La cartographie des copains

En embarquant pour Hanoï, j’avais peur de me retrouver seule. Mais le fait est que je me suis rarement trouvée seule, et qu’il est d’ailleurs plus facile de se faire des connaissances lorsque l’on part seul que lorsqu’on débarque en bande d’amis ou en couple, car on apprend à aller plus naturellement vers les autres.
Afin que vous puissiez imaginer un peu mieux avec qui je passe mon temps libre, voici une petite cartographie simplifiée et un poil caricaturale des amis que je me suis faits ici… dans l’ordre de rencontre, plus ou moins.

Ju et Gi, la base

Ju et Gi ont un peu été mes sauveurs lors de mes premières semaines à Hanoï. Ils m’ont généreusement accueillie dans la chambre libre de leur appartement qui se trouve dans le quartier jap et coréen, et c’est sur le scoot de Gi que j’ai eu mes premières sensations de vitesse dans le trafic hanoien. Ju et moi avons une amie commune qui a fait le lien entre nous. Et, coup de chance, y a un beau courant qui est passé.
Ju et Gi fument, aiment les bia hoi (bière pression fraiche du matin) et les films d’horreur un peu bizarres. Ju, très cultivée, est capable de partir sur des réflexions philo/politico/sociologiques de haute volée, tandis que Gi ne mouftera pas un mot, sauf si c’est pour se donner le plaisir de faire l’avocat du diable. Ce qui rend leurs conversations assez drôles et intéressantes.
C’est avec Ju que je suis allée à Ho Chi Minh Ville et aussi à la fête du Tet, et j’espère faire d’autres expéditions de ce type avec elle.

La bande à Ju

Une petite troupe assez fun et plutôt du type baroudeur.
Elia la benjamine est une des filles les plus débrouillardes et matures que j’ai rencontrées ici. Elle fait tout Hanoi en vélo. Elle vit avec James, un prof d’anglais la trentaine, qui aime les clips de musique électro bien tordus et les envolées philosophiques, et devient assez incompréhensible après quelques bières (à moins que ce ne soit moi qui ne comprenne rien en anglais après quelques bières, c’est possible).
Enfin, Trang, une collègue de Ju, est une fille vietnamienne chou comme tout, qui aime se faire prendre en photo avec des tenues toutes plus kawai les unes que les autres. Elle nous a fait l’honneur de nous inviter dans sa famille Ju et moi pour le Tet.

Le Puzzle band, la grande famille

C’est avec eux que j’ai passe le plus de temps, au vu de toutes les repet et autres réjouissances que nous avons vécu ensemble. Petit tour d’horizon (et pardon pour les éventuelles fautes sur les noms) :

Ced, le chef d’orchestre, ancien musicien pro, officie à la batterie mais a une jolie voix aussi, mais malgré ses multiples talents (il a fait de superbes chansons pour Ulysse), il n’a pas vraiment tendance à se mettre en avant. C’est lui qui organise et coordonne notre petit groupe. Généreux, sincère, parfois amer, j’essaie parfois, très maladroitement mais de façon assumée, de mettre en avant une forme de « positive attitude », ce qui est assez drôle quand j’y pense.

David, le crooner de ces dames, est un peu la star du groupe car il est le seul français parmi nous à parler un vietnamien quasi courant. Il clôt donc la plupart des spectacles avec une chanson en vietnamien. Au Vietnam depuis huit ans, il semble avoir fusionné avec le pays : adoption de la langue, mais aussi romantisme exacerbé comme les vietnamiens en ont le secret. Un mec adorable.

Manu, le gratteux caustique, orienté jazz manouche. J’aime son coté pince sans rire, sa distance, mais sa volonté de s’intégrer au groupe le rend très touchant. C’est un de mes chouchous. Je le croise souvent par hasard, dans la rue, au resto (pas toujours le même), dans des lieux divers et variés, mais essaie de le laisser tranquille un minimum afin de ne pas bousculer son intimité.

Tu, la diva du groupe, une fille de type garçon manqué capable de se transformer en femme fatale quand il s’agit d’être sur scène. Une voix et un charisme exceptionnels qui forcent le respect et l’humilité. Pour le cabaret, elle sait prendre des risques et joue de plus très bien la comédie ; elle a un coté clownesque qui la rend très attachante. Une future star, si elle le voulait…

Lan, plus en retrait, mais qui cache bien son jeu : non seulement elle a une voix grave et puissante qui fait des merveilles pour des chansons réalistes ou poignantes, mais elle excelle dans les arts martiaux.

Diep, la première vietnamienne parmi Puzzle avec qui j’ai fait connaissance, un peu plus âgée que les autres, très drôle et très jolie derrière ses petites lunettes. Elle ne fait pas des folies avec sa voix mais l’utilise intelligemment notamment dans des reprises plutôt jazzy.

Mai, c’est un peu notre petite canaille, un brin rebelle, un brin candide, elle aime les chansons de fille et aurait surement aimé les années yéyé, alors elle chante des chansons de Brigitte ou de Cœur de Pirate de sa voix claire et aiguë, portant des petites robes mises en valeur par sa coupe de garçonne. Mais à la ville c’est une fille brillante, intelligente, peut-être un peu scolaire, qui croit en la force du diplôme et en son avenir.

Tuan Anh, jeune homme sensible et élégant, porté sur les répertoires de Calogero ou de Goldman lui permettant de tester la puissance de sa voix de tête, est drôle, charismatique et bourré de talent. Il a même dessiné les costumes de notre pièce de théâtre musical !

Mais aussi Nam notre pianiste, qui a des airs de Gainsbourg vietnamien lorsqu’il joue nonchalamment du jazz perché la clope au bec, Loi le deuxième guitariste timide et anglophone, Chi la guest star accordéoniste qui se trouve en ce moment même au Festival Wazemmes l’accordéon…

L’Ulysse family, ou la famille recomposée

Nous ont rejoints pour l’aventure Ulysse de nombreuses autres personnes ! Je les croise la plupart du temps lors de sorties de groupe, et presque jamais séparément.
Marianne la théâtreuse, est celle qui m’a très gentiment prêté son violon pour le spectacle ainsi que pour mes sessions studio. Quentin est quant a lui le metteur en scène, fantasque et plein de bons sentiments comme peuvent l’être les théâtreux en général.
S’en suivent Loan, jeune femme dynamique au caractère bien trempé qui m’a appris des rudiments pratiques de vietnamien, Philippe, étudiant quadrilingue qui me pose des tas de questions sur mes études car il envisage de faire la même chose que moi (et je m’en inquiète un peu parfois), notre Ulysse national qui m’a surprise en faisant une reprise de Metallica autour d’une table de bia hoi…

Mes trop gentils colocs

Un p’tit couple multiculturel (un anglais et une américaine d’origine vietnamienne) dont je me suis un peu méfiée au début, tellement ils étaient gentils. La réalité c’est que si des personnes paraissent trop gentilles, c’est parfois juste parce qu’elles le sont parfois véritablement 😉
Hai Minh a le même age que moi, elle est prof d’anglais mais rêve de devenir styliste. Elle est d’ailleurs toujours très bien habillée. C’est une fille sensible, généreuse  et un brin new age… Je la croise régulièrement en train de méditer devant la baie vitrée du salon.
Paul est grand, anglais, drôle et généreux, un peu foufou des fois. Il aime se faire tailler des costumes sur mesure, partager du whisky avec ses amis (moi y compris, chouette), fumer des cigares entre mecs, faire des trucs de vrai vietnamien (comme des massages pas du tout touristiques), et râler sur tout et n’importe quoi. Un mec en or, assurément.

Les p’tits nouveaux

Chau, une fille rencontrée sur Internet, travaille pour mettre en place le premier satellite vietnamien, tout en faisant des piges et des traductions pour des magazines de mode (dont le Elle vietnamien !). Elle m’a proposé très généreusement de me prêter le piano de sa chambre de temps en temps, m’a mise en contact avec des personnes qui pourraient m’organiser des mini concerts. Elle a l’air d’avoir ses entrées dans le petit monde arty de Hanoi et m’invite de temps en temps à  une des soirées de ce milieu.

Brett, un DJ originaire de Brooklyn, m’a proposé de me montrer le potentiel de certains matériels et logiciels de Musique assistée par ordinateur. Il aime les musiques expérimentales et autres sessions improvisées. Un futur acolyte de jam session en tous genres, j’y vais d’ailleurs ce soir.

Je me rends compte à quel point les personnes que j’ai rencontrées ici étaient ouvertes, généreuses, désintéressées et solidaires. Ça me donne vraiment un exemple à suivre et me fait prendre conscience de mes propres lacunes. Je dois encore travailler sur moi-même pour être et me comporter aussi bien qu’eux. Si toutes les personnes étaient ainsi, le monde s’en porterait beaucoup mieux !

Allez, Tschüs !

 

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