Comment gérer son budget d’expatrié au Vietnam (2) : une fois sur place

Bonjour cher visiteur et peut-être futur expatrié,

J’ai déjà sur ce blog évoqué les petits trucs auxquels on ne pense pas en partant au Vietnam, ainsi que quelques conseils sur le budget à prévoir avant de partir.

Aujourd’hui je vais vous parler de la gestion du budget une fois sur place, jour après jour. Je l’avoue, avant de partir, je n’avais jamais fait partie des personnes qui gèrent scrupuleusement leur budget et notent quotidiennement leurs dépenses sur un carnet, en vérifiant tous les tickets de caisse amassés dans la journée. Il suffisait que j’aie une idée approximative de ce qui me restait, et tout allait pour le mieux.

Mais je prends mon séjour ici comme une expérience durant laquelle je dois vraiment me débrouiller par moi-même, avec un revenu qui ne permet pas de faire des folies, et avec en tête de nombreuses dépenses que je devrai faire en rentrant, en raison de ma future entrée dans la vie professionnelle.

Au fil des semaines, je me suis rendue compte que je serais moins stressée si je savais combien je dépensais et combien il me restait par rapport à mon indemnité de stage.  J’ai donc cédé à la tentation de noter mes dépenses quotidiennes. Et me suis rendue compte que certains jours, je ne dépensais pas tant que ce que je pensais. Ça permet alors de savoir exactement les moments où on peut se faire plaisir sans aucune arrière pensée, et c’est donc assez reposant au final.

J’ai donc eu envie de vous parler ici de ma façon de gérer l’argent au quotidien.

Pour ma part, pour le quotidien ici, je divise mon revenu mensuel par trois :

I – 1/3 environ (un peu plus en réalité) pour le logement. J’essaie de réserver une petite marge de sécurité pour les charges diverses et variées : électricité (ça peut monter jusque 40 dollars par mois par personne pour une coloc en été a cause de la clim ; préférer le ventilo de plafond moins couteux et moins bruyant), femme de ménage (un service courant ici), produits ménagers et divers éléments d’amenagement de votre chez vous… Attention quand vous cherchez votre logement, prévoyez une marge d’environ 30 a 40 dollars car les loyers souvent ne comprennent pas électricité, et parfois même pas l’eau ou internet.

Combien coute le logement en ce moment sur Hanoï ?

Pour autour de 100 dollars vous pouvez tenter de dealer avec une famille vietnamienne pour vivre chez eux à la vietnamienne (faut avoir des contacts sur place). Pas cher, pas ce qu’il y a de plus pratique/confortable mais ça doit être une expérience intéressante toutefois. Une connaissance même minime de la langue est un plus.

Pour autour de 150-200 dollars vous avez une chambre basique (parfois avec matelas viet et douche viet) en coloc dans un joli quartier, ou une chambre pas mal dans un endroit moins bien placé (Dong Da, Cau Giay, voire plus loin…).

Pour 250-300 dollars voire un peu plus vous avez déjà une chambre dans une (très) jolie coloc et dans un coin sympa.

Pour 300-350 dollars vous avez accès a un studio pas trop mal (chambre au même endroit que la cuisine et le salon) dans le quartier des expat’.

Si vous voulez un vrai appartement dans le quartier des expat’, ça se négocie autour de 400-500 dollars, autour de 600-700 si vous souhaitez deux chambres.

Ajoutez 50 dollars de plus environ si vous voulez vivre dans l’hyper-centre, c’est à dire le quartier de Hoan Kiem (mais je ne le vous conseille pas, ce n’est reposant comme quartier, or le facteur « repos » devient important au bout de quelques semaines à Hanoï).

Tous les prix que je vous donne sont ceux du marché à destination des expatriés. Il est évident qu’il existe des sites d’annonce tout en vietnamien qui proposent des deals plus intéressants… Mais faut savoir parler la langue.

Si vous restez moins de deux mois, pensez aussi aux homestays. J’ai pu tester Mike Homestay par exemple, plutôt sympa et bon esprit.

II – Un peu plus d’1/3 pour le quotidien. On divise ce montant par 30 (oui je sais, y a des mois qui font 31 jours, mais je m’en fiche) et ça fait le montant depensable en une journée. Chaque jour on note ses dépenses dans un carnet (ou son agenda). A la fin de la journée on a un bonus si on a dépensé moins que le montant quotidien, ou un malus si on s’est lâché un peu (et il faut parfois le faire, après tout on est là pour profiter, et j’ai tendance a dire « oui » à quasi toutes les propositions de resto et sorties). On reporte le bonus ou le malus pour le lendemain et on cumule ainsi toute la semaine. Parfois a la fin de la semaine on a un joli bonus pour se faire plaisir le week-end…

Mais qu’incorporer dans son quotidien ? Pas grand-chose, sinon deux éléments : la bouffe et les transports.

La bouffe en semaine, ce n’est pas trop un souci. Le midi, vous aurez un bon plat basique dans la rue a 25000 dongs (moins d’un euro), ou un plat dans un café-resto à 40 ou 50000 dongs (un peu moins de deux euros).

Les transports représentent un vrai problème pour les petits budgets. Si on n’a que 10 dollars en poche par jour, il faut faire une croix sur le taxi. Il reste alors la moto (50 dollars par mois + essence + 5000 dongs à chaque fois qu’on se gare), le xe om (de 30 000 à 50 000 dongs la course, soit entre 1,20 et 1,70 euros), et le bus (5000 dongs le ticket, mais il existe une carte mensuelle illimitée plutôt intéressante mais qui prend du temps à faire). Personnellement, je combine bus pour trajet maison-boulot, xe om pour les adresses pour lesquelles je ne connais pas le trajet en bus et taxi quand je ne peux pas faire autrement (la nuit par exemple, ou quand je suis encombrée).

Le reste : essentiellement, les boissons (miam le smoothie à 2 dollars), la bière et autres cafés, les mangues et les gâteaux… que des trucs biens pas trop chers mais dont il faut tenir compte également 🙂

III – Un peu moins d’1/3 pour les extras et les imprévus.

Ne jamais penser qu’il n’y aura pas d’imprévus au Vietnam. Cependant, la plupart des imprévus se règlent avec de l’argent (ex : t’as loupé le dernier bus ? prends le taxi 20 fois plus cher…). D’où l’intérêt de se constituer une petite réserve.

Pour ce qui est des extras, les tentations sont nombreuses. Ça peut être de la soirée karaoké entre potes, au resto gastronomique, en passant par un massage aux huiles essentielles, sans oublier le shopping bien sur. On peut aussi penser a aménager son petit logement par exemple, via les « moving sale » à fureter sur le site The New Hanoian.

Comme pour les dépenses du quotidien, un système de bonus/malus est plutôt pas mal et permet de se lâcher quand le week-end dernier on ne s’est pas offert de séance de shopping.

Bien évidemment, gardez une réserve d’argent « hors budget » pour les occasions spéciales telles que les trips en dehors de la ville par exemple…

A présent, quelques questions pratiques :

Où changer mes sous ? -> Je vais être assez vieux jeu, mais je dirais a la banque. Certes le taux n’est pas des meilleurs, certes ce n’est que rarement ouvert après 17h, mais au moins on est tranquille. Certaines bijouteries appliquent des taux avantageux, d’autres des taux déplorables (j’ai même du écrire sur un papier le taux que j’avais lu sur xe.com le jour même pour leur faire comprendre que quand même, leur taux était ridicule), et parfois elles changent d’avis et vous disent qu’elles ne font pas le change. En général, je trouve que Vietcombank fait de meilleurs taux que Vietinbank par exemple.

Moto : louer ou acheter ? -> A partir de quatre mois de séjour, il est en général  recommandé d’acheter une moto (vérifier les papiers) puis de la revendre en partant. Elle n’aura couté que le prix de la moins-value. La location est aussi moins prise de tête en ce qui concerne les diverses réparations.

Comment manger bon et pas cher à la vietnamienne ? -> Pour le midi, rien de plus simple : partout dans la rue ou presque. Le soir c’est un peu plus compliqué car une partie des restos de rue ferme (normal, ils sont ouverts depuis le matin pour servir des soupes en guise de petit déjeuner). Un bon plan pas trop cher pour les petites faims du soir est de se payer un banh my ga, un sandwich vietnamien au poulet, au Highlands Coffee (leur Starbucks a eux) pour 29000 dongs, donc un peu plus d’un euro.

Comment manger bon et pas cher a l’occidentale ? -> J’ai un plan pour les personnes qui vivent ou bossent a Tay Ho, qui consiste a acheter a Oasis Grocery soit un plat chaud (pour les chanceux s’il en reste), soit un plat maison congelé a trouver dans leur congélateur magique au fond a droite (très bonnes lasagnes ricotta-épinards). Pour les grosses faims, direction Saint Honore juste en face pour compléter votre repas avec une baguette et un petit dessert. Je suis personnellement fan de leur congolais au chocolat : l’alliance d’une super matière première locale et du savoir faire français, le tout pour 6000 dongs. Ça vous fait en tout un bon repas traiteur pour a peine 60 000 dongs (2 euros voire moins).

– Et l’eau, ça coute cher finalement ? -> Environ 5000 dongs la bouteille de 50 cl en supermarché, 65 000 dongs le gros bidon de 19 l. Il est donc intéressant de s’offrir une bouteille, qu’on re-remplit ensuite avec de l’eau qui vient de ces fameux bidons. Au final ça ne revient pas trop cher.

Finalement le meilleur truc pour tenter de vivre pas trop cher ici est de connaitre a peu près les prix, sachant qu’on paiera toujours au moins un plus cher que les locaux. Je paie dans la rue mon kilo de mangue a 30 000 dongs, quand normalement ça en vaut 25. On ne va pas pinailler pour 20 centimes tout de même. Ça demande donc un petit sens de l’observation au quotidien. Au bout d’un moment les règles s’assimilent vite.

Bref, malgré tous mes petits trucs qui peuvent faire peur a priori, gérer son budget au Vietnam n’est pas si compliqué, pour peu qu’on reste un minimum vigilant. Je crois d’ailleurs que le Vietnam en général est un pays dans lequel il est nécessaire de rester vigilant, sans pour autant tomber dans les excès. Cela fera d’ailleurs surement l’objet d’un futur article…

J’espère en tout cas que mes billets peuvent rendre service au moins à certains d’entre vous.

Tschüs !

Publicités

2 réflexions sur “Comment gérer son budget d’expatrié au Vietnam (2) : une fois sur place

  1. Bonjour Daphné,

    J’ai passé une partie de la journée à lire votre blog, très agréable et intéressant.
    Ayant passé quelques mois en tant que stagiaires, pour moi au Cambodge, et mon mari au Vietnam il y a 15 ans, je me retrouve bien dans pas mal de vos témoignages.

    Nous préparons à présent un projet d’expatriation à Hanoi en famille (2 adultes + 3 enfants de 9, 7 et 3 ans). Votre post sur le budget quotidien est très utile pour alimenter nos réflexions et donne des idées précises de coûts (logement, électricité, eau, transport) que nous allons prendre en compte dans l’élaboration de notre futur budget.

    Je suis à la recherche d’informations qui pourraient nous aider à déterminer le(s) quartier(s) dans le(s)quels nous pourrions chercher un logement pour installer notre petite famille. Nous avons été volontaires en Afrique il y a une douzaine d’années, et avons apprécié de vivre pendant deux ans dans un quartier « banal » (c’est à dire pas un quartier d’expats) et d’avoir des contacts constants avec les locaux.

    Partant avec nos enfants, nous allons devoir rechercher un certain niveau de confort, mais pour autant je ne m’imagine pas vivre dans un quartier d’expats, uniquement entourée de « blancs ». Pourriez vous m’indiquer quelques noms de quartiers réunissant des critères tels que : un cadre de vie agréable (pas trop de bruit, ni de pollution), une proximité avec les services (marchés, supermarchés, lycée français pour nos enfants, bus), une population mélangée (pourquoi pas quelques expats, mais pas trop !!!).

    Merci de vos idées et continuez vos posts !

    Bénédicte
    Lyon, France

    • Bonjour Bénédicte,

      Merci beaucoup pour vos remarques et encouragements. Je suis contente de savoir que mon blog peut inspirer certains lecteurs 🙂

      Votre projet me semble intéressant mais le fait que vous veniez en famille et en expatriation moyen ou long terme change un peu la donne niveau quotidien je pense. Il faudra par exemple penser à l’école ou encore aux garderies pour le petit dernier au besoin. J’ai déjà rencontré des familles qui devaient être vigilantes par exemple sur les critères de sécurité afin d’éviter tout accident « domestique ».

      Pour les bus je ne peux pas vous aider, mais le réseau me paraît bien complet tout de même… Tout dépend des lieux où vous voudrez vous rendre quotidiennement pour d’avoir s’il y a une ligne directe.

      Alors je vais tenter une description hyper caricaturale des quartiers où je suis déjà allée (le plus souvent pour visiter des appart’ mais pas seulement) :

      – le vieux quartier des 36 rues et autour de Hoan Kiem : un peu l’hypercentre. Je ne le conseille pas vraiment pour les familles. Il y a beaucoup de touristes et de bruit, je ne le trouve pas assez reposant. Autour du lac c’est un peu luxe (donc pas hyper familial) et dans les 36 rues la circulation me paraît trop dangereuse pour s’y promener à pieds quotidiennement avec ses trois enfants (j’ai moi même du mal parfois)

      – Tay Ho : mon quartier, celui des expat. Alors oui y en a beaucoup des expat mais il reste des poches de localité tout de même, un peu de street food, etc. Très agréable car autour du lac de l’ouest. Quand il fait très chaud c’est appréciable. Un poil plus cher qu’ailleurs, comme Hoan Kiem, mais ça vaut le coup selon moi. À l’arrière du quartier se trouvent des immeubles très modernes et standard qui accueillent des familles expatriées.

      – Ba Dinh : ça pourrait être un bon compromis. Situé à l’ouest de la ville, il comporte quelques mini lacs. Il fait plus « local » mais en même temps reste spécifique car c’est le quartier japonais et coréen. À ma connaissance il n’y a qu’un lycée français, le lycée Yersin, mais il me semble qu’il est difficile d’y entrer en raison de la demande importante. Ce lycée se trouve à l’est de ce quartier. J’aime bien ce quartier.

      – Cau Giay : grand quartier à l’ouest de Ba Dinh, artères assez modernes et universités. Me semble tout de même assez local. Circulation assez chaotique dans ces fameuses artères les heures de pointe. Me semble plus local.

      – Dông Da : au sud de Cau Giay et Ba Dinh. Un des quartiers les plus typiques et locaux que j’ai visité avec ces rues avec marchés, etc. Attention, les marchés ont tendance à se fermer assez vite en ce moment.

      – Long Bien : il faut traverser le fameux pont du même nom et on se retrouve dans un quartier plus tranquille, un peu excentré et qui a des airs de campagne.

      Si vous voulez je peux vous transmettre des numéros d’agents immobiliers qui ont pu aider des expatriés que je connais (mais qui n’ont pas pu m’aider, leur travail ne plongeant pas vraiment sur les recherches de colocations).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s