La « journée des femmes » au Vietnam

Hier 8 mars fut la « journée internationale pour le droit des femmes », ou la « journée de la femme » ou encore, comme au Vietnam, la « journée des femmes ».

L’occasion, en principe, normalement, de faire le point sur les progrès qui restent à faire pour l’égalité entre hommes et femmes. Personnellement, cette question je me la pose bien plus souvent qu’un jour par an, mais bon, passons.

J’ai l’impression qu’ici au Vietnam, les gens aiment particulièrement les fêtes. La « journée de la femme » baptisée ici « womEN’s day » est donc vécue comme une fête… Et rien d’autre, je crois, malheureusement.

C’est simple : la « journée pour le droit des femmes » est occultée par une version très édulcorée, la « journée des femmes » tout simplement. Une sorte de Saint-Valentin bis durant laquelle les restaurants proposent des offres spéciales pour que ces messieurs invitent ces dames à déjeuner ou à dîner. Les pâtisseries ne sont pas en reste avec des gâteaux en forme de cœur sur lesquels est inscrit en lettre de sucre « women’s day ».

Et voilà comment on passe d’un événement militant pour une cause juste (je considère que l’inégalité entre les sexes induit bien des problèmes sur beaucoup d’autres plans) à une journée cheesy totalement inoffensive. Mais je suppose que ce n’est pas le propre du Vietnam de faire ainsi.

Je vais pour ma part apporter ma petite pierre à l’édifice pour raconter un peu ce que j’ai pu observer de la condition féminine ici.

J’ai l’impression que les femmes sont ici considérées comme de petites choses fragiles et un peu bébêtes. J’ai pu le constater lorsque les passants insistaient vraiment sur l’explication du chemin à prendre pour aller à tel endroit. On m’a déjà fait des schémas avec des canettes de bière pour m’indiquer ou se trouvait l’arrêt de bus. Pour être sur que je comprenne bien… Ça partait de une bonne intention mais franchement ce n’était pas si compliqué à comprendre. Bref…

Mais ce qui m’étonne toujours un peu, c’est qu’à côté de l’image que les gens ont des femmes (des personnes délicates et fragiles), ce sont aussi elles qui se tapent les travaux les plus pénibles, y compris physiquement.
J’ai rarement vu des éboueurs hommes ici, par exemple. C’est un « métier de femme »…
La scène la plus marquante que j’ai vu était le démontage, en pleine nuit, d’un mur entier de briques, qu’il fallait charger dans un camion. Pour faire ce travail de titan : trois femmes, qui plus est d’un certain âge, pour ne pas dire d’un âge certain !

À côté de cela on perçoit bien une pression constante sur l’entretien de la beauté. À ce niveau là la concurrence est rude, je trouve que toutes les vietnamiennes sont magnifiques. Il n’empêche qu’ici plus qu’en France c’est la course à la minceur (des jeunes vietnamiennes plutôt minces se voyant grosses car pas maigres), à la délicatesse, et pire, à la blancheur (avec les produits dangereux pour la santé qui vont avec).

Cela contraste avec les hommes vietnamiens qui peuvent, je pense, « venir comme ils sont ». Ça se voit sur les photos de pré-mariage dont les séances se font près de chez moi : les femmes sont souvent infiniment plus belles que leur fiancé 😉

Mais ce que j’ai pu voir des jeunes femmes vietnamiennes ici est plaisant : ce sont des filles fraîches, responsables mais qui ont, comme tous les jeunes de leur âge, envie de s’amuser. J’ai parfois l’impression d’être dans une société tradi des 60´s avant que ne passe 68…

Bref, tout ça pour dire, et c’est aussi le but de ce billet, que le courage des femmes vietnamiennes n’est pas une légende. Je suis extrêmement admirative !

Bon dimanche 🙂

Tschüs !

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4 réflexions sur “La « journée des femmes » au Vietnam

  1. Point de vue de Bonnafont (journaliste hanoien) sur la femme vietnamienne:

    « Femme de tête

    Comme si en deux pages au Courrier du Vietnam, il était possible de résumer tous les mystères de la femme, et surtout de la femme vietnamienne. Alors, j’ai choisi, en ce jour où elle est fêtée (8 mars), de vous parler d’une de ses qualités les plus étonnantes: sa capacité de gestionnaire.
    Je me souviens d’une conversation que j’avais eue avec un de mes amis hanoïens avant mon mariage. Il me confiait alors: «Quand tu seras marié, il faudra avoir deux comptes en banque: un que ta femme connaît, et un qu’elle ne connaît pas». Cette assertion me semblait pour le moins étrange. Pourquoi cacher quelque chose à sa femme? Je ne connaissais pas encore le mode de gestion domestique de la femme vietnamienne! J’ai donc pris l’habitude de regarder, d’abord avec surprise puis avec un étonnement amusé, les pratiques de gestion féminine, dont je vous livre quelques règles:

    Faire avec…
    «Combien as-tu gagné? Combien va-t-on te payer?». Si cette question est toujours formulée de façon anodine, si le ton de la voix est toujours très cordial, la réponse qu’on fera sera capitale… pour la gestionnaire.
    En effet, curieusement, alors que l’on pourrait s’attendre à une réaction du type «C’est pas beaucoup!» ou alors «Ils se moquent de toi, tu n’es pas assez payé», ou encore «C’est magnifique! Bravo, je suis fière de toi!», le plus souvent, la somme annoncée n’est sanctionnée que par un «C’est bien!» dit sur un ton neutre. Ceci permet simplement d’établir les bases de la comptabilité domestique, en partant du principe économique suivant: «On dépensera en fonction de ce que l’on aura». Donc, inutile de craindre des récriminations ou d’espérer des compliments à l’annonce de ce que le fruit de notre travail rapportera à la maison.
    Par contre, attention, en l’espèce, l’axiome «Ce qui est dit est dit» se vérifie totalement. En effet, inutile de se vanter en claironnant un chiffre faramineux pour revenir, à la fin du mois, avec un montant revu fortement à la baisse. Dans ce cas, vous auriez droit à un regard pour le moins soupçonneux, suivi d’un interrogatoire en bonne et due forme qui pourrait se prolonger fort tard, sans avoir le droit d’être assisté par un représentant syndical ou un avocat! Épreuve au cours de laquelle il faudra justifier de la différence entre le prévu et le réalisé. On ne rigole pas avec les prévisions budgétaires!

    T’occupes! C’est moi qui paye…
    La comptable des deniers du ménage compte et règle. Ici, pas de séparation des pouvoirs entre l’ordonnateur et le payeur! Sauf si l’on invite expressément sa conjointe pour lui faire un cadeau, c’est toujours l’épouse qui paye, même si l’argent est dans la poche du mari, qui ne joue que le rôle de transporteur de fonds. Un jour que je m’étonnais de cette pratique, alors qu’en Occident, c’est plutôt l’inverse, la femme d’un ami m’a rétorqué que payer à la place de sa femme donnerait l’impression qu’elle est une femme entretenue, alors qu’en la laissant payer, elle montre son statut de femme mariée. Ben, tiens, il fallait le savoir ça, hein! De toute façon, c’est plutôt mieux comme ça, parce que régler des achats va de pair avec les deux commandements suivants.

    Le compte est bon!
    Le billet vietnamien est un billet extraordinaire, qui peut passer à la machine à laver sans être abîmé, qui est indéchirable et infroissable, mais qui présente un défaut de taille: il a tendance à rester solidaire de ses compagnons de fortune. Autrement dit, les billets collent l’un à l’autre, et si on n’y prête pas attention, on peut donner le double de la somme demandée sans s’en rendre compte. D’où l’habitude des Vietnamiens de compter et recompter plusieurs fois le nombre de billets quand ils payent. Et à ce jeu-là, la femme vietnamienne est d’une habileté redoutable! Il faut voir avec quelle dextérité la liasse est dépliée, les billets triés par valeur, séparés, puis ensuite comme la liasse est reconstituée, repliée, et rangée au fond du sac…, ou remise au transporteur de fonds s’il est présent.

    L’écureuil, c’est elle!
    Si, comme partout ailleurs, il existe des «paniers percés» qui dilapident l’argent du foyer, la majorité des femmes vietnamiennes sont économes. Et ici, le mot «économe» prend tout son sens. Il n’est pas question d’avarice, mais simplement d’un emploi judicieux des ressources. Ce qui doit être dépensé le sera, ce qui peut attendre attendra, ce qui peut être placé le sera. Cet axiome repose sur trois principes: les enfants et le mari doivent avoir suffisamment à manger pour être en bonne santé. Les charges doivent être payées pour que la famille ne soit pas endettée. En cas de maladie ou d’accident, il faut avoir une réserve suffisante pour que les deux principes précédents puissent être vérifiés.
    En d’autres termes, donnez 100, elle en dépensera 50, voire moins. Tout achat est âprement marchandé. Toute dépense imprévue, mûrement réfléchie. Si l’argent est placé en bourse, ou dans de l’achat d’or, les cours sont scrupuleusement surveillés, auscultés, et les réactions ultrarapides! Bien des entreprises, bien des nations pourraient s’inspirer de ce mode de gestion.
    Voilà pour ce qui est des capacités gestionnaires de la femme vietnamienne. Mais je pourrais aussi vous parler de son dévouement total à sa famille, avec un ordre qui remet le mari à sa juste place, c’est-à-dire au 4e rang, après les enfants, les parents, et le clan familial! Ceci ne l’empêchant pas de défendre son territoire conjugal comme une tigresse, prête à sortir les griffes si une rivale tente d’y pénétrer. Je pourrais vous dire aussi son courage, sa douceur, sa patience, son élégance innée…, mais je ne le ferais pas, car à trop vous parler de mon épouse, vous pourriez avoir envie de la connaître!
    Messieurs, n’oubliez pas de passer chez le fleuriste avant de rentrer chez vous aujourd’hui… »

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