement différents les uns des autres et offrent des expériences tout à fait singulières. C’est très intéressant.

  2. Merci, c’est toujours un plaisir que de voir que ce qu’on écrit est apprécié, ça motive à continuer.. 🙂 Aussi je te rejoins sur pas mal de points, notamment sur la difficulté de se ré-intégrer en France ou de partager son expérience.. Du coup j’ai fait le choix de rester ici encore quelques temps.. 🙂

    • C’est une chance d’avoir le choix de rester, je serais sûrement restée aussi si j’avais pu car six mois c’est vraiment juste. Fort heureusement les expériences d’expatriation se démocratisent un peu, donc il est plus simple d’en parler avec des personnes qui le plus souvent ont un proche ressenti. Bonne continuation en Asie… J’espère y revenir bientôt.

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