Dernière nuit, dernier jour à Hanoi (avant les prochains)

NB : je suis rentrée en France il y a peu, mais avec encore plusieurs articles en attente qui, je pense, méritent d’être publiés. Ils sont divisés en trois catégories : une sur la gestion du retour, une sur des thèmes de la vie hanoienne, et enfin, le récit de mes vacances dans le centre. Bonne lecture !

J’écris depuis l’avion qui me ramène en France.
Je laisse derrière moi six mois incroyablement intenses, qui m’ont appris et apporté bien plus qu’en plusieurs années.
Je sais maintenant qu’il y aura un avant et un après Hanoi.

Mais laissez-moi vous raconter les derniers instants.

Je ne me sentais pas bien les derniers jours. Mal au ventre, peu d’énergie, la moue tout le temps, moins de sociabilité alors que je voulais profiter un maximum (haha… Voir post précédent) des amis que je m’étais fait sur place.

Samedi, j’ai fait mes dernières emplettes. J’ai acheté je ne sais combien d’écharpes et de foulards de toutes les matières et de tous les styles, j’ai aussi assouvi ma lubie des cosmétiques coréennes et me suis fait une petite réserve. Bref, je me suis préparée psychologiquement aux prix français en me disant qu’en rentrant, je n’achèterais plus rien de non essentiel.

Mais surtout, samedi soir, j’ai eu des amis suffisamment sympathiques et intelligents pour répondre présent pour un dernier Bia Hoi (et donc se rendre disponible un samedi soir alors que je les préviens à la dernière minute). Un grand classique, avec pintes de bière locale à la pression, bouffe à profusion pas chère. Frites à la sauce chili, liserons d’eau sautés à l’ail, clams et autres bricoles.
Je bois quatre verres (ce qui pour moi, est à peu près le double du maximum habituel).
Je vais passer une bonne partie de la nuit à les assimiler.
David et moi on regarde, un brin médusés, Ced et Manu échanger des références et réflexions musicales de haute volée.

Après avoir fait la fermeture du Bia Hoi, after chez Cédric qui va s’étirer jusqu’à… 5 heures du matin. On a fait fort ! Échanges, refaisages de monde, réflexions musicales, bêtises d’adolescents…

Je m’endors donc vers 5h… Pour être réveillée à 8h20 par mon amie Chau qui a finalement décidé de participer à une audition de piano dans un café. Ça me donne une bonne occasion de me lever ! Je me précipite donc dans un taxi rejoindre mon appartement, me rends présentable et repars de chez moi comme si de rien n’était, avec 3 heures de sommeil dans les pattes mais sans aucunement ressentir de fatigue.

Je suis emmenée une dernière fois par Hai, le super taxi-moto en bas de chez moi, pas rigolard mais très sérieux et qui conduit comme un dieu. Je lui laisse la monnaie en partant et lui souhaite bonne chance pour la suite…

Je loupe la prestation de Chau car j’arrive trop tard. Je tombe sur une audition de piano telle que j’en voyais quand j’étais petite en école de musique et au conservatoire. C’est plein de gamins qui jouent de façon scolaire en se trompant de temps en temps. Y a un gamin pas assez grand pour toucher les pédales et qui joue la Lettre à Élise avec beaucoup de for ce et de sérieux.

Je sors, j’appelle Chau et la retrouve au Avalon Café qui dispose d’une très belle vue sur le Lac Hoan Kiem. L’occasion de boire un dernier café sua da tout en discutant avec mon amie d’amour et de musique. L’heure de se quitter arrive et je lui laisse de jolis cadeaux français en souvenir.

Je file ensuite vers le vieux quartier manger un dernier bun bo nam bo, dans Essence, un hôtel clairement orienté touristes (avec les prix affichés en dollar… mauvais signe). C’était assez fade pour le prix et la réputation du lieu.

Je vais ensuite non loin, à l’Espace, pour assister une dernière fois à une répétition de mon groupe adoré, Puzzle. Ils sont plutôt en forme ce jour là et grillent, pendant la pause, des seiches et autres poissons à l’extérieur de la salle.
Je ne me sens pas très bien et regarde l’heure constamment en prévision de mon retour vers l’appart´ car mes valises n’étaient pas finies.
Je vais même faire un petit saut vers le Lac Hoan Kiem histoire de le contempler de jour. Encore un craquage dans le rue Trang Tiên (on finit par être habitué).

Retour à l’Espace.
Le groupe a prévu, et c’est une première, de chanter une collégiale.
Me voilà donc côté public, face à mes amis, qui chantent timidement et avec hésitations, la chanson « Tu es de ma famille » de JJ Goldman.

Et David qui en rajoute une couche en me faisant signe depuis la scène et en me disant, juste avant les premières notes : « Daphné, cette chanson est pour toi ! »
Non mais oh, t’as pas pitié de mes glandes lacrymales nom de dieu ? 😉 j’avais envie de garder une certaine contenance, à la vietnamienne quoi. On sourit et on se cache pour pleurer. Mais enfin, peu importe au final.

Je crois que j’ai fait partie des premières personnes à utiliser l’expression « Puzzle Family », puis « Ulysse Family ». Car c’était véritablement de ça dont il s’agissait. Le clin d’œil était bon.

Les au-revoir se font sur le seuil de l’Espace, et à l’extérieur, dans le soir tombé. Aux uns on dit la fameuse phrase « On se revoit au Vietnam, en France, ou ailleurs ». Aux autres, on dit prévoir un échange de nouvelles.

Volte face vers le noir et le chemin de la sortie. Dès que j’ai le dos tourné, je pleure tout en marchant.

Je trouve très vite un xe om (je ne retrouverai pas Hong, le xe om jovial près de mon boulot), négocie vite et rentre vite chez moi en essayant de capter quelques bribes d’image.

De retour à l’appart´, je suis seule et c’est la panique. Le paquetage est beaucoup plus long que prévu et je n’arrête pas de courir partout, j’ai heureusement le temps de prendre une douche et de me changer. Je crois avoir oublié plein de choses. Je vends mon casque de moto à l’arrache. Ma valise est bien tassée, le taxi m’appelle et m’attend en bas de chez moi. Je ne suis pas prête, demande 10 minutes. Mon coloc m’appelle me dire qu’il ne peut finalement pas rentrer me dire au revoir. Chéwi m’appelle sur internet et je ne peux que très peu lui répondre. Je suis en nage.

Puis très vite, je vérifie n’avoir rien oublié (j’ai oublié des trucs), j’éteins les lumières, laisse un petit mot pour mon coloc, ferme les portes, lutte avec la valise pour dévaler les escaliers, stresse car elle semble peser 45 kilos.

Le taxi me prend et je n’ai le temps de penser à rien. Je regarde pour la dernière fois le paysage de mon quartier et ai l’esprit rivé sur mon retard. La précipitation m’empêche de prendre conscience de mon départ. C’est sûrement mieux ainsi.

Le conducteur est chapeauté par un formateur qui parle très bien anglais. Il me parle régulièrement et essaie de m’apprendre des trucs de vietnamien que je connais déjà. Enfin, je me dis qu’il ça au moins laisser une bonne dernière impression du pays.

Je fais peser ma valise. Elle fait 24 kilos. Hallelujah !!

Tschüs !

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Une réflexion sur “Dernière nuit, dernier jour à Hanoi (avant les prochains)

  1. Pingback: Raconter le départ | Le petit carnet de Daphné Xuân

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