En bonus (7) : rétrospective Facebook pendant mon séjour

Comme je ne partage sur ce blog que ce que je peux véritablement mettre en forme, j’ai décidé de déposer dans cet article toutes les micro-réflexions que j’ai pu faire sur d’autres réseaux sociaux à accès restreint. Et en général, c’est plutôt drôle. Alors allons-y !

AVANT

6/12/13

Envisage une fête d’avant-départ. Se rend compte que y aura sûrement pas grand monde. Songe à renoncer.

17/12/13

– Réception de la valise = check (et elle a l’air toute petite )
– Sac à dos de rando = check (et c’est le plus beau sac du monde ! cap sur la baie d’Ha Long !)
– Vaccins = almost check
– Savoir dans quelle ville je vais = almost check
– Sac bandoulière = repérage ok
– Shoes de marche = pas encore (prise de tête)

23/12/13

Préparer un long séjour à l’étranger > la maison qui rend fou des 12 travaux d’Astérix.

26/12/13

MAISON QUI REND FOU, round two. Après 45 minutes d’attente pour une pauvre attestation pourtant nécessaire pour souscrire à un machin qui se trouve, bien évidemment, pas dans le même bâtiment : « Bonjour Madame, vous voulez souscrire ? Et en plus vous voulez savoir concrètement en quoi ça consiste ? Eeeeeuh… voyons voir. Y avait pas Machine là qui avait fait un PowerPoint pour expliquer ? Zut je le trouve pas… Ah si c’est là. Ca ne parle pas de votre situation ? Hem. Des franchises à payer ? Eeeeeeuuuh… Bah ah tiens, voilà la brochure que n’importe quel quidam peut trouver partout. Voyons voir… Oh, je ne sais pas vraiment lire une brochure vous savez. Appelez ce numéro, là, inscrit dessus, ils vont vous en dire plus… ou vous rediriger vers un autre numéro… qui va vous en dire plus… Mais pas après 17h ni en week-end, car après ils ferment ma bonne dame. Ah bon, vous avez déjà appelé y a plusieurs mois ? Ah bon, ils vous ont envoyé sur le site web de Machinchose et vous ont dit de vous débrouiller ? Ohlala, vous n’avez vraiment pas eu de chance ! Mais retentez, peut-être que CETTE FOIS, vous aurez votre renseignement ! Vous voulez souscrire ? Ah bah on prend pas la carte bancaire, ma bonne dame. Revenez demain à la première heure, avec votre carnet de chèque… Parce que vous comprenez, c’est urgent ! Avec les fêtes, et tout ça, ça travaille moins que d’habitude… Et les délais se rallongent. » GGGGGGGGGGGRRRRRRRRRRRRRRRRRR !!!

PENDANT

9/01/14

Bien arrivée.

3/02/14

Maison trouvée. Yipee yipee yeah !!

4/03/14

Des asticots dans la baignoire ? Nous le saurons dans le prochain épisode ! ‪#‎maviereveeahanoi‬

18/03/14

Non mais allo quoi, tu te proclames « citoyenne du monde » et tu chantes « La Tonkinoise » a Hanoï ! C’est comme si tu te disais éprise de liberté,et que tu chantais en France « Maréchal nous voila » !

2/05/14

Aujourd’hui j’ai pris ma vie en main. J’ai acheté une boîte de Strepsil.

3/05/14

Mon gâteau, le Métropole et moi

8/05/14

Celui qui à trente ans, n’a pas goûté de sushi au saumon gras, a raté sa vie.

21/05/14

Pas envie de retourner en France. Ou alors, envie d’y retourner, mais en changeant tout. Commencer par jeter la télé.

29/05/14

Pendant que certains sont en transe devant Trent Reznor, j’expérimente prendre un avion avec un durian à bord. VDM

6/06/14

Expat débutant : Et il est où ce resto ?
Moi : rue Dien Bien Phu.
Expat débutant : ohlala, je vais jamais le retenir ce nom !
Moi : ………

13/06/14

Découverte au bord de ma baignoire : une forme petite, oblongue et tortueuse. Deux solutions. 1/ C’est une larve. 2/ C’est une merde. Après le test du jet d’eau, j’en ai conclu qu’il s’agissait de la deuxième solution. ‪#‎VietnamJeTAime‬

22/06/14

Dernier road trip booké. Au programme : culture-playa-shopping:)

23/06/14

Ok, donc pour le moment on en est au moins à 4 kilos de cadeaux et autres suppléments dans la valise… Et la fièvre acheteuse n’est pas finie. Keep calm…

APRÈS

21/07/14

Bifteck, comté, patates au beurre et peches jaunes… On se console comme on peut ‪#‎retourenfrance‬

22/08/14

J’ai le mal du pays (même si ce n’est pas mon pays)

Tschüs !

Hanoi sans conduire de moto, c’est possible

Alors voilà, je dois vous avouer un truc.
Oui, oui, disons les mots. Avouer.
Car dire qu’on ne conduit pas de moto (ou de scooter) à Hanoi, c’est comme passer aux aveux. Car pour nombre de personnes, vietnamiennes comme expat´, pas de moto, pas de salut.

Pourtant, pour tous les futurs expat’, je dois vous le dire : oui, vivre à Hanoi sans conduire de moto, c’est possible.
Simplement, si comme moi, malgré un séjour de plusieurs mois, vous n’avez pas suffisamment confiance en vos réflexes pour oser affronter le trafic très particulier de la capitale (semblable à un grand océan : on doit s’y mouvoir comme dans un banc de poissons qui va dans tous les sens et où plus on est gros, plus on a la priorité – et n’essayez pas d’appréhender ça en regardant des vidéos Youtube, rien ne vous prépare à ça) , soyez conscient que vous vivrez votre séjour différemment des autres. Ce ne sera pas pire, mais ce sera juste un rythme et des habitudes autres.

Alors évidemment, l’option la plus facile serait de tout faire en taxi sans vous préoccuper du reste (après tout, le kilomètre coûte environ 65 centimes d’euros). Mais après, c’est une question de budget. Mon choix de mon côté à été fait assez rapidement : si je faisais tout en taxi, je devais renoncer à la bouffe ou aux extras du week-end. J’ai donc fait une croix dessus.

En réalité, j’ai accepté d’avoir une vie un peu plus lente et quadrillée que mes comparses hanoiens, en adoptant le triptyque bus / xe om (taxi moto) / taxi.

Bus pour aller au boulot . Votre choix de logement doit donc tenir compte de la proximité de celui-ci à un arrêt de bus qui se trouve sur une ligne, si possible menant directement à votre lieu de travail. Pas évident, mais loin d’être impossible.
Le bus implique de plus d’être prêt à marcher un peu. Exit talons à la hauteur impossibles pour vous mesdames, surtout si vous tenez compte du sol parfois peu régulier de la ville. Il serait dommage de se tordre la cheville ou se faire une entorse pendant votre séjour !
Si la marche deviendra votre passage obligé pour prendre le bus, votre choix de logement se posera aussi sur un lieu qui ne se trouvera pas au fin fond d’un dédale de ruelles sombres. Et Dieu sait que c’est nombreux ces trucs-là. Encore une fois, pas évident, mais pas impossible.

Le bus a augmenté, il vous en coûtera 7000 dôngs l’aller. Néanmoins un abonnement mensuel est assez intéressant. Je n’ai jamais eu le temps de me le faire faire, il faut une photo d’identité, parler vietnamien si possible et se rendre à un guichet spécifique en ville que j’ai toujours eu la flemme de chercher.

Mais franchement le bus je vous le conseille, le prendre c’est un peu comme prendre du slow food, vous vivez Hanoi plus lentement, plus tranquillement, avec les locaux. Ça donne parfois de drôles de moments, qui peuvent devenir inoubliables.

Quand je suis en retard, que je dois traverser la ville d’un bout à l’autre ou que je me rends vers un lieu que je ne sais pas relier par le bus, j’opte pour le xe om.
Le xe om c’est agréable, ça donne de petites sensations de vitesse, de liberté et d’aisance, et en même temps on ne se prend pas la tête avec la conduite, on regarde autour de soi et on se serre un peu pour éviter de frôler de trop près certains obstacles.
Le xe om c’est environ 50 à 60% du prix du taxi (donc le taxi est plus avantageux si tous vos trajets se font en tandem).
L’important est de trouver son xe om habituel (en général sur une zone donnée ce sont toujours les mêmes), un qui conduit bien et avec qui on s’entend bien, et qui finit par connaître la meilleure route pour vous conduire à vos spots favoris. Et puis négocier le xe om c’est rigolo, mais partez du principe que dans le meilleur des cas vous payerez toujours 10 000 dôngs de plus que vos collègues locaux.
Le seul conseil que je vous donnerai, c’est que quoi que vous choisissiez comme mode de transport, offrez-vous un casque. Un bien, un solide, de préférence qui couvre les tempes et les oreilles (c’est fragile ces trucs là). Régulièrement, des expatriés revendent le leur sur internet en repartant chez eux, c’est plutôt un bon plan et ce est un bon investissement.
Avoir son propre casque, c’est ne pas devoir se taper le second casque à la propreté ou à la sécurité douteuse de son xe om.
Avoir son propre casque, c’est aussi pouvoir partir en vadrouille avec ses copains qui eux conduisent et voudront peut-être vous accepter et tant que passager arrière.
Parfois je me trimballe le mien comme un deuxième sac à main, au cas où.
Je peux même glisser quelques unes de mes affaires à l’intérieur.

Enfin, quand je dois faire des micro distances, ou tard la nuit après un concert par exemple, le taxi prévaut. En effet, le taxi reste intéressant pour les petites distances d’un ou deux kilomètres car à ce stade le xe om sera quasi aussi cher.
La nuit à partir de 22-23h, je préfère ne pas prendre de xe om. On peut appeler un taxi facilement pour qu’il vienne nous prendre à un endroit mal desservi, ce qui est pratique.
Le taxi c’est chiant car y a parfois de mauvaises surprises, du genre le mec qui fait semblant d’être perdu pour multiplier le kilométrage (un classique) ou encore celui qui va te faire faire le tour de la ville pour rien (plus rare, mais rageant). Le taxi c’est un peu mon dernier recours. D’ailleurs quand les xe om m’annoncent un prix trop cher, je les menace d’aller prendre un taxi 😉

Ainsi, vivre à Hanoi sans conduire de moto reste possible. Et ça peut même être plaisant pour peu qu’on s’organise.
Cependant vous serez plus dépendant des lignes de bus par exemple. Et serez plus stressé niveau budget à chaque déplacement qui sort des sentiers battus. D’autre part vous aurez moins cet aspect d’exploration que peuvent vivre les conducteurs de moto ici. Vous serez moins tenté par faire des sauts de puce au gré de vos envies, et ça peut être dommage.
Mais en n’ayant pas votre propre moto, vous êtes moins individualiste et moins sédentaire. Vous aurez nécessairement plus d’interaction avec les hanoiens, ce qui est plutôt intéressant. Une façon différente de vivre la ville.

Une alternative envisageable peut être le vélo.
Le vélo est plus léger en cas de chute, mais subit, comme la moto, les affres de la circulation chaotique de la capitale.

De façon générale, je vous dirais de faire comme vous le sentez.
Mon mode de vie est loin d’être parfait, mais me convient plutôt pas mal.

Tschüs !

La cartographie des copains

En embarquant pour Hanoï, j’avais peur de me retrouver seule. Mais le fait est que je me suis rarement trouvée seule, et qu’il est d’ailleurs plus facile de se faire des connaissances lorsque l’on part seul que lorsqu’on débarque en bande d’amis ou en couple, car on apprend à aller plus naturellement vers les autres.
Afin que vous puissiez imaginer un peu mieux avec qui je passe mon temps libre, voici une petite cartographie simplifiée et un poil caricaturale des amis que je me suis faits ici… dans l’ordre de rencontre, plus ou moins.

Ju et Gi, la base

Ju et Gi ont un peu été mes sauveurs lors de mes premières semaines à Hanoï. Ils m’ont généreusement accueillie dans la chambre libre de leur appartement qui se trouve dans le quartier jap et coréen, et c’est sur le scoot de Gi que j’ai eu mes premières sensations de vitesse dans le trafic hanoien. Ju et moi avons une amie commune qui a fait le lien entre nous. Et, coup de chance, y a un beau courant qui est passé.
Ju et Gi fument, aiment les bia hoi (bière pression fraiche du matin) et les films d’horreur un peu bizarres. Ju, très cultivée, est capable de partir sur des réflexions philo/politico/sociologiques de haute volée, tandis que Gi ne mouftera pas un mot, sauf si c’est pour se donner le plaisir de faire l’avocat du diable. Ce qui rend leurs conversations assez drôles et intéressantes.
C’est avec Ju que je suis allée à Ho Chi Minh Ville et aussi à la fête du Tet, et j’espère faire d’autres expéditions de ce type avec elle.

La bande à Ju

Une petite troupe assez fun et plutôt du type baroudeur.
Elia la benjamine est une des filles les plus débrouillardes et matures que j’ai rencontrées ici. Elle fait tout Hanoi en vélo. Elle vit avec James, un prof d’anglais la trentaine, qui aime les clips de musique électro bien tordus et les envolées philosophiques, et devient assez incompréhensible après quelques bières (à moins que ce ne soit moi qui ne comprenne rien en anglais après quelques bières, c’est possible).
Enfin, Trang, une collègue de Ju, est une fille vietnamienne chou comme tout, qui aime se faire prendre en photo avec des tenues toutes plus kawai les unes que les autres. Elle nous a fait l’honneur de nous inviter dans sa famille Ju et moi pour le Tet.

Le Puzzle band, la grande famille

C’est avec eux que j’ai passe le plus de temps, au vu de toutes les repet et autres réjouissances que nous avons vécu ensemble. Petit tour d’horizon (et pardon pour les éventuelles fautes sur les noms) :

Ced, le chef d’orchestre, ancien musicien pro, officie à la batterie mais a une jolie voix aussi, mais malgré ses multiples talents (il a fait de superbes chansons pour Ulysse), il n’a pas vraiment tendance à se mettre en avant. C’est lui qui organise et coordonne notre petit groupe. Généreux, sincère, parfois amer, j’essaie parfois, très maladroitement mais de façon assumée, de mettre en avant une forme de « positive attitude », ce qui est assez drôle quand j’y pense.

David, le crooner de ces dames, est un peu la star du groupe car il est le seul français parmi nous à parler un vietnamien quasi courant. Il clôt donc la plupart des spectacles avec une chanson en vietnamien. Au Vietnam depuis huit ans, il semble avoir fusionné avec le pays : adoption de la langue, mais aussi romantisme exacerbé comme les vietnamiens en ont le secret. Un mec adorable.

Manu, le gratteux caustique, orienté jazz manouche. J’aime son coté pince sans rire, sa distance, mais sa volonté de s’intégrer au groupe le rend très touchant. C’est un de mes chouchous. Je le croise souvent par hasard, dans la rue, au resto (pas toujours le même), dans des lieux divers et variés, mais essaie de le laisser tranquille un minimum afin de ne pas bousculer son intimité.

Tu, la diva du groupe, une fille de type garçon manqué capable de se transformer en femme fatale quand il s’agit d’être sur scène. Une voix et un charisme exceptionnels qui forcent le respect et l’humilité. Pour le cabaret, elle sait prendre des risques et joue de plus très bien la comédie ; elle a un coté clownesque qui la rend très attachante. Une future star, si elle le voulait…

Lan, plus en retrait, mais qui cache bien son jeu : non seulement elle a une voix grave et puissante qui fait des merveilles pour des chansons réalistes ou poignantes, mais elle excelle dans les arts martiaux.

Diep, la première vietnamienne parmi Puzzle avec qui j’ai fait connaissance, un peu plus âgée que les autres, très drôle et très jolie derrière ses petites lunettes. Elle ne fait pas des folies avec sa voix mais l’utilise intelligemment notamment dans des reprises plutôt jazzy.

Mai, c’est un peu notre petite canaille, un brin rebelle, un brin candide, elle aime les chansons de fille et aurait surement aimé les années yéyé, alors elle chante des chansons de Brigitte ou de Cœur de Pirate de sa voix claire et aiguë, portant des petites robes mises en valeur par sa coupe de garçonne. Mais à la ville c’est une fille brillante, intelligente, peut-être un peu scolaire, qui croit en la force du diplôme et en son avenir.

Tuan Anh, jeune homme sensible et élégant, porté sur les répertoires de Calogero ou de Goldman lui permettant de tester la puissance de sa voix de tête, est drôle, charismatique et bourré de talent. Il a même dessiné les costumes de notre pièce de théâtre musical !

Mais aussi Nam notre pianiste, qui a des airs de Gainsbourg vietnamien lorsqu’il joue nonchalamment du jazz perché la clope au bec, Loi le deuxième guitariste timide et anglophone, Chi la guest star accordéoniste qui se trouve en ce moment même au Festival Wazemmes l’accordéon…

L’Ulysse family, ou la famille recomposée

Nous ont rejoints pour l’aventure Ulysse de nombreuses autres personnes ! Je les croise la plupart du temps lors de sorties de groupe, et presque jamais séparément.
Marianne la théâtreuse, est celle qui m’a très gentiment prêté son violon pour le spectacle ainsi que pour mes sessions studio. Quentin est quant a lui le metteur en scène, fantasque et plein de bons sentiments comme peuvent l’être les théâtreux en général.
S’en suivent Loan, jeune femme dynamique au caractère bien trempé qui m’a appris des rudiments pratiques de vietnamien, Philippe, étudiant quadrilingue qui me pose des tas de questions sur mes études car il envisage de faire la même chose que moi (et je m’en inquiète un peu parfois), notre Ulysse national qui m’a surprise en faisant une reprise de Metallica autour d’une table de bia hoi…

Mes trop gentils colocs

Un p’tit couple multiculturel (un anglais et une américaine d’origine vietnamienne) dont je me suis un peu méfiée au début, tellement ils étaient gentils. La réalité c’est que si des personnes paraissent trop gentilles, c’est parfois juste parce qu’elles le sont parfois véritablement 😉
Hai Minh a le même age que moi, elle est prof d’anglais mais rêve de devenir styliste. Elle est d’ailleurs toujours très bien habillée. C’est une fille sensible, généreuse  et un brin new age… Je la croise régulièrement en train de méditer devant la baie vitrée du salon.
Paul est grand, anglais, drôle et généreux, un peu foufou des fois. Il aime se faire tailler des costumes sur mesure, partager du whisky avec ses amis (moi y compris, chouette), fumer des cigares entre mecs, faire des trucs de vrai vietnamien (comme des massages pas du tout touristiques), et râler sur tout et n’importe quoi. Un mec en or, assurément.

Les p’tits nouveaux

Chau, une fille rencontrée sur Internet, travaille pour mettre en place le premier satellite vietnamien, tout en faisant des piges et des traductions pour des magazines de mode (dont le Elle vietnamien !). Elle m’a proposé très généreusement de me prêter le piano de sa chambre de temps en temps, m’a mise en contact avec des personnes qui pourraient m’organiser des mini concerts. Elle a l’air d’avoir ses entrées dans le petit monde arty de Hanoi et m’invite de temps en temps à  une des soirées de ce milieu.

Brett, un DJ originaire de Brooklyn, m’a proposé de me montrer le potentiel de certains matériels et logiciels de Musique assistée par ordinateur. Il aime les musiques expérimentales et autres sessions improvisées. Un futur acolyte de jam session en tous genres, j’y vais d’ailleurs ce soir.

Je me rends compte à quel point les personnes que j’ai rencontrées ici étaient ouvertes, généreuses, désintéressées et solidaires. Ça me donne vraiment un exemple à suivre et me fait prendre conscience de mes propres lacunes. Je dois encore travailler sur moi-même pour être et me comporter aussi bien qu’eux. Si toutes les personnes étaient ainsi, le monde s’en porterait beaucoup mieux !

Allez, Tschüs !

 

Mes petits moments de solitude : quatre mois au Vietnam

Ça y est, ça fait quatre mois, enfin presque, que je vis au Vietnam !
Avant de partir j’avais l’imagination facile et me disais que le pire pouvait m’arriver une fois sur place.
Du coup, pour me rassurer et aussi rassurer les futurs expat’ qui vont passer par ici, j’ai décidé de faire le bilan tous les deux mois de tous les moments galère ou peu agréables que j’ai pu vivre (la première salve est à lire par ). Histoire de relativiser. Voici donc quelques extraits :

Je me suis fait avoir par mon manque de connaissance en vietnamien devant un client dans le cadre de mon boulot. J’avais pris en main un client français pour lequel je devais faire la navette continuelle entre lui et les vietnamiens de ma boîte. Le service apporté s’étant déroulé sur plusieurs jours. Quand, au dernier rendez-vous où nous étions réunis dans une même pièce avec les vietnamiens de la boite, ce client se met a parler viet couramment. Et finit la transaction tout seul comme un grand, me laissant sur le carreau, comme une jolie plante verte qui ne comprend pas un mot de ce que est échangé. VDM, comme on dit…

J’ai rêvé que j’avais des poux. Plusieurs fois.

J’ai vu entre autres une femme pisser sur un arbre en pleine rue, et des femmes faisant les poux de leurs amies et filles. Dans le bus. Et même dans un avion de la Vietnam Airlines.

Je suis entrée en guerre contre la femme de ménage que je soupçonnais fortement avoir emprunté mes Birkenstock pour nettoyer la salle de bain à grands coups de jets d’eau. RIP mes Birkenstock… Enfin, RIP, si je n’avais pas fait – à plusieurs reprises – le forcing à coups de longues séances de sèche cheveux et en grande consommation de papier absorbant. Ça s’est terminé avec mon gentil collègue vietnamien qui m’a indiqué quoi écrire sur une pancarte que j’ai collée dans l’entrée. Depuis, zéro souci. Encore plus depuis que j’ai déménagé.

Je me suis fait passer pour une parano auprès de mon coloc. Minuit je rentre chez moi, me brosse les dents, referme la porte de la salle de bains derrière moi. J’entre dans ma chambre, reviens chercher un truc dans le couloir, et entend du bruit depuis la salle de bain. Je pense alors que c’est mon coloc… Sauf que je l’entends au même moment, depuis sa chambre, fermer le rideau de sa porte ! Mon sang se glace et je me crois dans un film d’horreur. Je suis persuadée que quelque chose se trouve derrière la porte opaque de la salle de bains. Prise d’un sentiment irrationnel, je réveille mon pauvre coloc (heureusement couché il n’y a pas longtemps avant) pour qu’il ouvre la porte à ma place. Bien évidemment, y avait rien…

Je suis vraiment devenue un poil parano. De façon générale.
Je regarde chaque tache sur les murs de manière suspicieuse. Si ça bouge, c’est que c’est vivant. Si ça bouge pas, c’est que c’est une tache.
Je tique à chaque petit mouvement brusque. Et à raison. C’est souvent un gecko (cool) ou un cafard (moins cool). D’ailleurs, les premiers bébés cafard sont de sortie. Y en avait un sur la table de mon café habituel près de mon travail. Et un autre près du présentoir à éclairs de la boulangerie française du coin.

Mon séjour au Vietnam m’a apporté certaines cicatrices. D’acné sur mon visage (horreur). Et de boutons de moustique infectés sur les jambes. Mon dermato va avoir du boulot à mon retour.

Et le meilleur pour la fin :

J’ai du gérer, en 48 heures, un déménagement, un emménagement, une angine avec extinction de voix, des boutons de moustiques infectés et cramoisis sur les jambes, une allergie buccale à mes pastilles pour la gorge, et l’accueil de Chéwi qui débarquait à Hanoï à 6h du mat’ (et j’ai survécu).

Chouette hein ?

Des fois on peut se dire que ça peut être pire. Pas encore eu d’accident ni d’agression ni de problème de santé sérieux. Pourvu que ça dure !

Tschüs !

L’humidité hanoienne et moi, une longue histoire d’amour (ou pas)

Voila, je suis revenue de Danang à Hanoi.
Et je suis dans une phase « J’aime plus Hanoi » (oui, comme un certain Thomas Dutronc qui chante « J’aime plus Paris », c’est pareil).
Parce que chéwi va repartir en France vendredi soir et que j’ai envie de me glisser dans ses bagages.
Mais aussi parce qu’après notre retour de notre première plage paradisiaque (ça se fête !), on a eu droit à Hanoi sous la pluie (comme cette chanson de JB Notché sur le retour des vacances à Paris-la-grisaille).

Bref, je suis d’humeur massacrante (notamment car tout ce que je fais d’autre que de voir mon chéwi m’indiffère profondément, et oui, oui, répétitions musicales pour Ulysse incluses), et ce présent post risque de transpirer la méchanceté et la mauvaise foi.

Pour que vous puissiez comprendre mon exaspération chronique face à Hanoi, laissez-moi vous parler d’une de ces déconvenues qu’on y rencontre au quotidien.
Non je ne parlerai pas cette fois des rats qu’on croise dans des cages d’escalier, des cafards qui s’emprisonnent dans des pièges à rat à la place des rats (véridique), des moustiques qui égrènent leurs boutons sur mes jambes dont les pores finissent par ressembler aux reliefs de jolies balles de golf, ni même encore des grenouilles que l’on peut croiser sur des terrasses de restaurant (mais je ne me plaindrai pas des geckos de mon appartement, ils restent timides et ont leur intérêt).

Non, je vais vous parler d’une plaie du quotidien dont les gentils vacanciers qui passent entre deux jours et une semaine à Hanoi ont à peine conscience : l’HUMIDITE ambiante, persistante, perpétuelle, poisseuse, et qui nous complique bien la vie.

Le concept est très simple, et se décline en plusieurs variations toutes aussi intéressantes les unes que les autres.

1/ In tumbled-dryer we trust

Vous cherchez un appart’ ou une coloc’ ? Soyez conscient qu’un sèche-linge ici n’est PAS un bien de luxe, mais un bien de quasi première nécessité.

Une des raisons de mon précédent déménagement était la logistique incroyable qu’il fallait développer pour laver ses quelques vêtements. C’est bien simple : en principe, on est sensé laver notre linge dans la machine se trouvant dans le jardin, puis pendre nos affaires à l’extérieur.

Ca, c’est le principe.
Car en pratique, si vous prenez le risque de pendre votre linge dans le jardin, vous risquez de le retrouver une semaine plus tard 1) encore humide, et 2) recouvert de moisissure. Pensez-y avant d’emporter à Hanoi votre jean préféré acheté à prix d’or et qui n’a aucune chance de sécher convenablement à l’air libre.
La seule technique que j’avais trouvée à la fin est de tout foutre sur les rampes d’escalier, et tant pis pour l’esthétisme, et tant pis pour les colocs (je leur épargnais tout de même l’exposition de mes sous vêtements que je faisais sécher dans ma chambre).

Mon nouvel appartement est loin d’être une affaire mais nous avons droit à une femme de ménage qui lave et sèche le linge trois fois par semaine. Et ça, ça n’a pas de prix (enfin, si… mon débardeur gris Petit Bateau a été paumé dans la procédure).
Tout cela ne résout cependant pas le problème numéro 2…

2/ Gaffe à vos affaires.

Vous voulez une vie remplie de surprise ?
Rangez vos fringues dans l’armoire de votre chambre.
A présent, vous pouvez prendre les paris pour savoir si, quelques jours plus tard, vous allez récupérer vos biens avec – ou sans – taches de moisissure, quand ils ne deviennent pas complètement blancs et recouverts de champi (dernier cas pas encore vécu personnellement, mais je ne suis pas pressée d’en faire l’expérience).
Tout cela, grâce à cette charmante humidité hanoienne dont je me passerais bien.
Bienvenue dans mon monde.

Dans ce monde merveilleux de l’humidité, vous ravisez votre jugement sur le similicuir qui fait si cheap en Europe et que vous n’achetez peut-être jamais.
Ici, le similicuir tient mieux que le vrai cuir, qui aura tendance, au bout d’un moment, à pourrir sur place (pas vécu personnellement, mais je songe à demander à Chewi de bien vouloir sauver mes magnifiques bottines de chez Clark’s en les ramenant par anticipation en France).
Et vous finissez par vous marrer tout(e) seul(e) en regardant les publicités vantant les mérites du « genuine leather » !

Même la touche de mon violon provisoire a été légèrement « mangée »… On m’a dit qu’il fallait aérer l’instrument régulièrement, je pense lui acheter une laisse pour le promener.

Bref, faites gaffe à vos affaires ! Mes colocataires d’avant ouvraient grand les portes de leur armoire en contradiction totale avec les règles élémentaires d’esthétisme et d’intimité, et peut-être à raison…

Avis aussi aux férus d’informatique ou de photo : des armoires spéciales existent, qui protègent votre matériel de l’humidité. Pensez-y vraiment, les appareils électroniques complexes ont tendance à rendre l’âme plus facilement ici, surtout s’ils ne sont pas utilisés souvent…

Face à ce désastre, les forums d’expatriés regorgent d’appels à l’aide sur les moyens d’éviter ces désagréments. Ça passe par :
la recherche du saint-graal (= un deshumidifieur d’air d’occasion, mais en général ca ne suffit pas, il faut vider les 18 litres d’eau absorbée toutes les trois-quatre heures selon la taille de la pièce !),
– aux achats de plans B (sacs de silica, vous savez, les machins chimiques qu’on retrouve dans nos achats fraichement débarqués de leurs usines chinoises et que l’on pense inutiles… pas encore trouvés à Hanoi),
– ou encore des expérimentations en tout genre (j’ai fait des recherches poussées sur les sacs de charbon de bambou sensé rééquilibrer l’humidité d’un petit espace, et ai été très tentée a un moment par l’utilisation d’huile essentielle de lavande réputée anti-fongique, mais ai abandonné l’idée car pas trouve de diffuseur convenable).

Sympathique non ?
Et pourtant, ce n’est pas ce qui m’embête le plus… car je suis beaucoup plus embarrassée par le 3e problème apporté avec l’humidité.

3/ T’as envie de chanter de ta plus belle voix ? Laisse tomber, Hanoi n’est pas faite pour toi.

Bah ouais.
Y a deux semaines, je me tapais une angine avec extinction de voix au passage. J’ai du annuler les dernières prises studio pour mon projet d’enregistrement de chansons qui est déjà bien avancé.

Et depuis… depuis, je suis encore obligée d’attendre.

Car ma voix ne s’en est pas remise totalement.
Et je crains de plus en plus qu’elle ne s’en remette jamais totalement, en tout cas, pas avant que je quitte cet îlot d’humidité et de pollution qu’est Hanoi.

Parce que de deux choses l’une.
Soit je suis dehors ou dans une pièce non ventilée, et l’atmosphère est trop humide pour mes bronches.
Soit je suis chez moi, au bureau, au resto, dans le bus ou dans le taxi, et la, l’air co prend le relais et offre un air beaucoup trop sec.
Ajoutez à cela la clope partout (je m’y suis même habituée…) et les pots d’échappement des multiples véhicules de la ville et vous avez un beau tableau atmosphérique.

J’ai l’air d’une chochotte, d’une diva en me plaignant de la sorte ?

Essayez, faites le test. Tapez-vous une angine, ne parlez pas pendant quatre jours (sympa quand un associé de votre boite vous appelle au téléphone sur un dossier important…), et espérez ensuite qu’après toutes ces quintes de toux et ces raclements de gorge, votre appareil respiratoire ne se sente pas irrité et soit beau comme un sou neuf.

Autant se rendre à l’évidence : c’est impossible.
Et non, je n’ai pas envie d’ingurgiter 5 kilos de miel soit disant pour aller mieux.

Le résultat est que j’ai des quintes de toux grasse difficiles chaque matin, et des quintes de toux sèche chaque soir.

Et que même si je peux à nouveau parler, il est clair que pour le chant, surtout en studio, ça ne va pas être possible. Je trouve ça assez frustrant.

Je me demande si la fenêtre entre le moment où il fait moins moche et moins humide (eh, mais ce n’était pas sensé être en avril ?) et l’arrivée de la mousson (j’ai pas hâte) sera suffisamment large pour me permettre d’enregistrer.

Mais bon, à ce qu’il parait (et c’est même moi qui le dit), la patience est une des qualités nécessaires pour survivre ici au Vietnam,

Je dois donc m’armer de patience… Ce qui ne m’empêche pas de râler « à la française » par le biais de ce blog 😉

Tschüs !