État des lieux à J-1 : arrêtez de me dire de bien profiter

Bon, je vous avais dit que je vous raconterais le retour point par point. Je vais essayer de faire rapide car y a un mot d’ordre que tout le monde me dit :

PROFITE BIEN.

Eh bien non, désolée, je ne profite pas, ou peu.
Parce que ça me déprime de partir de cet endroit où je me sens bien et où j’ai pu goûter à une nouvelle liberté. Celle de rencontrer et d’estimer de multiples personnes, peu important leur rang social ou l’endroit d’où elles venaient. Celle de circuler en ville le soir tombé sans avoir peur. Celle de sortir n’importe quel soir en se foutant de savoir comment j’allais rentrer chez moi, car ici les taxis ne coûtent pas un bras.
Et surtout… Ce séjour a changé ma vie, m’a complétée. Je ne peux plus vivre sans le Vietnam en moi alors qu’avant de partir, mes origines vietnamiennes n’étaient qu’une donnée parmi d’autres. Je suis réellement touchée, marquée par ce que j’ai vécu.

Je n’arrive pas à profiter car je stresse pour les bagages et je stresse pour l’après, en France. Mon spleen me fait prendre de mauvaises décisions. Hier soir j’ai oublié de manger et lorsque je mien suis rendue compte, tous les restos étaient fermés. Je me suis rendue à un bar mais suis repartie aussi sec, me sentant pas à l’aise dans une soirée anglophone déjà bien entamée. Avant hier soir je me rendais à un bar sans le trouver (merci taxi :(( ). Au lieu de persister dans sa recherche, et après avoir erré en marchant un moment, j’ai laissé tomber et suis rentrée chez moi. Car j’étais triste, j’en avais marre, j’étais énervée et saoule, et que je ne savais pas que quasi TOUS mes amis m’attendaient là-bas.

Hier j’ai fait mes dernières emplettes, ayant en tête de refaire toute ma garde robe dans un vietnamese style du plus bel effet (il existe de très bons designers sur place, je vous en parlerai peut-être un jour).
Juste avant, j’ai enfin traversé ce fameux pont rouge du Lac Hoan Kiem qu’on voit sur toutes les cartes postales, et devant lequel je passais très souvent sans jamais le parcourir. Au bout, une boutique de souvenirs et ce qui ressemble à une pagode. J’y suis allée pour prier, deux fois. Une pour remercier de m’avoir donné la possibilité de venir et de vivre tout ce que j’avais vécu ici. Une autre pour saluer mes ancêtres nés sur cette terre.

En repartant, en traversant le pont rouge dans l’autre sens, j’ai pleuré.

Aujourd’hui un typhon devrait passer. En fait, il devrait être passé depuis ce matin, sauf qu’il y a juste une bruine sans vent.
Je crains juste que le typhon n’arrive plus tard et gâche la dernière soirée que j’aie à passer ici en me forçant à m’enfermer chez moi.

Vous voyez ? Rien d’extraordinaire pour les derniers moments ici.
Alors bon, « bien profiter »… Ça veut dire quoi au juste ?

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2 réflexions sur “État des lieux à J-1 : arrêtez de me dire de bien profiter

  1. La trajectoire du typhon s’incurve vers la Chine (donc plus au nord). Le centre du typhon ne touchera pas Hanoi comme d’habitude, la force du vent va faiblir: par contre risque d’inondation, en particulier quartier Big-C (Ba Dinh).

  2. Pingback: Dernière nuit, dernier jour à Hanoi (avant les prochains) | Le petit carnet de Daphné Xuân

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