Une page se tourne

Enfin, trois pages plutôt.

D’abord, Chéwi est reparti en fin de semaine dernière.
Au lieu de me lever chaque matin sourire aux lèvres même en cas de journée de boulot car je savais qu’il m’attendait pour terminer le jour avec douceur, j’ai juste droit a un grand sentiment de vide et de non-sens. J’arrive assez peu à me dire de profiter encore des deux mois et demi qui me restent à vivre ici, et la moindre contrariété (je viens de rattraper la crève et de me refaire faire un cheptel de boutons de moustique sur les jambes, avec plaques, gonflements… et des cicatrices à l’endroit des anciens boutons inflammés) me donne juste envie de me réfugier dans mon lit et de me pencher d’avant en arrière jusqu’à ce que ça passe (j’exagère peut-être un peu mais le ressenti c’est à peu près ça : une espèce de tristesse qui vient du fond du ventre).
Je n’arrive ni a me plonger dans le boulot pour oublier (et Dieu sait que je devrais) ni à profiter des jours fériés de début mai. Je me sens juste seule et perdue, et mes multiples projets (me faire faire une jolie robe, finir mon enregistrement studio…) sont pour le moment bloqués. Ce qui me contrarie. Ce qui me ramène au point précédent.

Ensuite, mes cousins américains sont repartis eux aussi. Nous avons passé de bons moments avec eux, à plaisanter et à demander des nouvelles des uns et des autres, et en sentant que finalement rien n’avait vraiment changé chez eux. Plutôt sympa.
Ils sont partis après un dernier lunch avec vue sur le lac de l’ouest.

Enfin, nous avons finalement concrétisé toutes les dernières semaines de répétitions en jouant le spectacle « Ulysse » trois soirs de suite à Hanoï. Trois soirs très différents (j’arborais moi-même une coiffure différente chaque soir car oui, nous avions une coiffeuse dans l’équipe !) avec des publics très variés. Premier soir, salle remplie aux 2/3, plutôt calmes et disciplinés mais réagissant bien. On avait bien réussi la première. Deuxième soir plein à craquer avec des groupes scolaires survoltés et incontrôlables. Petit coup de déconcentration de notre côté, et puis gérer toutes ces personnes (notre pièce était du théâtre de rue avec de la musique, et qui impliquait pas mal d’interactivité) était assez stressant pour la troupe. Sentiment mitigé…
Troisième et dernier soir avec beaucoup d’émotion. Le bouche à oreilles à fait son effet : salle comble, qui déborde même, remplie un bon quart d’heures avant les trois coups. Remplie en deux minutes, du jamais vu ! Après une belle communion avec le public, nous découvrons dans l’urne que nous avions mis à leur disposition des tas de petits mots gentils et en français dans le texte ! Extraits choisis : « Je vous aime très beaucoup » !

Une fois les trois jours terminés nous sommes allés dans un Bia Hoi et avons chanté, version chanson à boire, quelques chansons dont celles du spectacle. Une vraie petite famille s’est constituée avec la troupe, et j’ai hâte de remettre ça à Hué ou à Ho Chi Minh Ville (c’est en projet).

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(La Ulysse Family en pleine action de pitrage)

Depuis ces quelques jours de déprime décrits plus haut, après un long week end de cinq jours assez vide, je remplis à présent le vide en disant « oui » à presque toutes les activités qu’on me propose. J’ai parfois envie de rentrer mais éprouve en même temps une certains angoisse à l’idée de repartir. Profiter un maximum de chaque instant, oui, mais quelle façon est la meilleure ?

Dois-je aller à Bangkok pour voir autre chose ?
Aurai-je le temps de voir le village de mon grand père et qu’est-ce que je pourrais y trouver ? Où trouver la bonne personne pour m’y emmener ?
Arriverai-je enfin à avoir un vietnamien pas trop pourri ?
Aurai-je le temps de finir l’enregistrement de mes morceaux, et de préparer leur promotion, ici même ou en France ?
Vais-je enfin vaincre le syndrome de la page blanche ?

Trop de choses à faire… Trop peu de temps…
Une page se tourne, et s’avère finalement renversante !

Mes petits moments de solitude : quatre mois au Vietnam

Ça y est, ça fait quatre mois, enfin presque, que je vis au Vietnam !
Avant de partir j’avais l’imagination facile et me disais que le pire pouvait m’arriver une fois sur place.
Du coup, pour me rassurer et aussi rassurer les futurs expat’ qui vont passer par ici, j’ai décidé de faire le bilan tous les deux mois de tous les moments galère ou peu agréables que j’ai pu vivre (la première salve est à lire par ). Histoire de relativiser. Voici donc quelques extraits :

Je me suis fait avoir par mon manque de connaissance en vietnamien devant un client dans le cadre de mon boulot. J’avais pris en main un client français pour lequel je devais faire la navette continuelle entre lui et les vietnamiens de ma boîte. Le service apporté s’étant déroulé sur plusieurs jours. Quand, au dernier rendez-vous où nous étions réunis dans une même pièce avec les vietnamiens de la boite, ce client se met a parler viet couramment. Et finit la transaction tout seul comme un grand, me laissant sur le carreau, comme une jolie plante verte qui ne comprend pas un mot de ce que est échangé. VDM, comme on dit…

J’ai rêvé que j’avais des poux. Plusieurs fois.

J’ai vu entre autres une femme pisser sur un arbre en pleine rue, et des femmes faisant les poux de leurs amies et filles. Dans le bus. Et même dans un avion de la Vietnam Airlines.

Je suis entrée en guerre contre la femme de ménage que je soupçonnais fortement avoir emprunté mes Birkenstock pour nettoyer la salle de bain à grands coups de jets d’eau. RIP mes Birkenstock… Enfin, RIP, si je n’avais pas fait – à plusieurs reprises – le forcing à coups de longues séances de sèche cheveux et en grande consommation de papier absorbant. Ça s’est terminé avec mon gentil collègue vietnamien qui m’a indiqué quoi écrire sur une pancarte que j’ai collée dans l’entrée. Depuis, zéro souci. Encore plus depuis que j’ai déménagé.

Je me suis fait passer pour une parano auprès de mon coloc. Minuit je rentre chez moi, me brosse les dents, referme la porte de la salle de bains derrière moi. J’entre dans ma chambre, reviens chercher un truc dans le couloir, et entend du bruit depuis la salle de bain. Je pense alors que c’est mon coloc… Sauf que je l’entends au même moment, depuis sa chambre, fermer le rideau de sa porte ! Mon sang se glace et je me crois dans un film d’horreur. Je suis persuadée que quelque chose se trouve derrière la porte opaque de la salle de bains. Prise d’un sentiment irrationnel, je réveille mon pauvre coloc (heureusement couché il n’y a pas longtemps avant) pour qu’il ouvre la porte à ma place. Bien évidemment, y avait rien…

Je suis vraiment devenue un poil parano. De façon générale.
Je regarde chaque tache sur les murs de manière suspicieuse. Si ça bouge, c’est que c’est vivant. Si ça bouge pas, c’est que c’est une tache.
Je tique à chaque petit mouvement brusque. Et à raison. C’est souvent un gecko (cool) ou un cafard (moins cool). D’ailleurs, les premiers bébés cafard sont de sortie. Y en avait un sur la table de mon café habituel près de mon travail. Et un autre près du présentoir à éclairs de la boulangerie française du coin.

Mon séjour au Vietnam m’a apporté certaines cicatrices. D’acné sur mon visage (horreur). Et de boutons de moustique infectés sur les jambes. Mon dermato va avoir du boulot à mon retour.

Et le meilleur pour la fin :

J’ai du gérer, en 48 heures, un déménagement, un emménagement, une angine avec extinction de voix, des boutons de moustiques infectés et cramoisis sur les jambes, une allergie buccale à mes pastilles pour la gorge, et l’accueil de Chéwi qui débarquait à Hanoï à 6h du mat’ (et j’ai survécu).

Chouette hein ?

Des fois on peut se dire que ça peut être pire. Pas encore eu d’accident ni d’agression ni de problème de santé sérieux. Pourvu que ça dure !

Tschüs !

Lost In translation, ou comment j’aurais au fond, trop voulu ressembler à Scarlett Johansson

… Mais en fait non. C’est beaucoup moins classe que dans un film de Sofia.

Pour être lost, je suis lost, c’est même un peu la loose (mais pas trop encore, ça pourrait être pire).
Pourquoi ? Pour tout et pas grand chose.

En vrac, je ne pense pas prendre ce superbe appartement tout de suite. J’ai plutôt besoin d’être entourée, de personnes sympas avec qui on pourrait échanger des bons plans pour apprivoiser cette drôle de ville qu’est Hanoi. Avec qui je pourrais boire des bières tranquillement, pousser une gueulante sur mon boulot ou juste discuter 5 minutes le soir quand je rentre chez moi.

Tout ça c’est beau mais si vous connaissez ma tendance à avoir du mal à me décider par peur de me planter, vous savez que j’écume les sites d’annonce sans sauter le pas de la visite (parce que c’est loin, que ça coûte du taxi, que si ça se trouve la salle de bain est pourrie) et encore moins de l’engagement (par ce que OH MON DIEU je vais dépenser du fric, parce que j’ai pas rencontré mes futurs voisins et que sur ces inconnus repose une grande partie de mon bien-être futur ici…).

Une grosse épine dans le pied, quoi. Même si je flippe à l’idée de quitter Ju et Gi (mais z’ont quand même droit à leur intimité, les pauvres), je me console en me disant qu’au moins j’aurai la place de mettre mes trucs dans la salle de bain autrement que dans un sachet plastique et que mes fringues ne sentiront plus la cigarette (enfin, moins souvent, parce que ça fume bien ici, à moins d’un euro le paquet…). Ils sont quand même adorables, à pas trop me pousser vers la porte… Mais je veux pas abuser non plus.

Ensuite, j’ai pas aimé le soi disant quartier super cool des expat, j’ai nommé Tay Ho. D’un côté, des baraques au bord du lac mais que je trouve artificielles (et rapport qualité prix bof bof, cf l’appart´ tout humide). De l’autre, des quartiers au bord d’une route goudronnée aux bords poussiéreux (certes, les maisons tradi sont pas mal) que je me dis que ça craint, et puis merde, trop de poussière quoi. Pas accroché. (edit : avec le recul, je me dis qu’effectivement, mon premier contact avec Tay Ho ne rendait pas vraiment justice a ce quartier)

En fait, je crois que rien me plait car être seule avec soi même ça tape sur les nerfs. D’ailleurs j’ai en tête cette vieille chanson de -M- qu’il avait chantée au Zénith (pas vrai Moman ?). Les bo bun ont moins de saveur quand on les mange pas avec ceux qu’on aime.

Pour en revenir au titre de ce post, hier soir j’ai voulu passer dans un temple qui ne semblait pas très loin de mon boulot sur la carte de mon guide Harraps. Je pensais tomber sur un truc relativement calme dans lequel j’allais pouvoir me poser… Que nenni, comme partout y a du bruit et un mec qui fait des psaumes dans un micro. Dans la petite cour y a aussi des gens qui bavardent, mangent du riz, etc. Je ne vais tout de même pas devoir aller jusqu’à la cathédrale pour trouver un peu de quoi me recentrer ! Bref, au temple de Ba Da j’étais toute paumée, en mode ahurie et ne comprenant rien.

Bref. À toi B. qui ne supportes pas les vacances car elles sont trop courtes : les vacances c’est bien car tu sais qu’à la fin tu rentres chez toi. Et que tu es sur de t’y sentir bien. De mon côté je n’ai aucune garantie de me sentir bien dans les six mois à venir… Et je ne suis pas libre 5 jours sur 7. Au bout d’une semaine, passée la découverte, j’aimerais tellement parfois revenir et ne plus tournebouler dans un lieu dont je pense ne jamais pouvoir comprendre quoi que ce soit !

En photo : la prière bruyante du temple Ba Da.

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Test photo et appréhensions

Hello tous,

Cette fois ci je teste l’appli wordpress sur iPad ainsi qu’un petit objet me permettant d’importer les photos de mon APN sur tablette.

Niveau nouvelles et préparation, pas grand chose de neuf, à part cette phrase que je ne cesse de dire ou de penser : « j’veux pas y aller ». Pas très glorieux ! Quand je pense à toutes ces personnes qui rêveraient d’un voyage pareil et être à ma place… Mais rien à faire, la peur prend le pas sur l’envie, et je repense à Chéwi qui a sûrement ressenti la même chose, en plus condensé, juste avant de sauter en parachute.

Tout en tentant de faire mes affaires (et y a encore des tas de trucs à faire 😦 ), je reste relativement paralysée par tout ça. Complètement à côté de mes pompes, y compris lorsqu’il s’agit de fêter mon départ !

Allez, à la prochaine ! Tschüs !

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