Survivre à Montréal et Osheaga suite à une fracture du pied / de l’orteil

Hello tous,

Oui, je sais, ce blog n’est pas là à proprement parler pour parler du Québec ou de Montréal, où je ne fais que passer quelques vacances.

Il m’est cependant arrivé une mésaventure que je ne souhaite à personne : trois jours avant de prendre l’avion direction le Canada, je me fracture l’orteil. Me voici donc avec chaussure de Barouk qui m’empêche tout déroulement du pied, une canne prêtée par ma mère (acceptée sans supplément dans les bagages cabine chez Air Canada, ouf), et l’espoir irrationnel que cet incident ne perturbera pas trop mon séjour.

J’ai donc eu envie, deux semaines après ce drôle de régime, de partager mes impressions et autres conseils pratiques.

Il y a un an, lorsque je passais par Montréal, je me disais : « bon sang c’est fou, on voit des personnes à mobilité réduite partout, c’est que la ville doit être cool et accessible ! ». La réalité est un peu plus subtile que ça.

Bref, voici les quelques étapes que j’ai franchies, libre à vous d’en tirer un enseignement si vous êtes dans une situation analogue :

1/ J’ai loué des béquilles chez Jean Coutu (chaîne de pharmacies, dont une enseigne était pas loin de mon point de chute). 10 dollars la première semaine, 4 les suivantes, dépôt de 25 dollars, c’est tout à fait jouable. Il faut cependant de l’entraînement pour marcher avec. C’est sportif, ça demande des bras, des épaules, ça fait un peu mal aux poignets au début. Dur quand il fait 30 degrés sous un soleil de plomb. Attention de bien les faire régler, et SURTOUT de vérifier l’état des patins et la présence ou non de vis papillons au niveau des poignées ! Astuce pour marcher avec ces béquilles « à l’américaine » (oui celles qui se glissent sous les aisselles) : écarter les béquilles de façon à ce qu’elle reposent non pas sur les aisselles (à la verticale parfaite) mais contre les côtes, en formant un angle léger. L’équilibre ne sera que meilleur. Pour plus d’infos je vous conseille de regarder sur Youtube des vidéos de l’hôpital d’Ontario qui explique comment marcher avec des béquilles.

2/ J’ai acheté une carte SIM locale pour mon téléphone débloqué (une quarantaine de dollars chez FIDO pour une offre moyenne + 11 dollars pour la carte SIM elle-même), afin d’avoir de la connexion et de pouvoir appeler un taxi au besoin.

3/ J’ai téléchargé l’appli Transit qui montre de façon très intuitive tous les arrêts de bus, métro et autres à proximité de l’endroit où on se trouve, avec les horaires, les itinéraires, etc. Très pratique pour optimiser ses déplacements marchés.

4/ J’ai au début, privilégié les déplacements en bus car il existait un arrêt bien plus proche de mon point de chute que la station de métro locale. J’ai tout de même réalisé qu’avec mes béquilles, je ne pouvais pas faire grand-chose d’autre que de tourner autour d’arrêts de bus / de métro, me poser, et m’en arrêter à peu près là. Frustrant.

5/ Je suis ensuite passée chez Adaptel, arrêt de métro Radisson sur la ligne verte (privilégier la sortie Sherbrooke Sud pour éviter de faire le tour de la station de bus en béquilles pour rejoindre la rue…), pour me louer un fauteuil compagnon (15 dollars la semaine, gérable aussi). Il ne s’agit pas d’un fauteuil roulant que je peux actionner moi-même et qui comporte de grandes roues (ça doit peser dans les 20 kg) mais une chaise pliable en métal et toile avec des petites roues type grosse valise, qui pèse dans les 11 kg. Il faut donc être en compagnie d’un compagnon qui veut bien pousser la personne et transporter le fauteuil plié dans les escaliers… Très bon contact chez Adaptel. En plus ils sont très proches du métro.

6/ J’ai enfin pu goûter à la liberté de faire des distances plus importantes sans être rincée. Mon compagnon de fauteuil, lui, a bien trinqué et a bien fait ses bras. Il faut dire que si le fauteuil est relativement léger à transporter (même si en raison de son encombrement, il donne quelques coups lorsqu’il est porté dans les escaliers).

Le souci avec les petites roues c’est que le fauteuil n’est pas tout terrain. A chaque trou ou dénivellement dans le sol, le porteur doit basculer le fauteuil vers le bas afin de le faire franchir l’obstacle. Ca fait beaucoup d’efforts au bout d’un moment.

J’ai également réalisé que les sols de la ville ne sont pas toujours rectilignes ou réguliers. La plupart des trottoirs sont faits en blocs. Souvent, on sent le passage d’un bloc à l’autre, il y a une certaine résistance, un peu comme lorsqu’on est dans un train régional qui passe sur divers tronçons de rails.

Certaines parties de la ville sont très pentues (je pense notamment au Plateau, où je n’ai pas été cette fois-ci, mais également au chemin vers la superbe Place d’Armes).

Enfin, le fauteuil compagnon n’est pas praticable sur les chemins caillouteux. Je pensais ainsi à tort que le chemin du canal de Lachine ne poserait pas de souci. En réalité, pour le pratiquer il fallait squatter la piste multi-usages généralement utilisée par les vélos et rollers. On n’a pas osé.

C’est assez dommage finalement car avant d’arriver à un parc donné (et donc de monter, descendre des escaliers dans les métros…), on ignore si on aura à faire à un chemin de gravier ou d’asphalte…

7/ J’ai tout de même osé aller au festival Osheaga, c’est à dire une machine énorme sur une île avec masse de concerts et de monde. La conseillère de Bell que j’ai eue au téléphone m’a assuré que beaucoup de parties de l’île était praticable en fauteuil avec des chemins d’asphalte. FAUX !

La plupart des chemins étaient en terre ou en graviers. Impossible à pratiquer avec un fauteuil compagnon. J’ai donc déposé le nôtre en consigne et ai fait le reste du festival en béquilles, à mon rythme.

De même, la conseillère de Bell m’a assuré qu’il existait des endroits pour s’asseoir, y compris pas trop loin des scènes. FAUX ! Faut pas rêver non plus, il y avait juste du faux gazon déposé aux arrières. Sauf que dès qu’une tête d’affiche arrivait, tout le monde se levait. Fort heureusement j’ai pu susciter la compassion chez une festivalière assise sur une bobine de bois, qui a bien voulu partager sa place. Mais à part ça, pas grand-chose…

Le seul truc très cool c’est que c’est très bien encadré, autant dans les transports en commun sur les quais du métro (les agents veillent à ce qu’on ne soit pas écrasé par la foule) qu’à l’entrée du festival.

8/ Attention pour ceux qui ne peuvent vraiment pas pratiquer les escaliers : seules quelques stations de métro de la ligne orange sont accessibles par ascenseurs, et il arrive que certains d’entre eux soient en panne… Le bus semble donc préférable, malgré leur fréquence moins importante.

9/ J’ai largement apprécié la courtoisie des montréalais, toujours prêts à se lever dans les transports en commun, proposer de l’aide, ouvrir les portes ou prononcer un mot gentil spontanément. Notamment des personnes âgées qui m’ont fortement encouragée et redonné de l’espoir avec beaucoup de sourire et d’humour !

10/ Je me suis mise à l’herboristerie (oui, ils ont des herboristes à Mon et c’est bien cool). Je me retrouve avec des décoctions de consoude et de prêle des champs histoire de renforcer mon joli orteil.

11/ Finalement ce que retire une fracture à un pied ou un orteil lors d’un séjour touristique, c’est bien la spontanéité des choses. Pas de flânerie, mais de la planification avec cette question : que peut-on faire en un minimum d’efforts (pas de changements de ligne de métro, de longue marche…) et qui est proche d’une station de métro / de bus ? On a fini par trouver des bons plans (Saint-Houblon, au tout début de la rue Saint-Denis, au pied  de la station Berri-Uqam n’en était pas des moindres).

12/ Je remarque des améliorations en cours : des travaux de réfection de voies permettront, je l’espère, une meilleure praticabilité de la ville pour les PMR. J’ai également observé la construction d’un ascenseur à la station de métro Place d’Armes.

En espérant que cette expérience puisse servir, au cas où, aux personnes qui sont dans une galère similaire ! Je sais que j’ai beaucoup fait de recherches avant de pouvoir m’adapter à cette situation, alors autant faire gagner du temps à tout le monde 😉

Tschüss !

Fin du blog… Et après ?

J’ai commencé ce blog afin d’informer mes proches sur mon séjour au Vietnam et m’éviter d’écrire 35 fois le même mail décrivant les mêmes choses.

J’ai continué ensuite ce blog avec l’idée de livrer aux internautes futurs expatriés des conseils pratiques et pragmatiques tels que je n’en avais pas trouvés pour moi-même, alors que je stressais avant mon départ.
Je voulais aussi livrer ce blog aux futurs et actuels expatriés afin de partager les différentes phases de ressenti que l’on pouvait vivre lorsqu’on s’expatrie au Vietnam, car il s’agit d’une expérience en forme de montagnes russes émotionnelles. Il s’agissait en effet d’une de mes craintes avant de partir : que l’expérience soit trop dure moralement. Mon témoignage pourrait donc rassurer certaines personnes s’apprêtant à se lancer comme moi, même s’il ne s’agit que d’une expérience parmi d’autres.

Mais finalement, et peut-être le plus important, j’ai fait ce blog pour me souvenir.
J’ai en effet une mémoire assez sélective et qui me fait parfois défaut.
Il était donc important que je me souvienne de toutes les étapes, pas uniquement des belles choses mais aussi des doutes et des épreuves que j’ai pu traverser.

Ce blog, mon tout premier blog, c’est 100 articles et presque 8000 vues, des commentaires gentils ou curieux, et quelques fidèles abonnés avec qui j’ai pu échanger. Et je suis très contente d’avoir pu partager cette première expérience avec vous.

***

Deux mois après mon retour en France, il est temps de dresser un premier bilan :

– Avant de partir au Vietnam, j’avais principalement trois peurs : 1/ celle d’une maladie (grave, s’entend) ; 2/ celle d’un accident (et vu la circulation, c’est statistiquement faisable) ; et 3/ celle d’une agression (moins courant, mais j’ai entendu des trucs et une morsure de chien errant est si vite arrivée). J’ai eu la chance de ne connaître aucun de ces trois désagréments en l’espace de six mois (je connais néanmoins des personnes dans mon entourage direct qui ont eu des accidents, qui se sont faits braquer par des mafieux en sortie de boite en se faisant voler leur carte vitale au lieu de leur CB, ou encore qui ont été allégés de leur iPhone et de leur CB…).. Pour être tout à fait honnête, les seules galères auxquelles j’ai pu faire face sont restées assez minimes : j’étais un peu SDF sur les bords (trois déménagements en 4 mois) avec le stress que ça implique, j’ai eu de nombreux soucis respiratoires et de peau dus à l’humidité et à la pollution qui m’empêchaient de chanter voire de parler, et j’ai eu une mini-entorse en début de séjour. Sans compter les petits coups de blues de temps en temps. Que des petits bobos en fin de compte.

– Pendant deux mois après mon retour, j’ai bu beaucoup plus de bière qu’avant de partir au Vietnam. Par nostalgie. Je sais, ce n’est pas terrible, mais je me suis finalement calmée après m´être tapé la plus grosse cuite de ma vie suite à mes examens de fin d’année. À présent j’ai plus de plaisir à boire une petite bière fraîche de temps en temps, mais avec plus de modération. Ma tolérance à l’alcool a de nouveau diminué…

– Contrairement à mes bonnes résolutions anti-morosité-et-débilité-des-médias-français, je me suis gavée de télé. Et de jeux vidéo. J’ai procrastiné à mort, y compris (surtout ?) pendant mes périodes de révision. Une façon de me vider la tête sans doute. Souci non résolu.

– J’ai hérité de ma maître de stage et de ma co-stagiaire l’usage abusif de l’expression « exactement » pour acquiescer tout et n’importe quoi.

– Dans le même temps, j’ai perdu pas mal mon vietnamien, surtout le souvenir des accents à appliquer à chaque mot… J’espère pouvoir le reparler un peu, de façon superficielle, avec certains membres de ma famille.

J’ai perdu deux kilos pendant mon séjour au Vietnam (je ne l’ai appris qu’en rentrant pas car je n’avais pas de pèse-personne là-bas). Et je les ai repris en l’espace de deux-trois semaines depuis mon retour. Parce que je mange du beurre quasi tous les jours et que j’adore ça.

J’ai par ailleurs été remanger dans mes restos vietnamiens favoris en France. Chose curieuse (qui peut s’expliquer par le manque de temps que j’avais à Ho Chi Minh Ville, le meilleur bun bo nam bô que je connais (bo bun pour les français, je ne comprends toujours pas la différence d’appellation) reste celui de mon super resto de Belleville.

– J’ai adopté un look plus soigné et personnel depuis mon retour. J’ai tendance à m’apprêter davantage lorsque je sors de chez moi. Fort heureusement, mes razzias shopping de mes dernières semaines au Vietnam m’ont permis à la fois de me relooker avec des vêtements originaux de qualité, et de ne pas être trop tentée par les vitrines insipides des grandes chaînes d’habillement occidentales (dont beaucoup d’articles viennent du Vietnam justement).

Ma peau a, fort heureusement et en quelques semaines, repris un aspect normal (elle avait été bien maltraitée par l’humidité et la pollution hanoienne !). Mes produits coréens, et spécialement une petite brosse toute douce me permettant de nettoyer les pores entièrement mais avec douceur, m’aident bien à ce niveau-là. Il reste cependant quelques cicatrices, que j’estompe peu à peu grâce à un masque spécial (le fameux Tomatox de TonyMoly).

– J’ai montré à ma grand-mère les photos que j’avais prises de Saigon. J’étais assez contente surtout de lui montrer la Bitexco Tower, celle en forme de pétale de lotus, comme le symbole d’un Vietnam moderne. Elle était déjà étonnée du fait qu’il y ait des barrières au bord du fleuve et a salué un regain de sécurité dans son ancienne ville. J’ai voulu lui montrer les aspects les plus modernes de son pays afin qu’elle en soit fière.

– De la même façon, mon séjour au Vietnam m’a fait comprendre qu’il existait un décalage entre l’image du pays véhiculée par des vietnamiens qui vivent depuis longtemps hors du pays (c’est à dire une bonne partie de ma famille, quel que soit leur pays d’adoption) et les vietnamiens d’aujourd’hui qui vivent et évoluent sur place. Tout ce que j’ai pu observer avant mon séjour n’était que le reflet déformé, nostalgique et un peu vieilli de ce que j’ai pu voir là-bas. Ce qui me permet de prendre une certaine distance.

– J’ai revu Alex, une de mes anciennes co-stagiaires de Hanoi, à Paris. On a fait comme on faisait d’habitude là-bas, on s’est pris une terrasse et un café au lait. Terrasse moins jolie que notre habituelle (un trottoir parisien versus une magnifique terrasse derrière l’opéra d’Hanoi), café moins bon et cinq fois plus cher… Mais ça m’a fait plaisir d’essayer de faire revivre nos petites discussions que l’on faisait avant.

Ce qu’on partage avec nos compagnons d’expatriation est assez indescriptible, c’est quelque chose de fort, de profond, dont on a l’impression que personne d’autre ne peut comprendre. On a vécu les mêmes phases, notamment celles concernant le retour au pays et la difficulté de se réadapter à nos anciennes vies, et avec entre autres cette lutte permanente pour ne pas soûler notre entourage en ne parlant que du Vietnam.

Pire que ça, on sait que même si on se revoit dans un autre contexte, ou même si on revient un jour à Hanoi, les quelques mois qu’on a vécus sur place resteront à jamais uniques. Plus jamais on ne vivra la même atmosphère, dans le même appart’ avec les mêmes colocs, les mêmes restos et magasins, les mêmes xe om… Et le Vietnam change si vite !
Pourtant, en revoyant nos compagnons de séjour, je crois qu’il y a cette tentative un peu vaine de faire revivre cette période que l’on chérira toujours au fond de nous.
Bref, je me sens, avec ces compagnons là auxquels je pense (j’ai très envie de revoir Ju et Gi en France, et mon ancien coloc Paul qui est en Angleterre), un peu comme ces anciens participants à une télé-réalité qui ont conscience d’avoir vécu avec d’autres un truc exceptionnel non reproductible et qui sont nostalgiques de ça. Ah oui, et je stalke pas mal sur les réseaux sociaux les copains qui sont loin maintenant.

– Dernière chose, et pas des moindres : grâce à mon séjour, je pense savoir un peu plus ce que je souhaite réellement dans la vie… S’éloigner de ses bases et de ses proches pendant un temps, ça peut avoir du bon pour savoir ce qu’on veut réellement, ce qu’on est capable d’accepter et ce qui est non négociable pour nous. C’est un enrichissement fabuleux.

***

De façon très logique, il me semble temps à présent de fermer ce blog qui avait pour objet le récit d’une expatriation au Vietnam avec cette particularité que l’expatriée en question avait des origines du pays (en partie).

Je pense reprendre ultérieurement l’écriture de ce « petit carnet » pour deux raisons possibles :

– une nouvelle expérience d’expatriation au Vietnam ou n’importe où ailleurs (on ne sait jamais), ou
– un retour au Vietnam, même de courte durée, afin de vous conter ce qui a changé entre temps, si je revois certaines personnes, etc.

Je clôture donc ce blog en vous livrant une dernière réflexion que m’a faite un ami qui a vécu plusieurs années entre France et Vietnam et qui a du malheureusement s’en éloigner.
Il m’a dit comprendre mes difficultés de réadaptation à la France et a parfaitement traduit en mots les effets d’une expatriation au Vietnam sur la plupart des gens :

« Quand on quitte le Vietnam, on en revient enrichi… tout en y laissant une part de nous-mêmes. »

Eh bien vous savez quoi ? C’est exactement ça.

Tschüs ! Et merci.

Mode, design et boutiques de créateurs au Vietnam

Dernier post « bonus » sur les avantages liés à la vie à Hanoi.

Encore une fois, désolée messieurs, ce sera girly.

Je vous ai déjà parlé de mes difficultés à faire du shopping à Hanoi. Autant pour les messieurs c’est plutôt simple et joli (et en plus vous avez accès au plus merveilleux tailleur que j’aie jamais vu, si vous voulez l’adresse, passez par la case commentaires), autant pour les filles, on a le choix entre :

– des machins pas chers mais tout en plastique et avec des couleurs criardes et des motifs pailletés genre « papillon de lumière » ;

– des fringues sensées venir des usines d’H&M, Mango, Zara (la plupart du temps des faux) ou Forever21, à prix raisonnables (10 euros la fringue environ) mais qui ne vous laisseront pas un souvenir impérissable ;

– des fringues aussi chères voire plus chères que les prix européens, lorsqu’on souhaite du très basique de bonne qualité.

Vers la fin de mon séjour, je me suis posée la question de savoir ce que je voulais rapporter du Vietnam, sachant que j’avais pour vœu secret de me faire un mini-relooking pour marquer le coup.

Alors au final, j’ai décidé de refaire une partie de ma garde robe ; et plutôt que d’acheter quantité de vêtements peu chers mais volumineux (très mauvais pour la franchise bagages), j’ai décidé d’y mettre le prix et de m’offrir quelques belles pièces de qualité avec en plus, une petite touche de design vietnamien.

Il est donc temps de vous parler de deux trouvailles pour toutes les modeuses de passage à Hanoi et qui voudraient rapporter dans leurs bagages des pièces issues du design vietnamien. Car, au-delà des grossières contrefaçons (ils copient même des marques plus pointues comme Mulbery!), il existe de vrais designers vietnamiens qui ne se contentent pas de copier, mais qui impriment leur propre style, et ça c’est vraiment agréable.

Il existe de tas de petites adresses incontournables pour les touristes et expat’ et je suis loin de les avoir toutes testées, soit parce qu’elles étaient trop chères même pour des critères européens (je pense à MetiSeko qui vend des vêtements en matière bio avec des motifs très jolis en forme de gingko biloba), ou parce qu’elles ne correspondaient pas à mon style (je pense à Chula, designers espagnols qui combinent influence vietnamienne avec des ao dai, et des couleurs et dessins plus proches d’un Desigual).

Mais je ne vais vous parler que de deux d’entre elles : L’Atelier d’une part, et TanMy Design d’autre part.

L’Atelier est une boutique que j’avais pas mal critiquée en début de séjour car je trouvais ses créations assez chères et plutôt orientées vers de vieilles rombières voulant paraître cool, chic, avec une pointe d’ethnique. Je suis revenue sur mon jugement lorsque j’y suis retournée, sur les conseils de ma maître de stage qui en vantait les pantalons en soie.

Bien m’en a pris car j’ai découvert sur place que certes les prix étaient chers pour le Vietnam, mais équivalaient à du bête Zara de nos contrées. Et pour ce prix, en choisissant soigneusement les références les plus basiques (couleurs neutres, pas d’imprimés…), on pouvait obtenir des vêtements très bien coupés, avec une pointe d’originalité et dans de belles matières (pas de soie pure cependant mais de la soie mélangée pour que ça tombe mieux et que ça se froisse moins) et avec de belles finitions. J’ai appris un peu plus tard que la créatrice avait fait ses armes dans une école de mode à Londres avant de revenir au Vietnam fonder sa propre maison il y a environ 5 ans.

J’y ai donc acheté pas mal de basiques : pantalons noirs en soie mélangée (un resserré et un large, tout deux taille haute), un haut en dentelle blanche manches courtes, une robe en soie, et une tunique en voile de soie couleur nude.

Il existe une boutique dans le quartier de la cathédrale Saint Joseph, et une autre plus petite à Xuan Dieu dans le quartier de Tay Ho.

Mon deuxième spot découvert en fin de séjour, lorsque je cherchais des cadeaux à me faire et à faire aux autres, a été Tan My Design. Une boutique du vieux quartier qui regroupe des articles venant de designers réputés de la capitale (dont l’Atelier). Le truc dingue que j’ai trouvé sont de magnifiques carrés de soie avec des designs originaux et faits dans une soie lourde de belle qualité. Seules les finitions sont parfois inégales mais assez peu visibles au final… L’occasion de s’offrir, pour une vingtaine d’euros, de beaux carrés de soie dans des couleurs flamboyantes et avec des motifs assez précis quoique moins subtils que les fameux Hermès. Sympa malgré tout !

D’ailleurs quand je suis revenue dans mon magasin Printemps en France, j’ai vu nombre de carrés de soie de marques parfois prestigieuses, dont les finitions ne sont pas tellement différentes de ce que j’ai trouvé à Hanoï…

Bref, j’espère que ce petit aperçu vous donnera envie de découvrir la mode et le design vietnamiens qui ont l’air d’être en plein essor. Alors pourquoi ne pas rapporter dans vos valises quelques pièces de jeunes créateurs ?

Tschüs !

Hanoi sans conduire de moto, c’est possible

Alors voilà, je dois vous avouer un truc.
Oui, oui, disons les mots. Avouer.
Car dire qu’on ne conduit pas de moto (ou de scooter) à Hanoi, c’est comme passer aux aveux. Car pour nombre de personnes, vietnamiennes comme expat´, pas de moto, pas de salut.

Pourtant, pour tous les futurs expat’, je dois vous le dire : oui, vivre à Hanoi sans conduire de moto, c’est possible.
Simplement, si comme moi, malgré un séjour de plusieurs mois, vous n’avez pas suffisamment confiance en vos réflexes pour oser affronter le trafic très particulier de la capitale (semblable à un grand océan : on doit s’y mouvoir comme dans un banc de poissons qui va dans tous les sens et où plus on est gros, plus on a la priorité – et n’essayez pas d’appréhender ça en regardant des vidéos Youtube, rien ne vous prépare à ça) , soyez conscient que vous vivrez votre séjour différemment des autres. Ce ne sera pas pire, mais ce sera juste un rythme et des habitudes autres.

Alors évidemment, l’option la plus facile serait de tout faire en taxi sans vous préoccuper du reste (après tout, le kilomètre coûte environ 65 centimes d’euros). Mais après, c’est une question de budget. Mon choix de mon côté à été fait assez rapidement : si je faisais tout en taxi, je devais renoncer à la bouffe ou aux extras du week-end. J’ai donc fait une croix dessus.

En réalité, j’ai accepté d’avoir une vie un peu plus lente et quadrillée que mes comparses hanoiens, en adoptant le triptyque bus / xe om (taxi moto) / taxi.

Bus pour aller au boulot . Votre choix de logement doit donc tenir compte de la proximité de celui-ci à un arrêt de bus qui se trouve sur une ligne, si possible menant directement à votre lieu de travail. Pas évident, mais loin d’être impossible.
Le bus implique de plus d’être prêt à marcher un peu. Exit talons à la hauteur impossibles pour vous mesdames, surtout si vous tenez compte du sol parfois peu régulier de la ville. Il serait dommage de se tordre la cheville ou se faire une entorse pendant votre séjour !
Si la marche deviendra votre passage obligé pour prendre le bus, votre choix de logement se posera aussi sur un lieu qui ne se trouvera pas au fin fond d’un dédale de ruelles sombres. Et Dieu sait que c’est nombreux ces trucs-là. Encore une fois, pas évident, mais pas impossible.

Le bus a augmenté, il vous en coûtera 7000 dôngs l’aller. Néanmoins un abonnement mensuel est assez intéressant. Je n’ai jamais eu le temps de me le faire faire, il faut une photo d’identité, parler vietnamien si possible et se rendre à un guichet spécifique en ville que j’ai toujours eu la flemme de chercher.

Mais franchement le bus je vous le conseille, le prendre c’est un peu comme prendre du slow food, vous vivez Hanoi plus lentement, plus tranquillement, avec les locaux. Ça donne parfois de drôles de moments, qui peuvent devenir inoubliables.

Quand je suis en retard, que je dois traverser la ville d’un bout à l’autre ou que je me rends vers un lieu que je ne sais pas relier par le bus, j’opte pour le xe om.
Le xe om c’est agréable, ça donne de petites sensations de vitesse, de liberté et d’aisance, et en même temps on ne se prend pas la tête avec la conduite, on regarde autour de soi et on se serre un peu pour éviter de frôler de trop près certains obstacles.
Le xe om c’est environ 50 à 60% du prix du taxi (donc le taxi est plus avantageux si tous vos trajets se font en tandem).
L’important est de trouver son xe om habituel (en général sur une zone donnée ce sont toujours les mêmes), un qui conduit bien et avec qui on s’entend bien, et qui finit par connaître la meilleure route pour vous conduire à vos spots favoris. Et puis négocier le xe om c’est rigolo, mais partez du principe que dans le meilleur des cas vous payerez toujours 10 000 dôngs de plus que vos collègues locaux.
Le seul conseil que je vous donnerai, c’est que quoi que vous choisissiez comme mode de transport, offrez-vous un casque. Un bien, un solide, de préférence qui couvre les tempes et les oreilles (c’est fragile ces trucs là). Régulièrement, des expatriés revendent le leur sur internet en repartant chez eux, c’est plutôt un bon plan et ce est un bon investissement.
Avoir son propre casque, c’est ne pas devoir se taper le second casque à la propreté ou à la sécurité douteuse de son xe om.
Avoir son propre casque, c’est aussi pouvoir partir en vadrouille avec ses copains qui eux conduisent et voudront peut-être vous accepter et tant que passager arrière.
Parfois je me trimballe le mien comme un deuxième sac à main, au cas où.
Je peux même glisser quelques unes de mes affaires à l’intérieur.

Enfin, quand je dois faire des micro distances, ou tard la nuit après un concert par exemple, le taxi prévaut. En effet, le taxi reste intéressant pour les petites distances d’un ou deux kilomètres car à ce stade le xe om sera quasi aussi cher.
La nuit à partir de 22-23h, je préfère ne pas prendre de xe om. On peut appeler un taxi facilement pour qu’il vienne nous prendre à un endroit mal desservi, ce qui est pratique.
Le taxi c’est chiant car y a parfois de mauvaises surprises, du genre le mec qui fait semblant d’être perdu pour multiplier le kilométrage (un classique) ou encore celui qui va te faire faire le tour de la ville pour rien (plus rare, mais rageant). Le taxi c’est un peu mon dernier recours. D’ailleurs quand les xe om m’annoncent un prix trop cher, je les menace d’aller prendre un taxi 😉

Ainsi, vivre à Hanoi sans conduire de moto reste possible. Et ça peut même être plaisant pour peu qu’on s’organise.
Cependant vous serez plus dépendant des lignes de bus par exemple. Et serez plus stressé niveau budget à chaque déplacement qui sort des sentiers battus. D’autre part vous aurez moins cet aspect d’exploration que peuvent vivre les conducteurs de moto ici. Vous serez moins tenté par faire des sauts de puce au gré de vos envies, et ça peut être dommage.
Mais en n’ayant pas votre propre moto, vous êtes moins individualiste et moins sédentaire. Vous aurez nécessairement plus d’interaction avec les hanoiens, ce qui est plutôt intéressant. Une façon différente de vivre la ville.

Une alternative envisageable peut être le vélo.
Le vélo est plus léger en cas de chute, mais subit, comme la moto, les affres de la circulation chaotique de la capitale.

De façon générale, je vous dirais de faire comme vous le sentez.
Mon mode de vie est loin d’être parfait, mais me convient plutôt pas mal.

Tschüs !

Comment s’habiller quand on travaille au Vietnam

Ahlala, le nombre de prises de tête que j’ai eues en faisant ma valise
Notamment car je n’avais aucune idée de comment m’habiller alors même que j’étais destinée à faire un stage dans une entreprise un peu chic.
Alors, pour vous mesdames (désolée messieurs je ne maîtrise pas la mode vietnamienne masculine) je vais vous raconter un peu que prévoir en partant de façon à ne pas vous retrouver telle un arbre de noël en plein juillet dans votre boite (en gros, pour éviter que vous ne soyez trop repérables comme étant l’étrangère inadaptée de service).

Comme je l’expliquais, trouver des fringues de qualité ici quand on est une femme est loin d’être facile (à moins de dépenser autant d’argent voire plus qu’en France).
Alors, autant ruser un peu pour se fondre un peu dans la masse des travailleurs vietnamiens. Comment s’habillent les working girls aujourd’hui à Hanoï ?

De base, si vous êtes française, on attendra de vous que vous soyez un peu plus chic que les autres. En effet, que vous le vouliez ou non, vous représentez sur place l’élégance à la française ! N’ayez donc pas peur de vous habiller un poil plus chic que vos collègues, on ne vous en voudra pas… Au contraire, paraitre négligée pourrait vous desservir.

L’hiver, c’est le règne de la doudoune fine et courte. Oui, la doudoune, rigolez pas, c’est franchement utile.
Les petites nanas enfilent leur doudoune, si possible de couleur vive, et enfourchent leur scooter pour aller au bureau.

L’été, la doudoune est remplacée par une veste courte caractéristique,  à zips, à capuche et le plus souvent avec des motifs fleuris. Cette veste recouvre même les mains et en fait de jolis extrémités palmées. Pourquoi me diriez-vous, alors que vous allez etouffer par 35 degrés dès le mois de mai ?
Parce que nombre de ces dames exècrent le soleil et les couleurs qui vont avec. En complétant leur attirail avec un masque de protection anti-pollution (à fleurs, il va sans dire) et des lunettes de soleil mouche, elles sont protégées des UV de la tête aux pieds… et méconnaissables.
Il s’agit sans doute de la meilleure protection possible. D’ailleurs, ne rigolez pas avec les rayons du soleil, j’arrive à devenir couleur caramel malgré des tartinages de crème solaire indice 50 fomulée pour les enfants. C’est dire…

A l’intérieur du bureau, lorsque les beaux jours arrivent, les femmes n’hésitent pas à s’habiller avec chemisier blanc ou de couleur vive + jupe noire non évasée, ou alors en robe de couleur vive mais de bonne tenue, rarement en tissu imprimé. Les vietnamiennes pour la plupart portent des talons plus ou moins hauts. En effet, quand on fait tout en scooter, il est facile de ne pas trop marcher, et donc de se permettre de porter ce fameux talons ! Pour ma part j’ai opté pour des mocassins noirs achetés 10 euros sur place, étant donné mon choix de vivre à Hanoï sans conduire de scoot. Attention pour les amatrices de xe om (taxi moto), si vous optez pour une jupe ou une robe crayon, pensez que vous allez devoir monter sur la moto en amazone, et donc préférez un bon conducteur pour votre course.

Niveau sac, je conseille un sac de contenance petite ou moyenne avec une bandoulière, en PVC pour éviter les risques de moisissure, avec double fermeture (zip + rabat) à l’avant et poche zippée à l’arrière pour y mettre votre portable, et d’un design quelconque mais urbain. Il sera à porter à l’avant et non derrière pour éviter d’attirer les pickpockets. Vous pouvez aussi le placer devant vous quand vous enfourchez un xe om  par exemple, pour éviter qu’il pende sur les côtés. La plupart du temps, les vietnamiennes complètent leur sac à main par un sachet plastique basique et rectangulaire (toujours à récupérer ici) dans lequel se trouvent les éléments les moins précieux de leur barda, par exemple leur bouteille d’eau, leur bouffe ou leur petit gilet.

Le midi, pour manger dehors, les vietnamiennes se contentent de prendre avec elles uniquement leur petit portefeuille/porte-billets féminin, qui ressemble à une sorte de pochette rectangulaire. Pensez donc au portefeuille que vous allez prendre, et préférez en prendre un qui vous permette de classer convenablement vos billets (pas de pièces de monnaie au Vietnam) et de ne pas les confondre entre eux.

Dernier conseil si vous travaillez en été : prévoyez :
– un gilet léger à emporter partout avec vous pour combattre des climatisations glaciales au resto, dans les bars et ailleurs
– un petit foulard pour les mêmes raisons (mais facilement achetable sur place)
– une veste noire à laisser au bureau ultra climatisé, plus épaisse qu’un simple petit gilet et qui « corporatise » n’importe quelle petite robe d’été ou presque
– de l’insecticide spécial moustiques tropicaux à appliquer sur vos jambes tous les matins, les moustiques pouvant passer par les systèmes d’aération

– du baume du tigre pour apaiser vos boutons de moustique, si vous oubliez la précaution ci-dessus
– une paire de tongs à bousiller, légère, à transporter avec vous en cas de soupçon d’orage diluvien
– un poncho en plastique (achetable sur place pour 1,5 euros) à transbahuter avec vous pour les mêmes raisons, très utile sur un scooter.

Avec tout ça, vous êtes fin prêt pour faire bonne impression ET pour vous adapter au quotidien vietnamien.

Tschüs !

L’humidité hanoienne et moi, une longue histoire d’amour (ou pas)

Voila, je suis revenue de Danang à Hanoi.
Et je suis dans une phase « J’aime plus Hanoi » (oui, comme un certain Thomas Dutronc qui chante « J’aime plus Paris », c’est pareil).
Parce que chéwi va repartir en France vendredi soir et que j’ai envie de me glisser dans ses bagages.
Mais aussi parce qu’après notre retour de notre première plage paradisiaque (ça se fête !), on a eu droit à Hanoi sous la pluie (comme cette chanson de JB Notché sur le retour des vacances à Paris-la-grisaille).

Bref, je suis d’humeur massacrante (notamment car tout ce que je fais d’autre que de voir mon chéwi m’indiffère profondément, et oui, oui, répétitions musicales pour Ulysse incluses), et ce présent post risque de transpirer la méchanceté et la mauvaise foi.

Pour que vous puissiez comprendre mon exaspération chronique face à Hanoi, laissez-moi vous parler d’une de ces déconvenues qu’on y rencontre au quotidien.
Non je ne parlerai pas cette fois des rats qu’on croise dans des cages d’escalier, des cafards qui s’emprisonnent dans des pièges à rat à la place des rats (véridique), des moustiques qui égrènent leurs boutons sur mes jambes dont les pores finissent par ressembler aux reliefs de jolies balles de golf, ni même encore des grenouilles que l’on peut croiser sur des terrasses de restaurant (mais je ne me plaindrai pas des geckos de mon appartement, ils restent timides et ont leur intérêt).

Non, je vais vous parler d’une plaie du quotidien dont les gentils vacanciers qui passent entre deux jours et une semaine à Hanoi ont à peine conscience : l’HUMIDITE ambiante, persistante, perpétuelle, poisseuse, et qui nous complique bien la vie.

Le concept est très simple, et se décline en plusieurs variations toutes aussi intéressantes les unes que les autres.

1/ In tumbled-dryer we trust

Vous cherchez un appart’ ou une coloc’ ? Soyez conscient qu’un sèche-linge ici n’est PAS un bien de luxe, mais un bien de quasi première nécessité.

Une des raisons de mon précédent déménagement était la logistique incroyable qu’il fallait développer pour laver ses quelques vêtements. C’est bien simple : en principe, on est sensé laver notre linge dans la machine se trouvant dans le jardin, puis pendre nos affaires à l’extérieur.

Ca, c’est le principe.
Car en pratique, si vous prenez le risque de pendre votre linge dans le jardin, vous risquez de le retrouver une semaine plus tard 1) encore humide, et 2) recouvert de moisissure. Pensez-y avant d’emporter à Hanoi votre jean préféré acheté à prix d’or et qui n’a aucune chance de sécher convenablement à l’air libre.
La seule technique que j’avais trouvée à la fin est de tout foutre sur les rampes d’escalier, et tant pis pour l’esthétisme, et tant pis pour les colocs (je leur épargnais tout de même l’exposition de mes sous vêtements que je faisais sécher dans ma chambre).

Mon nouvel appartement est loin d’être une affaire mais nous avons droit à une femme de ménage qui lave et sèche le linge trois fois par semaine. Et ça, ça n’a pas de prix (enfin, si… mon débardeur gris Petit Bateau a été paumé dans la procédure).
Tout cela ne résout cependant pas le problème numéro 2…

2/ Gaffe à vos affaires.

Vous voulez une vie remplie de surprise ?
Rangez vos fringues dans l’armoire de votre chambre.
A présent, vous pouvez prendre les paris pour savoir si, quelques jours plus tard, vous allez récupérer vos biens avec – ou sans – taches de moisissure, quand ils ne deviennent pas complètement blancs et recouverts de champi (dernier cas pas encore vécu personnellement, mais je ne suis pas pressée d’en faire l’expérience).
Tout cela, grâce à cette charmante humidité hanoienne dont je me passerais bien.
Bienvenue dans mon monde.

Dans ce monde merveilleux de l’humidité, vous ravisez votre jugement sur le similicuir qui fait si cheap en Europe et que vous n’achetez peut-être jamais.
Ici, le similicuir tient mieux que le vrai cuir, qui aura tendance, au bout d’un moment, à pourrir sur place (pas vécu personnellement, mais je songe à demander à Chewi de bien vouloir sauver mes magnifiques bottines de chez Clark’s en les ramenant par anticipation en France).
Et vous finissez par vous marrer tout(e) seul(e) en regardant les publicités vantant les mérites du « genuine leather » !

Même la touche de mon violon provisoire a été légèrement « mangée »… On m’a dit qu’il fallait aérer l’instrument régulièrement, je pense lui acheter une laisse pour le promener.

Bref, faites gaffe à vos affaires ! Mes colocataires d’avant ouvraient grand les portes de leur armoire en contradiction totale avec les règles élémentaires d’esthétisme et d’intimité, et peut-être à raison…

Avis aussi aux férus d’informatique ou de photo : des armoires spéciales existent, qui protègent votre matériel de l’humidité. Pensez-y vraiment, les appareils électroniques complexes ont tendance à rendre l’âme plus facilement ici, surtout s’ils ne sont pas utilisés souvent…

Face à ce désastre, les forums d’expatriés regorgent d’appels à l’aide sur les moyens d’éviter ces désagréments. Ça passe par :
la recherche du saint-graal (= un deshumidifieur d’air d’occasion, mais en général ca ne suffit pas, il faut vider les 18 litres d’eau absorbée toutes les trois-quatre heures selon la taille de la pièce !),
– aux achats de plans B (sacs de silica, vous savez, les machins chimiques qu’on retrouve dans nos achats fraichement débarqués de leurs usines chinoises et que l’on pense inutiles… pas encore trouvés à Hanoi),
– ou encore des expérimentations en tout genre (j’ai fait des recherches poussées sur les sacs de charbon de bambou sensé rééquilibrer l’humidité d’un petit espace, et ai été très tentée a un moment par l’utilisation d’huile essentielle de lavande réputée anti-fongique, mais ai abandonné l’idée car pas trouve de diffuseur convenable).

Sympathique non ?
Et pourtant, ce n’est pas ce qui m’embête le plus… car je suis beaucoup plus embarrassée par le 3e problème apporté avec l’humidité.

3/ T’as envie de chanter de ta plus belle voix ? Laisse tomber, Hanoi n’est pas faite pour toi.

Bah ouais.
Y a deux semaines, je me tapais une angine avec extinction de voix au passage. J’ai du annuler les dernières prises studio pour mon projet d’enregistrement de chansons qui est déjà bien avancé.

Et depuis… depuis, je suis encore obligée d’attendre.

Car ma voix ne s’en est pas remise totalement.
Et je crains de plus en plus qu’elle ne s’en remette jamais totalement, en tout cas, pas avant que je quitte cet îlot d’humidité et de pollution qu’est Hanoi.

Parce que de deux choses l’une.
Soit je suis dehors ou dans une pièce non ventilée, et l’atmosphère est trop humide pour mes bronches.
Soit je suis chez moi, au bureau, au resto, dans le bus ou dans le taxi, et la, l’air co prend le relais et offre un air beaucoup trop sec.
Ajoutez à cela la clope partout (je m’y suis même habituée…) et les pots d’échappement des multiples véhicules de la ville et vous avez un beau tableau atmosphérique.

J’ai l’air d’une chochotte, d’une diva en me plaignant de la sorte ?

Essayez, faites le test. Tapez-vous une angine, ne parlez pas pendant quatre jours (sympa quand un associé de votre boite vous appelle au téléphone sur un dossier important…), et espérez ensuite qu’après toutes ces quintes de toux et ces raclements de gorge, votre appareil respiratoire ne se sente pas irrité et soit beau comme un sou neuf.

Autant se rendre à l’évidence : c’est impossible.
Et non, je n’ai pas envie d’ingurgiter 5 kilos de miel soit disant pour aller mieux.

Le résultat est que j’ai des quintes de toux grasse difficiles chaque matin, et des quintes de toux sèche chaque soir.

Et que même si je peux à nouveau parler, il est clair que pour le chant, surtout en studio, ça ne va pas être possible. Je trouve ça assez frustrant.

Je me demande si la fenêtre entre le moment où il fait moins moche et moins humide (eh, mais ce n’était pas sensé être en avril ?) et l’arrivée de la mousson (j’ai pas hâte) sera suffisamment large pour me permettre d’enregistrer.

Mais bon, à ce qu’il parait (et c’est même moi qui le dit), la patience est une des qualités nécessaires pour survivre ici au Vietnam,

Je dois donc m’armer de patience… Ce qui ne m’empêche pas de râler « à la française » par le biais de ce blog 😉

Tschüs !