Retour sur Terre – Hanoi 2014 versus Hanoi 2016

Donc voilà, je suis revenue, après deux ans d’absence. Pour un petit séjour de trois semaines en solitaire. Enfin pas vraiment, car j’ai prévu d’y retrouver quelques connaissances… Les circonstances ne sont tout simplement pas les mêmes.

En étant « touriste » et non pas « expat’ », j’ai perdu certains privilèges. Comme celui d’avoir un logement de choix, dans un quartier cool, pour pas un bras. Je ne suis que de « passage ». J’ai rétrogradé. Pas si grave. A côté, je peux me permettre un tout petit plus de choses sur place. Car je me dis que je pourrais « me refaire » en France afin d’éponger mes dépenses actuelles. Pas si mal…

Bref, mercredi je prends l’A350 de la Vietnam Airlines. J’y rencontre un physiothérapeute belge appelé Arno. On sympathise en anglais dans le texte et on finit par partager un taxi. Dans l’habitacle, je n’y crois pas. Je vois d’abord l’aéroport d’Hanoi, qui a bien changé, s’est agrandi et encore plus modernisé. C’est proprement impressionnant, avec tous ces ponts qui s’enchevêtrent. Tout ce qu’il y a autour sur la route, qui n’était qu’un vaste chantier à ciel ouvert, est devenu quelque chose de beaucoup plus construit et plein de vie. Ca n’arrête pas. Je vois les palmiers, les gens, les motos. Je n’y crois pas. J’en ai tellement rêvé. Je n’arrive pas à croire que je suis là. Je m’exclame toute seule. Je suis abasourdie. C’est réel.

En arrivant à mon logement, un appart-hôtel dans un quartier que je connais peu mais qui a l’avantage d’être au milieu de mes centres d’intérêt, je me rends compte que j’avais oublié qu’Hanoi avait une odeur. Une odeur particulière, peu descriptible, mélange pêle-mêle, à différents degrés, d’humidité, de fruits étranges, d’essence, de chaud, de viande… Oui, dit comme ça, c’est assez curieux, j’en conviens, mais c’est difficile à décrire.

Il y a aussi une petite voix en moi qui me dit que tout ça, c’est « inscrit dans mon sang ». J’y peux rien, je ne fais que répéter…

Pendant longtemps après mon arrivée, je suis dans ma chambrait n’ose pas en sortir. Je ne sais pas où aller, que faire, comment retrouver ma sensation d’aisance et de bien-être que j’avais auparavant. Je ne sais même pas si c’est possible, d’ailleurs.

Alors, finalement, je me suis dit que quitte à débarquer avec une dette de sommeil et 12 heures d’avion dans les pattes, autant m’en tenir à ce que je connaissais déjà, à ce qui était le plus rassurant pour moi.

C’est alors que sans m’en rendre compte, ou plutôt en le réalisant petit à petit, j’ai joué avec moi-même au jeu des sept différences.

Voici ce que j’ai pu constater :

– la crêperie Bi Niou semble avoir déménagé, je ne l’ai pas retrouvée à son emplacement,

– Tracy’s, le marchand de burger, est toujours à Xuân Dieu et je me demande encore bien pourquoi,

– l’aéroport a grossi, tout comme les routes. La poussée immobilière est impressionnante. La plupart des nouveaux bâtiments construits le sont pour des étrangers : hôtels et appartements de luxe pour expat’ et business (wo)men… Des hôtels sont d’ailleurs convertis en appartements pour étrangers car c’est plus rentable pour moins de travail. J’ai la désagréable sensation que les Occidentaux sont les « qataris » du Vietnam… Certains restaurants n’affichent d’ailleurs des écriteaux qu’en anglais. Imaginerions-nous cela en France ? Et dire que chez nous on agite les sirènes du communautarisme…

– Le Kim Ma Mart a été remplacé par un Unik Mart (qui doit être une chaîne),

– La chaîne de restaurant Highway 4 a perdu son bastion à Xuân Dieu et la chaîne de cafés Công Ca Phê a de nouvelles franchises un peu partout, dont à Trang Tiên et, me semble-t-il, à Xuân Dieu,

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< Un de mes 1ers repas au Highway 4 de Kim Ma >

– La rue Trâng Tiên transpire le luxe plus que jamais : et voilà que je te construis une énorme boutique Christian Louboutin même qu’en France t’as pas ça à te mettre sous la dent. Les hyper-riches seront également contents d’apprendre que y a un magasin Mobiado qui te vend des téléphones portables de luxe avec de l’or et tout. J’ai même aperçu un Starbuck’s Coffee derrière le Press Club…

– Internet semble encore plus facile d’accès. Pour 10 euros j’ai 8 GO de connexion, facile. Dingue.

– Y a aussi un autre truc dingue : Uber est à Hanoi ! Pas très intéressant cependant si on a des frais bancaires importants, puisque les courses sont débitées du compte dans la devise locale… Par contre, y a l’appli singapourienne GRAB qui fait très bien l’affaire, y compris avec les moto-taxis, et qui te permet de payer en cash ! Enfin un moyen pour les étrangers de payer le « vrai » prix des xe om  (c’est du quasi divisé par deux) ! Le seul souci concerne la gourmandise de cette appli pour tes données personnelles. Je compte l’effacer sitôt rentrée en France…

Je suis retournée dans le quartier où j’habitais. Je me rends compte à quel point ce dernier appartement où j’ai vécu avec Paul et Hai Minh était un petit paradis. J’ai eu du mal à retrouver l’allée exacte mais lorsque je l’ai retrouvée, j’ai éprouvé un tel soulagement. Je sais que si je reviens vivre à Hanoi un jour, c’est dans ce type d’appartement à cet endroit que je chercherai en premier.

J’ai revu certains de mes anciens collègues de bureau. Ils ne savaient pas que j’étais à Hanoi. J’espère qu’on pourra se faire une petite bouffe.

J’ai revu ma copine Chau. Celle-ci a bien grandi et se débrouille très bien. On a testé quelques cocktails, mangé au restaurant, et elle m’a prêté son piano pour que je puisse m’entraîner.

Je me suis offert un petit massage de 30 minutes, un peu acrobatique-WTF vers la fin mais bien marrant. J’ai aussi testé la manucure avec les ongles en gel. Oui, je sais aussi être futile quand je veux passer du temps.

Et sinon, mon vietnamien est encore plus minable qu’il y a deux ans. D’autant plus qu’il y a deux ans, j’avais perdu mon premier carnet de notes de vietnamien. Je suis en train d’en reconstituer un, mais c’est long.

En tout cas, une chose est sûre ; Hanoi n’est pas vraiment « mon » Hanoi d’il y a deux ans, avec Ju, Gi, Paul et compagnie, un job, un petit salaire et du temps devant moi. Les circonstances sont différentes, la ville est différente. Ce n’est sûrement pas un mal, rien ne doit rester immuable alors je préfère me dire d’aller de l’avant et de profiter de cette nouvelle expérience.

Une seule chose n’a pas changé : je ne sais pas si c’est ma perception des choses qui change ou les faits objectifs, mais la circulation me semble encore plus démente, avec un peu plus de voitures (dont pas mal de SUV). Ce qui n’a pas changé, c’est la signification des klaxons, qui semblent te dire : « Pousse-toi de là que je passe, si tu ne le fais pas, tu pourras pas dire que j’t’ai pas prévenu ! ».

Tschüs !

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