La Dame Bouddha à Danang

Dernier jour de notre (trop) court séjour à Danang.
Pour changer de la plage, nous déciderons de nous rendre au pied de la grande statue blanche que quiconque aperçoit depuis la plage et qui se hisse au milieu des montagnes.

Pour cela, nous prenons un taxi que je prends soin de choisir : je décide, devant tous les conducteurs de la compagnie, de prendre le taxi plus petit, alors que le manager me proposait une grosse berline. Je m’installe sur la banquette en lançant avec le sourire un « re hon » (= moins cher, prononcer Zè heun), devant le sourire entendu des chauffeurs.

Bien m’en a pris car c’était plus loin qu’on ne le pensait, à 10 kilomètres de la plage et du centre ville. Sans compter les routes en épingle à cheveux nous rapprochant de la Grande Dame…

Cependant, la route valait largement le coup. On est arrivé dans une pagode assez immense, plongée dans les chants bouddhistes amplifiés par les dernières technologies, surmontée par les montagnes verdoyantes et surplombant la mer de Chine. Un régal pour les sens.

Les photos ci-dessous ne lui rendent d’ailleurs pas tout à fait justice…

La grande porte des deux côtés, côté mer et montagne :

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Un ensemble étonnant de statues entourées par les montagnes :

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Danang de loin (avec ses petits bateaux de pêcheurs) :

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Une prière devant la Grande Dame, avec des poussins comme offrande, enfermés dans des caisses trouées de Bière Tiger :

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Des couleurs sous la pluie (pagode Kim Liên)

Lundi matin, en me brossant les dents, j’entends au loin, puis se rapprochant de plus en plus, des bruits de tambour. De gong. Puis de clochette. Puis de musique.
Au fur et à mesure que les pulsations deviennent plus précises, plus régulières, le doute s’estompe tout comme mon manque de sommeil : une procession passe devant chez moi.

Ni une ni deux, poussée par l’adrénaline, je rince mes résidus de dentifrice, saisis mon appareil photo, descends les escaliers quatre à quatre, m’aperçois qu’il faut des clés pour sortir, récupère les miennes au deuxième étage, redescends de plus belle, et me retrouve dans ma rue en pyjama et en sandales.

En suivant le son qui m’avait interpelée, j’arrive devant la pagode, et assiste à la fin de la procession. En rang de différentes couleurs vives et successives, hommes et femmes se suivent et entrent dans la cour intérieure. Là, les participants, sur le son de monocordes amplifiés par des parlophones, se placent en deux rangs devant le bâtiment de prière en lui-même. Une sorte d’autel portable est soulevé entre les deux rangs. Le silence peut commencer.

Timide et en pyjama, je prends ces quelques photos que je vous livre ici.

Je ne sais pas de quoi il s’agissait exactement, mais je suis très contente d’avoir eu cette surprise de bon matin, et d’avoir pu voir enfin un peu de couleurs sous ce ciel gris.

Tschüs !

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Etranger familier (part 2) – être d’origine vietnamienne au Vietnam

Étranger familier, étrange et familier… C’est un peu comme cela que je décrirais ce que je vois ici au quotidien.

Vivre une expérience à l’étranger est une chose.
Vivre une expérience dans un pays dont on est partiellement originaire mais dont on ne connaît que très succinctement la culture en est une autre.

Quand je suis partie au Vietnam, je pensais ne strictement rien connaître de la culture de ce pays. J’avais raison, et en même temps j’avais tort.

Il est étrange de penser que ce petit voyage de six mois me fait parfois vivre l’équivalent d’années entières d’expériences et de ressentis. Car malgré le quotidien, il se passe beaucoup de choses.
Ce voyage est une occasion pour moi de faire le point.

Le point sur l’avenir ; après tout je finis (enfin) mes études et vais bientôt passer à une nouvelle étape, pour laquelle j’ai naturellement un peu d’appréhension, mais qui fait partie des choses normales de la vie.

Je suis également en train de vivre des choses fortes musicalement, ce dont j’ai toujours rêvé, quelque part. Et je ne sais pas encore si cette expérience musicale équivaut à un chant du cygne, au commencement d’une nouvelle histoire ou a une simple parenthèse.

Je suis aussi dans un pays d’avenir, où vont se jouer des choses importantes de ce monde dans les années qui suivent. C’est un pays qui bouge, parfois de façon étourdissante, parfois sans que les personnes sur place ne puissent suivre le mouvement. Mais il y a un côté fascinant là-dedans également.

Mais ce séjour est également un appel vers le passé, sans que je ne l’aie réellement prévu.

Les chansons que je suis amenée à chanter ici me ramènent au passé.
Plus encore, mon voyage au Vietnam me fait remonter des souvenirs et des réminiscences que je croyais oubliés.

Je me surprends parfois à retrouver des points de repère, dans certains plats que je connais déjà, dans certaines attitudes, dans certaines habitudes que je remarque. Beaucoup de choses que je vois ici font écho a ce que j’avais observé auparavant,  parmi les vietnamiens que je connais qui vivent en France ou aux États-Unis.
Je me rends compte que tout ce que j’ai vu parmi ces vietnamiens d’outre-mer n’était que le reflet parfois déformé d’un paysage bien plus immense : le Vietnam.

Je vois ma grand-mère dans les mouvements de gym exécutés chaque matin au bord du lac Hoan Kiem.
Je la vois encore dans le prix plus cher des jus d’oranges pressées sur les menus, car même en France elle ne jure que par cette boisson plus « chic » que les autres.
Je la vois encore dans les bouteilles d’eau minérale, si vitales ici.
Je la revois encore dans les fictions télévisées si eau-de-rose diffusées dans les cafés, dans les sacs bon marché vendus partout, dans les séances photos de jeunes gens dans la rue, dans l’habitude de frotter ses baguettes avec un mouchoir avant de s’en servir, et de commander ses boissons systématiquement sans glaçons…
Je vois mon arrière-grand-mère parfois quand je croise de vieilles dames qui sortent doucement de la pagode de mon quartier.
Je la recroise encore quand je passe devant ces autels des ancêtres qui sentent l’encens, et où j’entends encore ses prières rythmées, quasi chantées dans cette langue qui alors me semblait alors si mystérieuse.
Je vois ma cousine dans les chansons d’Abba diffusées partout et chantées a tue-tête dans les karaokés.
Je vois ma grand-tante américaine dans tous ces fruits acides mangés avec du sel.
Je vois ma mère dans ma façon de cuisiner.
Je vois Tatie dans le banh cuon.

Par contre, je n’ai pas trouvé un seul homme âgé aussi beau que mon grand-père.

Je vis dans un frigo (mais je me soigne)

Bonjour adorable (mais silencieux) lecteur !

Aujourd’hui je vais te parler d’un truc qui s’est passé la, le soir de la Saint Valentin : mon emménagement.

Je t’avais déjà parlé de ma trouvaille de ces dernières semaines, a savoir une chambre lumineuse dans une colocation anglophone dans le quartier expat, derrière un hôtel de luxe et a coté d’une pagode. Eh bien ça y est, j’y suis. J’y suis depuis trois jours et commence tout juste a m’y habituer et a ne plus prendre ce lieu pour un endroit quelque peu hostile.

Résumé de la situation. Il faut savoir (et je l’ai appris) qu’entre ce que tu vois pendant la visite et ce que tu découvres quand tu y débarques pour de vrai, eh bien il y a toujours quelques surprises. Florilège de mes fameuses découvertes en l’espèce :

je vis dans un frigo (cf le titre de l’article, si tu as suivi). Oh qu’elles étaient jolies, les baies vitrées qui faisaient entrer plein de lumière dans la maison que j’ai visite par vingt cinq degrés. Sauf que quand on débarque après que le thermomètre ait chuté de plus de dix degrés en l’espace de vingt-quatre heures, eh bien tu fais la gueule. Surtout qu’il faut pas rêver, y a pas de double vitrage. Résultat : une vague impression de faire du camping dans son nouveau chez-soi, équipée de son sac de couchage en soie (béni soit-il) et de sa polaire sans manches (coucou JC).

ma porte ne se ferme pas. Hein ? Elle ne se ferme pas… a clé ? Non non. Elle se ferme pas, tout court. Poignée cassée, trou de l’autre coté de la porte rafistolé, je n’ai qu’a m’en prendre qu’a moi-même, j’ai été trop naïve pour penser a ce type de problème durant ma visite. Ça va faire une belle entrée en la matière au moment de rencontrer mon proprio. Bilan aux dernières nouvelles et après un ultime rafistolage : ma porte se ferme a peu prés, mais très mal, une chance sur deux pour qu’elle se rouvre toute seule au bout d’un moment.

l’ancien locataire a embarqué les bureaux et la couverture : dur quand on croyait que ces adorables bureaux en bambou étaient pour vous et appartenaient a la maison, et dur dur quand on doit dormir dans un frigo (voir point du dessus). Bilan aux dernières nouvelles après système D : je dors avec un combo sac de couchage en soie une personne + couverture récupérée dans le salon + deux dessus de lit gentiment prêtés par une coloc. En mode emmitouflage bien sur. Ah, et j’oubliais : le supermarché du quartier vend de tout, sauf des couvertures.

une petite lampe de chevet nue et déprimante pour seule lumière : la chambre est lumineuse, sauf quand il fait nuit (c’est a dire souvent). Pour m’éclairer, une lampe vintage dont il faut tirer la vieille chaîne pour l’allumer. Jeux d’ombres déprimants dans la chambre. Y a un petit coté « les Autres » (tu sais, le film avec Nicole Kidman) des plus sympathiques. On s’y habitue.

le micro-onde est en panne : mais on a un vrai grand four qui marche (parait-il) (coucou Ju). Un mal pour un bien. Un deuxième sujet de conversation avec le proprio, youpiiie.

Bref, c’était une des Saint-Valentin les plus pourries que j’ai vécues.

Mais sinon, je n’ai pas a me plaindre. J’ai une baignoire sans rideaux et de l’eau chaude pas beaucoup pressurisée qui sort d’un pommeau relié a un tuyau d’arrosage rigide. J’ai une armoire avec des cintres (a partager avec Ryan qui a pas l’air d’avoir beaucoup de fringues). J’ai des colocs sympas mais discrets, souvent absents, avec lesquels on n’est pas toujours collé, mais qui globalement sont prêts a rendre service en cas de besoin. Bref, c’est comme si je vivais seule, mais avec une sorte de présence discrète a mes cotés. Ce n’est pas ce que j’imaginais dans un premier temps quand je pensais a une coloc, mais c’est un système qui n’est peut-être pas si mal en fin de compte. Pas de grande amitié fusionnelle, mais pas de psychodrames non plus. C’est peut-être mieux ainsi, et une façon plus mure de vivre ensemble, ou plutôt les uns a coté des autres. On s’est donné rendez-vous mercredi soir pour se voir et mieux se connaitre.

Edit : poignée de porte réparée (joie !), couverture récupérée dehors (les anciens locataires l’avaient en fait lavée pour moi), plafond de cuisine rafistolé. Ça va mieux !

Dernière petite chose : la pagode juste a coté. Elle est vraiment grande (surtout les extérieurs) et jolie. Elle m’émeut, je dirais même, et ce aussi a cause des personnes que j’y croise et que je trouve touchantes. J’ai aimé y passer pas longtemps, quand elle était plongée dans cette brume caractéristique d’Hanoï qui fait que les photos manquent de contraste et de rendu, mais qui quand on est sur place fait aussi tout le charme de cette ville.

Je te laisse donc sur ces quelques photos que j’ai prises en passant.

Tschüs !

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Et en bonus : une nouvelle tuile (c’est le cas de le dire) sur le plafond de la cuisine ! Je vous laisse admirer…

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J’irai dormir chez vous… pour le Têt

Et voilà enfin un article sur une question que, j’en suis sur, vous vous posiez tous : que se passe-t-il lors du Têt au sein d’une famille vietnamienne ?

Prenons l’exemple de la sympathique famille qui nous accueille en ce moment Ju et moi : la famille de Trang, la pote de fac de Ju.

Le Têt commence officiellement cette année dans la nuit du 30 au 31 janvier (ça change tous les ans, because calendrier lunaire). Mais la journée même du 30, il reste encore pas mal de trucs à faire : nettoyer les tableaux, le sol à l’intérieur et à l’extérieur de la maison, évacuer les feuilles tombées, etc.

Niveau bouffe, il y avait déjà pas mal de choses déjà préparées. Néanmoins avec Ju, nous avons eu le privilège de rouler les nems destinés à être dégustés le soir même. Dans la farce : des œufs (4 petits), de la farce de porc, des queues d’oignon, des champignons chinois coupés en tout petit au ciseau, des carottes râpées, des bouts de vermicelles transparents. Miam.

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A 19h, nous voilà à table avec quelques plats :
– des morceaux de poulet ou de coq avec les os
– une salade de vermicelles transparents aux abats de ce même poulet ou coq (apparemment c’est un plat spécial Têt)
– nos fameux nems
– du xoi, ou riz gluant (spécial Têt, mais pas de graines de soja comme je connais)
– du gia (orthographe approximative… Prononcer « ZAN »), de la mortadelle en grosses lamelles au large diamètre, emballé dans des feuilles de bananier, que Ju n’aime pas.

Vers 20h la mère de Trang nous emmène dans la pièce de l’autel avec la photo de la grand mère de Trang (la mère de son père) qui arbore un joli sourire de bétel. Sur l’autel, des gâteaux, un poulet entier déplumé, un paquet de café, de la bouffe… Il me semble que Trang m’a dit qu’il fallait déposer cinq fruits différents sur l’autel. Ce n’est pas si différent de la campagne très française des cinq fruits et légumes par jour !

Trois bâtonnets d’encens chacun. La mère nous les allume. On doit déposer, en le tenant par leur partie parfumée, un bâtonnet dans chacun des trois petits pots (je ne sais pas à quoi ils correspondent) dans lequel il y a déjà pas mal de traces de bâtons consumés.
Une fois ceci fait, on joint ses mains puis on fait avec celles-ci trois petits saluts d’un geste d’avant en arrière. C’est tout… Ça ressemble pas mal à un allumage de cierge, tout ça !

Je ne sais pas si cela correspond vraiment au culte ou non. C’est que Ju et moi nous avons été assez demandeuses de cette expérience, il est donc fort possible que nous avions eu une version très light du culte.

Plus tard, nous avons aussi confectionné des biscuits à base de farine de riz me semble-t-il, destinés au culte. De forme ronde aplatie, les bords doivent être lisses. Puis on les cuit dans l’huile, sans les coller, puis on les retourne. Une fois cuit, ils sont trempés dans du sirop de canne brun.

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On attend minuit, qui sonnera le vrai début des festivités. En attendant, on se matte un film en 3D sur l’énorme écran plat qui trône dans le salon.

Minuit arrive bientôt : le père de Trang reçoit l' »invité porte-bonheur ». Il s’agit du tout premier invité du Têt sensé porter chance à la famille pour l’année. Comment celui-ci est-il choisi ? C’est assez compliqué, mais apparemment cette personne est notamment choisie en fonction de sa date de naissance, de façon à ce que celle-ci soit, astrologiquement, en correspondance avec la date de naissance du patriarche (le père de Trang).

Avec ce porte bonheur, nous attendons minuit devant l’énorme télé branchée sur Vietnam TV (VTV pour les intimes), elle même branchée sur les deux gros feux d’artifice prévus pour l’occasion à Hanoi sur le lac Hoan Kiem et à Ho Chi Minh Ville.

À minuit pile, PAF, lancement des feux d’artifice et hymne national ! Après un gros plan sur le drapeau national, on a le droit aux vœux du Premier ministre, puis retour ensuite aux feux en eux-mêmes. Question de priorité !

Pendant ce temps là, le porte-bonheur distribue le lucky money à tout le monde (environ 50 000 dôngs par personne), mais sans enveloppe… On trinque puis il s’en va.

Commence alors un ballet incessant d’invités, de voisins, qui viennent, trinquent, souhaitent bonne année et repartent.

Trang nous dit que c’est à notre tour de partir : avec des amis à elle, nous enfourchons des motorbikes pour aller faire ce qui ressemble à une tournée des copains.

En effet, il faut bien comprendre que le Têt est souvent, pour les vietnamiens, l’occasion de revenir dans leur patelin d’enfance. On y retrouve donc souvent, chaque année, des amis d’enfance ou de collège. C’est plutôt joli pour garder le contact, alors même que chacun peut ensuite avoir des parcours très différents. Par conséquent, la plupart des amis de Trang avec qui nous fêtons le Têt sont des amis de l’époque du collège.

La plupart des copains chez qui nous nous arrêtons en chemin habitent sur la rue principale. On vient, on dit chuc mung nam moi (=bonne année), on se fait remplir un mini verre d’alcool, on trinque, on boit et on mange, au petit bonheur la chance, du bœuf séché qui arrache la gueule, des biscuits ou des bonbecs.

Chaque foyer a son ambiance propre, mais comporte des dénominateurs communs, comme les décos à base d’arbre à kumquat ou de branches de pêchers.

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Chaque étape peut durer cinq ou vingt minutes. Au bout d’un moment on s’en va, jusqu’à la prochaine visite de pote.

Pendant tout ce temps, Ju est the attraction de la soirée. Le fait qu’elle soit une fille qui ne rechigne ni à boire ni à fumer n’y est pas non plus pour rien 😉

De mon côté je teste plusieurs techniques pour ne pas trop boire : surtout garder son verre à la main pour éviter d’être resservie, faire style de faire cul sec mais ne pas tout boire, ou encore… trinquer au thé, ce qui a bien fait rire tout le monde, mais à situation désespérée, moyens désespérés.

La dernière étape, à deux pas de chez Trang, était plutôt sympathique car elle a réuni trois jeunes frères fans de hip-hop qui n’ont pas résisté à l’envie de nous faire une démonstration sur le carrelage de leur maison. J’ai souri à l’idée de voir du hip hop dans un lieu aussi reculé et j’ai un peu flippé de les voir se rouler la tête sur un sol aussi dur, mais ils s’en sont bien sortis et nous ont offert une bonne fin de soirée.

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Coucher à 2h30/3 heures.

Bonne nuit et chuc mung nam moi.

Et en photo : la superbe maison des parents de Trang dans un style rococo des plus harmonieux

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Lost In translation, ou comment j’aurais au fond, trop voulu ressembler à Scarlett Johansson

… Mais en fait non. C’est beaucoup moins classe que dans un film de Sofia.

Pour être lost, je suis lost, c’est même un peu la loose (mais pas trop encore, ça pourrait être pire).
Pourquoi ? Pour tout et pas grand chose.

En vrac, je ne pense pas prendre ce superbe appartement tout de suite. J’ai plutôt besoin d’être entourée, de personnes sympas avec qui on pourrait échanger des bons plans pour apprivoiser cette drôle de ville qu’est Hanoi. Avec qui je pourrais boire des bières tranquillement, pousser une gueulante sur mon boulot ou juste discuter 5 minutes le soir quand je rentre chez moi.

Tout ça c’est beau mais si vous connaissez ma tendance à avoir du mal à me décider par peur de me planter, vous savez que j’écume les sites d’annonce sans sauter le pas de la visite (parce que c’est loin, que ça coûte du taxi, que si ça se trouve la salle de bain est pourrie) et encore moins de l’engagement (par ce que OH MON DIEU je vais dépenser du fric, parce que j’ai pas rencontré mes futurs voisins et que sur ces inconnus repose une grande partie de mon bien-être futur ici…).

Une grosse épine dans le pied, quoi. Même si je flippe à l’idée de quitter Ju et Gi (mais z’ont quand même droit à leur intimité, les pauvres), je me console en me disant qu’au moins j’aurai la place de mettre mes trucs dans la salle de bain autrement que dans un sachet plastique et que mes fringues ne sentiront plus la cigarette (enfin, moins souvent, parce que ça fume bien ici, à moins d’un euro le paquet…). Ils sont quand même adorables, à pas trop me pousser vers la porte… Mais je veux pas abuser non plus.

Ensuite, j’ai pas aimé le soi disant quartier super cool des expat, j’ai nommé Tay Ho. D’un côté, des baraques au bord du lac mais que je trouve artificielles (et rapport qualité prix bof bof, cf l’appart´ tout humide). De l’autre, des quartiers au bord d’une route goudronnée aux bords poussiéreux (certes, les maisons tradi sont pas mal) que je me dis que ça craint, et puis merde, trop de poussière quoi. Pas accroché. (edit : avec le recul, je me dis qu’effectivement, mon premier contact avec Tay Ho ne rendait pas vraiment justice a ce quartier)

En fait, je crois que rien me plait car être seule avec soi même ça tape sur les nerfs. D’ailleurs j’ai en tête cette vieille chanson de -M- qu’il avait chantée au Zénith (pas vrai Moman ?). Les bo bun ont moins de saveur quand on les mange pas avec ceux qu’on aime.

Pour en revenir au titre de ce post, hier soir j’ai voulu passer dans un temple qui ne semblait pas très loin de mon boulot sur la carte de mon guide Harraps. Je pensais tomber sur un truc relativement calme dans lequel j’allais pouvoir me poser… Que nenni, comme partout y a du bruit et un mec qui fait des psaumes dans un micro. Dans la petite cour y a aussi des gens qui bavardent, mangent du riz, etc. Je ne vais tout de même pas devoir aller jusqu’à la cathédrale pour trouver un peu de quoi me recentrer ! Bref, au temple de Ba Da j’étais toute paumée, en mode ahurie et ne comprenant rien.

Bref. À toi B. qui ne supportes pas les vacances car elles sont trop courtes : les vacances c’est bien car tu sais qu’à la fin tu rentres chez toi. Et que tu es sur de t’y sentir bien. De mon côté je n’ai aucune garantie de me sentir bien dans les six mois à venir… Et je ne suis pas libre 5 jours sur 7. Au bout d’une semaine, passée la découverte, j’aimerais tellement parfois revenir et ne plus tournebouler dans un lieu dont je pense ne jamais pouvoir comprendre quoi que ce soit !

En photo : la prière bruyante du temple Ba Da.

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