Premières impressions de retour en France

Je viens d’atterrir. Dans l’avion, j’aurais pu engager la conversation avec mes voisins mais ne l’ai pas fait, car nous étions déjà dans un univers confiné où les vietnamiens « lambdas » sont rares.

Grâce à ma cuite de la veille puis ma journée passée telle une pile électrique, j’ai fait l’exploit de dormir huit heures sur les douze que nous avions à tenir.

Du coup, je ne peux que vous conseiller de faire pareil que moi : nuit de beuverie avec très peu de sommeil la veille du départ (si celui-ci est le soir). Le jour du départ, vous serez tellement excité que vous ne sentirez même pas la fatigue. Fatigue qui va vous tomber dessus comme une masse dans l’avion.

J’ai pu écouter du Bob Marley depuis celui-ci. Je suis très étonnée qu’une compagnie comme la Vietnam Airlines aie pensé à le programmer alors qu’il n’est qu’un sombre inconnu parmi la jeunesse vietnamienne (oui oui, je vous assure, j’ai entendu plusieurs de mes potes vietnamiens dire : « Bob Marley, c’est qui ? » Ça fait un choc). Ils diffusent même « I shot the sheriff » !

J’étais trop sonnée pour être triste, alors je me suis laissée faire.
Par chance, j’étais côté hublot et j’ai pu assister à un joli lever de soleil avant de plonger dans une mer de nuages. Ça console…

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Ça se complique un peu après l’atterrissage. Comme je le prévoyais avant de revenir, voir autant de « blancs » partout me perturbe un peu les premières heures. Pas étonnant lorsqu’on sort de six mois dans un pays où il y a assez peu de mixité et où, pour une fois, j’avais le privilège de faire partie de la majorité. Cependant, voir une société multicolore ça fait quand même du bien. Ça me semble plus « normal ».

Devant les guichets de contrôle des passeports, une employée, alors que je suis seule devant ces guichets, me dit en anglais que pour les passeports internationaux il faut aller à gauche. Tiens donc, ce serait pas un petit préjugé ça ? Je lui réponds dans un franchouillard mal réveillé : « Mais chuis EU (Union Européenne), moi ! ». Elle ne se démonte pas et m’indique enfin la file qui me correspond.

Dans la queue :
– je vois des vacanciers partis en famille (avec les grands parents, les ados, la totale quoi) et rentrant chez eux, qui semblent tout droit sortir d’un film de Josiane Balasko
– je vois et surtout entends à la télé Sophie Davant nous expliquer à quel point la météo française, en plein mois de juillet, va être pourrave
– je me rends compte à quel point mes yeux et mes synapses ont été agressés par des publicité en format géant pour des merdes qui ne servent à rien (Aaaah le consumérisme occidental…). Cette intrusion dans l’esprit est très désagréable.
– je vois des personnes qui sortent fraîches et pimpantes et lookées après douze heures d’avion et me dis que franchement j’en ai rien à foutre de mon apparence quand je vole pendant tout ce temps. (Et oui, je portais de Birkenstocks avec des chaussettes Quechua à l’intérieur).

Tous ces éléments font que j’ai comme une colère sourde qui monte en moi. J’ai envie de tout casser. De taper un scandale là, devant tous ces agents qui contrôlent. Parce que merde. Rendez-moi Hanoï, quoi. Rendez-moi Hanoï, rendez-moi la chaleur, la moiteur, les sourires et le bruit.

En traînant ma valise de 24 kg, je capte les dernières bribes de vietnamien provenant des passagers sortis du même vol que moi.
Et mes poils se hérissent à chaque annonce en français. Ou pire, à chaque jingle de la SNCF.

J’ai eu droit à des remarques désobligeantes du mec qui file les billets de train. Bon ok, je suis sûre que j’y ai eu droit au Vietnam mais au moins je ne comprenais pas, ça facilitait les choses 😉 Mais quand même, c’est pas très sympa. Tout ça car je ne connaissais pas l’horaire de mon billet de train (il a qu’à lire aussi le gugusse, on va pas faire le job à sa place surtout quand on est mal réveillé après douze heures de vol !).

Note à moi même : réapprendre la répartie pour casser les personnes désobligeantes.

Je continue à donner tous les billets, objets ou autre… À deux mains. C’est rigolo.

Je finis cette note de blog dans le TGV qui me ramène dans ma ville.
Ma petite ville (en comparaison) que j’ai peur de trouver bien trop tranquille.

Tschüs !

PS : et voilà que je soupire bruyamment lorsque j’entends, pour la deuxième fois en vingt minutes, la pub du commandant de bord pour la voiture restaurant dont personne n’e n a que faire tellement c’est cher, pas bon et foutage de gueule au possible.

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