Comment prendre le bus à Hanoï

Je vis à Tay Ho (quartier expat’ avec grand lac), je bosse à Hoan Kiem (hypercentre, côté luxueux). Dans les deux cas, je croise souvent des couples en tenue de mariés qui prennent la pose (souvent peu naturelle) sous l’objectif d’un immortaliseur d’images.

Le seul souci, est qu’entre les deux, y a presque 100 000 dôngs de taxi (3,5 euros environ), ce qui alourdit bien la facture lorsque l’on doit faire un aller-retour au moins cinq fois par semaine. Pour moitié-prix voire un peu moins, je peux tester les sensations fortes du taxi-moto ou xe om, avec les pots d’échappement qui vont avec. Pas trop mal, mais pas génial sur route mouillée (la plupart de mes amis ici disent que nombreux sont les xe om qui boivent en attendant le client…)

Bref, j’ai décidé de prendre le bus pour aller au boulot. Parce que c’est un gros véhicule dans lequel on se sent en sécurité (rappelez-vous, la priorité est toujours accordée au plus gros véhicule), qui ne prend pas la pluie, et qui est très peu cher (5000 dôngs la place, soit moins de 20 centimes d’euros). [Edit : le ticket a augmenté : quand j’étais repartie en juillet 2014, il était à 7000, avec projet d’augmentation à 8000 voire plus…]

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bus de Hanoï ne déroge pas a la règle selon laquelle, en général, prendre le bus est toujours un peu vu comme quelque chose de fastidieux. D’un autre côté je n’ai pas a m’en plaindre, il n’est ni meilleur ni pire que ce qu’on peut voir en France ou au Maroc par exemple.
J’ai tout d’abord parcouru le net à la recherche d’explications. Je suis tombée sur :
– le site de la compagnie Hanoi Bus, en vietnamien, et je n’avais pas google trad sur ma bécane
– des sites pour touristes qui expliquent comment aller a tel ou tel monument en prenant le bus, donc contenant des infos parcellaires
– pas grand-chose d’autre.

Alors aujourd’hui, j’ai décidé de vous expliquer comment prendre le bus a Hanoï… Tout du moins depuis chez moi jusqu’au centre-ville.

Plusieurs étapes sont indispensables pour prendre le bus.

La première étape est de trouver une carte décente qui explique a peu près les trajets de chaque ligne. Je n’en ai trouvé aucune en ville. Et quand on ne connaît pas encore le réseau, difficile de juger de la pertinence d’une carte.
Allez je suis gentille, voici celle que j’ai utilisée :

Une carte du reseau de bus a Hanoi

Avec ça normalement vous repérez quel numéro de bus passe à peu près par les deux points qui vous intéressent : le lieu de départ et le lieu d’arrivée.

La deuxième étape consiste a repérer votre arrêt de bus de départ. Alors soit vous connaissez une bonne âme qui vous l’indiquera, soit vous devrez errer dans votre quartier jusqu’à ce que vous trouviez :
– un panneau bleu dont la face est perpendiculaire à la route,
– rehaussée d’une bande jaune où le mot XE BUYT (= bus) est marqué dessus (eh oui, car des panneaux semblables existent pour des navettes électriques),
– et qui comporte le numéro de votre ligne.
Ça peut durer un moment car ce n’est pas très voyant. Les numéros de ligne étant écrit en tout petit, il faut se poster sous le panneau pour voir s’il se trouve sur le trajet désiré.

La troisième étape est sans doute la plus simple : attendre le bus, et faire l’appoint.
Faire l’appoint vous facilite bien la vie et celle du monsieur du bus qui vous vend votre ticket à bord (billet de 10 000 ou de 20 000 toléré).
Faire l’appoint s’avère nécessaire en heure de pointe pendant laquelle il est physiquement impossible de rejoindre ce vendeur de tickets et où votre billet de 5000 (ou vos billets de 1000 et 2000) passe de main en main jusqu’à lui en guise de paiement.

La quatrième étape consiste a monter tout simplement dans le bus, acheter votre ticket, vous faire placer avec plus ou moins de ménagement par le monsieur du bus, qui n’hésitera pas à vous pousser un peu vers le fond en cas de grande affluence, ou à vous faire lever pour faire place aux personnes âgées (mon grand souci a été de déterminer qui, parmi ces asiatiques qui ont l’air si jeunes, devait être considéré comme âgé). Il existe aussi dans les bus des petits carrés surélevés dans lequel déposer vos valises et autres gros sacs encombrants, à surveiller d’un coin de l’œil ou à réserver aux biens sans trop de valeur (un sac plastique rempli de bananes par exemple).

La cinquième étape est sans doute la plus compliquée, surtout pour les débutants : deviner à quel moment vous devrez descendre.
En effet, il n’existe pas de nom de station : les arrêts sont désignés tout simplement par leur adresse (du genre 285 Yen Phu street, démerdez-vous avec ça quand vous ne connaissez pas la ville).
De plus, même si sur certaines lignes (pas toutes) les arrêts sont annoncés, votre piètre compréhension de l’accent vietnamien ne vous permettra pas de repérer l’instant de la descente.
Finalement, la meilleure technique pour vous restera celle des points de repère. C’est très simple, dès que vous apercevez un point de repère que vous connaissez pas très loin de votre destination, vous signifiez que vous voulez descendre.
Pour ce faire, appuyez sur le bouton rouge sur la barre jaune près de la sortie. Vous pouvez aussi appuyer sur un bouton qui se trouve directement à côté de chaque lumière indiquant une demande d’arrêt.
Pour mes premières fois, je suis restée aux aguets, en regardant partout si je repérais quelque chose que je connaissais. D’accord, pour moi c’était plutôt facile, il suffisait d’apercevoir le lac Hoan Kiem pour demander de descendre.
Attention, la descente va vite, il faut être dans les starting-blocks bien avant l’arrêt pour éviter de devoir sauter d’un bus qui vient de redémarrer.

La difficulté est renforcée en heure de pointe, pensez donc à tester votre trajet en heure creuse ou en week end.

Et voila, vous venez de prendre le bus à Hanoi !!

Attention tout de même, ce n’est pas parce que vous maîtrisez le trajet aller que vous allez être nickel sur le trajet retour.

J’en veux pour preuve ma première soirée à errer dans le quartier de mon lieu de stage pour trouver un arrêt ou un bus de ma ligne qui me ramènerait chez moi. Le matin où on m’a déposée, je pensais que l’arrêt pour le retour se trouverait en face dans la rue. Sauf que cette rue était en sens unique. J’ai cherché, cherché pendant bien une heure (et en demandant mon chemin a des gens qui ne savaient pas mais m’envoyaient n’importe ou), pour finalement jeter l’éponge et prendre un taxi. Puis j’ai appris qu’en fait le bus de ma ligne décrivait une boucle, et que j’aurais très bien pu attendre a l’arrêt auquel le bus m’avait déposée le matin !

Pour le retour, surtout si c’est dans un coin touristique, faites bien attention, pendant le trajet aller que normalement vous maitrisez, à construire vos points de repère. Pour moi par exemple, c’est un concessionnaire Honda. Dès que je vois un grand H majuscule, je sais que mon arrêt est le suivant. Biiiip !

La partie la moins fun finalement est celle ou vous devez traverser une sorte de route périphérique pour rejoindre votre chez-vous. Si votre ligne passe par ce type de route, vous n’y échapperez pas, soit a l’aller, soit au retour, puisque la ligne se fait d’un cote de la route a l’aller, puis de l’autre au retour…

Voila pour l’expérience. Si vous venez dans le coin, testez le bus, c’est plutôt rigolo et l’argent économisé vous permettra de mieux manger.

Tschus !

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5 réflexions sur “Comment prendre le bus à Hanoï

  1. Pingback: Petit moment nawak dans le bus hanoien | Le petit carnet de Daphné Xuân

  2. Pingback: Ce que j’ai fait sur une moto au Vietnam | Le petit carnet de Daphné Xuân

  3. C’est super les gens comme vous qui se donnent le mal de faire un blog, bien référencé sur les moteurs ! Encore mieux quand on peut compléter par des commentaires. Alors bravo !
    Je veux commenter pour dire pourquoi il me semble au moins aussi facile de prendre le bus à Hanoï qu’à Paris.

    1. Le plan du réseau
    étant maniaque des cartes et plans, j’étais content en 2013 de trouver une carte gratuite du réseau dans les (rares) petits stands que l’on trouve dans les arrêts près des universités ou aux terminus (Cầu Giấy et Long Biên par exemple, ceux du 7 et du 17 qui viennent de l’aéroport), avant 17h. Las, la carte est maintenant payante (20kD dans les stands, et 16kD dans les librairies, tarif mai 2015), mais indispensable. Notez quelues pièges : avec les lignes circulaires sans en avoir l’air, comme la ligne 9 pourtant très utile, ou autour de Long Biên (avec les ponts les sens de parcours ne sont pas intuitifs).
    On peut aussi utiliser le vieil et incomplet http://115.84.178.23:8099/ avec tous les arrêts de plusieurs lignes, à coupler avec le très utile plan de Hanoï en ligne http://maps.vietbando.com/maps/ , le seul que je connaisse avec toutes les petites rues.

    2-5. Se repérer
    à Hanoï est de toutes les villes où j’ai pris le bus la plus facile, car les adresses sont écrites sur tous les magasins tout le long de la rue. Difficile de prétendre qu’on ne voit pas où on est !

    3. Faire l’appoint
    n’est pas nécessaire. Si vraiment vous voulez éviter, vous pouvez prendre un abonnement dans un de ces fameux petits stands : un formulaire, deux petites photos, quelques jours d’attentes et vous aurez une carte d’abonnement mensuel (100kD pour une ligne, 200kD pour toutes, par mois calendaire, tarif mai 2015).

    5. Il faut prévoir la descente, mais les locaux exagèrent. (En général, ils sont aussi persuadés qu’aucun plan de réseau n’existe. Peut-être justifient-ils ainsi les pétarades de leur motorbike, ou pire l’utilisation d’une voiture.) Les annonces ont du charme, mais demandent un peu d’oreille, sauf cas simple comme Ga Ha Noi.

    Notez aussi que tous les chauffeurs de taxi ne sont pas de Hanoï et tous ne comprennent pas le système d’adresse de la ville : 4 Ngách 19 Ngõ 275 Phố Kim Mã (ou encore Kim Ma, Ngõ 275, Ngách 19, # 4, ou encore 4/19/275 Kim Ma en abrégé) signifie : dans la ruelle qui part de la rue Kim Ma au niveau du no 275, au no 4 de l’impasse (ou sous-ruelle) no 19. (Vérifiez sur vietbando.com que cette adresse n’existe pas.)

    Le bus reste un excellent moyen de visiter la ville, comme à Paris ou à Londres : embarquez et aller au terminus au frais, vous ne pourrez pas vous perdre !

    • Merci Vincent pour ce complément indispensable qui complète bien mon expérience parcellaire du bus hanoien !

      De mon côté je n’ai pas osé sortir des sentiers battus pour les bus et m’en suis tenue à ma bonne vieille ligne 31.

      De même je savais qu’il existait des cartes mensuelles mais n’avais ni le temps ni l’énergie pour trouver le moyen de faire des photos en tout petit format puis de trouver le guichet à Long Biên avec un ami vietnamophone pour me faire faire un abonnement…

      Et merci pour tes remarques sur ce blog, j’ai écrit ce billet pour qu’il aide les nouveaux expatriés à mettre le pied à l’étrier… Quand j’ai voulu prendre le bus la 1ère fois il était difficile de trouver des indications pratiques sur le net.

      • Hier, je rentrais du VietXo, rendez-vous de toute sorte de danse, et mon bus à l’arrêt a été embouti par un scooter. On a du attendre le suivant (et dernier). L’incident m’ a rappelé ce blog !
        Car les choses changent vite à Hanoï, et au pied des gratte-ciel, partout dans la vlle poussent des arrêts de bus, avec un toit, un banc, de la lumière, un plan du réseau shématique mais efficace, et un système de localisation indiquant la distance des prochains bus. C’est le cas de cet arrêt tout prêt du VietXo, et en passant j’ai remarqué que l’arrêt de la gare en était aussi équipé, ciment encore frais. Le point 2 (trouver un arrêt) va vite devenir plus facile !

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