Un premier de l’an réjouissant

C’est officiel, nous avons quitté l’année du Serpentard pour retrouver un ami un peu plus attrayant, j’ai nommé le Cheval.

Trang nous a encore une fois offert de très bons moments à l’occasion du nouvel an. Réveil plus ou moins facile, mangeage du midi (bonjour le banh tueng !) et c’est parti pour une petite promenade dans les montagnes.

On enfourche les motorbikes et on part tous ensemble, Ju, Trang, ses amis et moi. La route est en elle-même magnifique et je m’aventure à la prendre en photo tout en étant sur la moto. Je doute que beaucoup de touristes prennent le temps de s’arrêter dans ce coin-là et me rends compte de la chance que j’ai d’être ici. Les photos parlent d’elles-mêmes…

Après environ 20 minutes de route où on passe, dans l’ordre, au bout de la rue principale du village,

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puis sur des ponts donnant sur le fleuve bordé de montagnes,

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puis devant des maisons au milieu de la campagne avec des bœufs (que je n’ai malheureusement pas pu photographier), puis sur des chemins de terre plus périlleux (j’ai du ranger mon appareil photo pour m’accrocher à la moto),

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on finir par lâcher nos motos en haut d’une colline.

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Sur cette colline, beaucoup de jeunes vietnamiens aiment se reposer et pique-niquer. Cela se voit malheureusement au nombre de feux éteints ou de détritus laissés sur l’herbe desséchée. Trang me dit qu’avant l’herbe était bien verte, et je veux bien la croire. Quoi qu’il en soit, nous voici devant un très beau paysage et sous un joli soleil. On s’assoit, on plaisante, on prend des photos (les vietnamiens adorent se prendre en photo).

Au bout d’un moment on décide de partir. Et la : surprise ! Le chemin du retour est un peu différent de celui de l’aller. On passe sur un pont de bambou suspendu sur l’eau. Le tout avec les motos ! Justine et moi descendons et remontons le pont à pieds. C’est plutôt rigolo et bruyant (le bambou, ça craque) mais il ne fait pas avoir peur. En tout cas le paysage autour est superbe. On remonte sur nos motos puis on rentre…

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Après un peu de repos et un bon repas, nous voilà repartis avec les amis de Trang pour une soirée karaoké. Il s’agit d’un petit complexe avec des pré-fab numérotés. On prend la salle numéro 4. Là nous attendent une bonne caisse de Bia Hanoi et des choppes destinées à accueillir la bière. Les vietnamiens n’ont pas encore établi de législation limitant le nombre de décibels émis, et ça se voit (ou plutôt, ça s’entend… Ou pas) ! Ça gueule à fond dans les micros avec des tonnes de reverb. Une ambiance pas si loin de la scène du karaoké de Lost In Translation, la vietnamese touch en plus !

Et c’est parti pour deux heures et demie de chansons, pour la plupart vietnamiennes, assez variées et qui oscillent entre la chanson romantique et l’eurodance la plus vitaminée (oui, même eux s’y sont mis…). La plupart des vietnamiens chantent vraiment très bien. Je chante quelques trucs en anglais (Dancing Queen, Lovefool, …) et me récupère quelques compliments. Ju a même réussi à chanter Baby One More Time, malgré une version remix complément pourrie encore pire que la chanson originale !

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Nous sommes rentrées vers 23h, les oreilles bourdonnantes, la voix enrouée, tandis que la plupart des garçons de la soirée sont parti boire encore plus d’alcool.

Sur ce, je vous souhaite une très bonne année du Cheval.

Et en photo bonus : un selfie particulier pris dans un rétroviseur de moto en pleine route

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Tschüs !

 

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J’irai dormir chez vous… pour le Têt

Et voilà enfin un article sur une question que, j’en suis sur, vous vous posiez tous : que se passe-t-il lors du Têt au sein d’une famille vietnamienne ?

Prenons l’exemple de la sympathique famille qui nous accueille en ce moment Ju et moi : la famille de Trang, la pote de fac de Ju.

Le Têt commence officiellement cette année dans la nuit du 30 au 31 janvier (ça change tous les ans, because calendrier lunaire). Mais la journée même du 30, il reste encore pas mal de trucs à faire : nettoyer les tableaux, le sol à l’intérieur et à l’extérieur de la maison, évacuer les feuilles tombées, etc.

Niveau bouffe, il y avait déjà pas mal de choses déjà préparées. Néanmoins avec Ju, nous avons eu le privilège de rouler les nems destinés à être dégustés le soir même. Dans la farce : des œufs (4 petits), de la farce de porc, des queues d’oignon, des champignons chinois coupés en tout petit au ciseau, des carottes râpées, des bouts de vermicelles transparents. Miam.

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A 19h, nous voilà à table avec quelques plats :
– des morceaux de poulet ou de coq avec les os
– une salade de vermicelles transparents aux abats de ce même poulet ou coq (apparemment c’est un plat spécial Têt)
– nos fameux nems
– du xoi, ou riz gluant (spécial Têt, mais pas de graines de soja comme je connais)
– du gia (orthographe approximative… Prononcer « ZAN »), de la mortadelle en grosses lamelles au large diamètre, emballé dans des feuilles de bananier, que Ju n’aime pas.

Vers 20h la mère de Trang nous emmène dans la pièce de l’autel avec la photo de la grand mère de Trang (la mère de son père) qui arbore un joli sourire de bétel. Sur l’autel, des gâteaux, un poulet entier déplumé, un paquet de café, de la bouffe… Il me semble que Trang m’a dit qu’il fallait déposer cinq fruits différents sur l’autel. Ce n’est pas si différent de la campagne très française des cinq fruits et légumes par jour !

Trois bâtonnets d’encens chacun. La mère nous les allume. On doit déposer, en le tenant par leur partie parfumée, un bâtonnet dans chacun des trois petits pots (je ne sais pas à quoi ils correspondent) dans lequel il y a déjà pas mal de traces de bâtons consumés.
Une fois ceci fait, on joint ses mains puis on fait avec celles-ci trois petits saluts d’un geste d’avant en arrière. C’est tout… Ça ressemble pas mal à un allumage de cierge, tout ça !

Je ne sais pas si cela correspond vraiment au culte ou non. C’est que Ju et moi nous avons été assez demandeuses de cette expérience, il est donc fort possible que nous avions eu une version très light du culte.

Plus tard, nous avons aussi confectionné des biscuits à base de farine de riz me semble-t-il, destinés au culte. De forme ronde aplatie, les bords doivent être lisses. Puis on les cuit dans l’huile, sans les coller, puis on les retourne. Une fois cuit, ils sont trempés dans du sirop de canne brun.

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On attend minuit, qui sonnera le vrai début des festivités. En attendant, on se matte un film en 3D sur l’énorme écran plat qui trône dans le salon.

Minuit arrive bientôt : le père de Trang reçoit l' »invité porte-bonheur ». Il s’agit du tout premier invité du Têt sensé porter chance à la famille pour l’année. Comment celui-ci est-il choisi ? C’est assez compliqué, mais apparemment cette personne est notamment choisie en fonction de sa date de naissance, de façon à ce que celle-ci soit, astrologiquement, en correspondance avec la date de naissance du patriarche (le père de Trang).

Avec ce porte bonheur, nous attendons minuit devant l’énorme télé branchée sur Vietnam TV (VTV pour les intimes), elle même branchée sur les deux gros feux d’artifice prévus pour l’occasion à Hanoi sur le lac Hoan Kiem et à Ho Chi Minh Ville.

À minuit pile, PAF, lancement des feux d’artifice et hymne national ! Après un gros plan sur le drapeau national, on a le droit aux vœux du Premier ministre, puis retour ensuite aux feux en eux-mêmes. Question de priorité !

Pendant ce temps là, le porte-bonheur distribue le lucky money à tout le monde (environ 50 000 dôngs par personne), mais sans enveloppe… On trinque puis il s’en va.

Commence alors un ballet incessant d’invités, de voisins, qui viennent, trinquent, souhaitent bonne année et repartent.

Trang nous dit que c’est à notre tour de partir : avec des amis à elle, nous enfourchons des motorbikes pour aller faire ce qui ressemble à une tournée des copains.

En effet, il faut bien comprendre que le Têt est souvent, pour les vietnamiens, l’occasion de revenir dans leur patelin d’enfance. On y retrouve donc souvent, chaque année, des amis d’enfance ou de collège. C’est plutôt joli pour garder le contact, alors même que chacun peut ensuite avoir des parcours très différents. Par conséquent, la plupart des amis de Trang avec qui nous fêtons le Têt sont des amis de l’époque du collège.

La plupart des copains chez qui nous nous arrêtons en chemin habitent sur la rue principale. On vient, on dit chuc mung nam moi (=bonne année), on se fait remplir un mini verre d’alcool, on trinque, on boit et on mange, au petit bonheur la chance, du bœuf séché qui arrache la gueule, des biscuits ou des bonbecs.

Chaque foyer a son ambiance propre, mais comporte des dénominateurs communs, comme les décos à base d’arbre à kumquat ou de branches de pêchers.

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Chaque étape peut durer cinq ou vingt minutes. Au bout d’un moment on s’en va, jusqu’à la prochaine visite de pote.

Pendant tout ce temps, Ju est the attraction de la soirée. Le fait qu’elle soit une fille qui ne rechigne ni à boire ni à fumer n’y est pas non plus pour rien 😉

De mon côté je teste plusieurs techniques pour ne pas trop boire : surtout garder son verre à la main pour éviter d’être resservie, faire style de faire cul sec mais ne pas tout boire, ou encore… trinquer au thé, ce qui a bien fait rire tout le monde, mais à situation désespérée, moyens désespérés.

La dernière étape, à deux pas de chez Trang, était plutôt sympathique car elle a réuni trois jeunes frères fans de hip-hop qui n’ont pas résisté à l’envie de nous faire une démonstration sur le carrelage de leur maison. J’ai souri à l’idée de voir du hip hop dans un lieu aussi reculé et j’ai un peu flippé de les voir se rouler la tête sur un sol aussi dur, mais ils s’en sont bien sortis et nous ont offert une bonne fin de soirée.

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Coucher à 2h30/3 heures.

Bonne nuit et chuc mung nam moi.

Et en photo : la superbe maison des parents de Trang dans un style rococo des plus harmonieux

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Tu sais que c’est bientôt le Têt quand…

Le Têt c’est cette nuit !

Edit : enfin plutôt hier soir, je finis cet article le lendemain du réveillon 😉

Coup d’envoi à minuit pour manger, chanter et faire la fête !

Mais d’abord, qu’est-ce que le Têt ?

De façon très caricaturale, je dirais que pour le moment je vois le Têt comme étant une fête mélangeant Noël (car réunion de famille, et chacun revient dans sa ville natale, donc grosse diaspora) et Halloween (car les morts ont un droit de regard sur leur descendance ce jour-là).

Mais attention, il ne s’agit pas juste d’une nuit de réveillon et puis c’est tout ! Le Têt, ça se prépare. Voici donc un cocktail de signes avant-coureurs de cette fête très importante (c’est jour férié pour tout le monde pendant au moins 5 jours) :

1/ la déco de rue : les rues se parent de lumières (encore plus que d’habitude), et de fleurs en pot disposées dans des trépieds qui font de jolies parterres dans la ville. Le cheval est un bon animal de déco et se trouve partout. Les drapeaux vietnamiens sont omniprésents.

2/ les fleurs : partout, les vietnamiens décorent leur maison et leur bureau d’arbres à kumquats (mini-oranges) et de branches de pêchers (jolis bourgeons de fleurs roses). Dans le sud, un autre arbre, à fleurs jaunes cette fois, remplace le pêcher.

3/ les poissons : le vendredi avant le Têt, soit une semaine avant, les vietnamiens achètent puis relâchent des carpes un peu partout dans la ville, souvent dans l’un des nombreux lacs d’Hanoï. Malheureusement parfois ces poissons sont retenus dans leur sac plastique accroché aux branchages plutôt que de rejoindre leurs compagnons dans l’eau. Apparemment, cette tradition de la carpe s’explique par le fait que l’esprit du foyer, se trouvant dans la cuisine, doit faire son rapport annuel au monde des esprits pour chaque Têt afin de dire si la famille s’est bien comportée. Pour ce faire, cet esprit préfère chevaucher une carpe, car c’est la classe.

4/ des tas de trucs bizarres sur les motos (encore plus que d’habitude) : très logiquement, les arrières des motos abondent de sacs contenant des carpes vivantes, des grands arbres à Kumquat et des branches de pêchers qui peuvent prendre de grandes hauteurs. Mais on finit par s’habituer.

5/ le bordel sur les routes (encore plus que d’habitude) : c’est la cohue en ville, les motos se pressent et se frôlent, tout le monde est tendu avant les vacances étant donné le nombre impressionnant de trucs à faire et à préparer… Entre les différentes villes et villages, les transports sont vite bondés et si on ne s’y prend pas assez tôt à l’avance, il est difficile de chopper des trains, ou des avions pour faire du tourisme car tout devient vite complet, pour cause de retour de chacun dans la ville de ses parents (ou beaux parents si on est une femme qui vient de se marier)

6/ le grand nettoyage de printemps : étant donné qu’apparemment, le Têt est une période durant laquelle les ancêtres peuvent venir voir la vie de leur descendance par le trou de la serrure, ça fout une sacrée pression sur chaque famille qui veut être bien vue. Du coup, il faut que tout soit nickel. On brique la maison, les extérieurs, les trottoirs devant la maison, les voitures, les motos, les cadres des énormes photos de famille, etc etc. Et ça prend un certain temps, le plus souvent plusieurs jours, et ce jusqu’au dernier moment.

7/ des poulets, partout : J’ai appris plus tard que c’était un plat traditionnel du Têt. Résultat, y en a partout dans les rues à vendre vivants, dans des cages de forme cylindrique (plutôt original).

8/ le lucky money et ses conséquences : une des traditions du Têt est de donner aux enfants des sous glissés dans de petites enveloppes rouges vendues partout dans les rues. Le montant n’est pas forcément important mais si y a beaucoup d’enfants ça fait des frais. De cela résulte une forme de pression car au final, le Têt finit par devenir cher. Par conséquent, un certain nombre de vietnamiens cherchent cet argent par divers moyens, ce qui peut passer par des tarifs « occidentaux » ou des « frais non prévus » pratiqués de façon plus soutenue que d’habitude, diverses arnaques de type fausse collecte humanitaire (pas vu), ou encore une augmentation momentanée des atteintes aux biens (pas vu non plus, ouf).

9/ des cadeaux, encore des cadeaux : le pré-Têt, c’est aussi une période durant laquelle il faut user de talents de diplomatie, notamment dans le domaine de l’entreprise ou le domaine associatif, ou encore entre voisins. Chaque personne établit une liste de partenaires auxquels envoyer des cadeaux. Cela arrive par exemple lorsque du destinataire dépend pas mal de choses comme le choix de tel intervenant plutôt qu’un autre… Mon entreprise d’accueil a eu des biscuits danois au beurre dans une grande boîte de métal par exemple. Il ne faut pas se tromper entre la bouteille ou la boîte de chocolat, mais le processus de décision m’a semblé trop subtil. La famille de Trang, elle, a eu des tas de poulets (cf point 7).

Voilà, vous avez un aperçu de ce que peut être l’ambiance précédant le Têt ici au Vietnam. C’est une période qui je pense est à vivre sur place, mais qui n’est généralement pas recommandée pour les touristes, en raison des inconvénients que je vous ai mentionnés (plein de trucs fermés, transports vite pris, des routes de dingue, plus de chances de connaître des petits désagréments).

Prochain article : la soirée du Têt en elle-même.

Tschüs ! Et bonne année !

PS : la « maison de mes rêves » est revenue à un autre candidat… Je suis triste et colère. Je sais pas quoi faire, le temps presse, et je ne peux pas visiter car pas à Hanoi. Bouh.

Pékin Express

En voilà une journée qu’elle fut enrichissante !

Mercredi 9h30, me voilà partie avec Ju en direction de la gare routière.
Objectif : prendre un car qui en 3 heures environ, nous amènerait dans la village natal de Trang, la copine de Ju chez qui on passera le Têt.

Pas de bol, ce fameux car on le trouve pas, et Ju est assaillie par des dizaines de regards curieux et des interjections pour le moins agressivement commerciales. On nous balade entre des rangées hyper serrées de cars qui se ressemblent tous… On craque et on monte dans un bus, qui, nous semblait-il, nous amenait à Thang Hoa.

Ou plutôt à Ba Tueng, notre ville de destination se trouvant dans la province de Thang Hoa.

Ou plutôt le district de Cahn Nahn, se trouvant lui-même dans Ba Tueng… Enfin, d’après ce que j’ai compris.

Tout ça pour dire que je pensais aller dans une grande ville et que finalement on se retrouve dans un petit district avec une rue principale… La presque campagne, quoi. Et c’est à peu près tout.

Bref…

On prend le car, on appelle Trang pour lui dire que ce n’est pas le car qu’elle nous a indiqué, elle nous dit que ce car là ne va pas, on tente de sortir du car mais les employés de la compagnie nous bloquent physiquement, et avec le sourire en plus. Personne ne parle autre chose que le vietnamien, et tout le monde fait semblant de ne pas comprendre qu’on veut sortir, alors même qu’on se trouve encore sur le parking et que techniquement, on peut sortir. Le temps que tout ce joyeux monde gagne du temps en faisant semblant de ne pas comprendre, nous voilà parties sur les routes et contraintes de payer un tarif spécial « occidentales » dans un car qui nous emmène on ne sait où !

Finalement on apprend que le car nous amènerait bien à destination, mais moyennant un temps de retard indéterminé. On prend notre mal en patience dans ce car dans lequel j’avais vu, quelques minutes auparavant, un cafard s’ébattant joyeusement sur la paroi latérale du véhicule. On trouve place assise au dernier rang, un peu en hauteur, ce qui je pense nous évite de nous sentir tout de suite malades.

Environ trois heures plus tard, le car fait ce qu’on pensait être une pause. On nous dit de sortir du véhicule, on se trouve avec nos sacs sur une route dans un village paumé, et là, on nous dit gentiment – et toujours avec le sourire – qu‘on doit rester là, sur la route, à attendre un autre car, qui arrive… Quand déjà ? On sait pas trop, on comprend rien. Est-ce que ce nouveau car nous conduirait à Ba Trueug ? Mmh, mystère.

Un gars de la compagnie de bus sur place nous propose d’appeler un taxi – ou un pote à lui qui ferait office de taxi – pour nous amener tout de suite à Ba Tueug pour la modique somme de 400 000 dôngs, ce qui nous aurait fait un voyage aller par personne d’environ 16 dollars, soit un sacré budget pour le contexte, auquel nous n’étions pas préparées.

« Appelle Trang », je dis à Ju. Je crois que c’est une des phrases que j’ai le plus dites à Ju pendant cet journée. C’est ce qu’elle fait. On pense à un moment que sa sœur peut venir nous chercher sur place. On attend sur la route, dans ce truc paumé avec nos sacs et les voitures et motos qui défilent. Fou rire. « Tu te rends compte, Ju, on est en train de faire Pékin Express, là ! »

Finalement c’est un mec qui arrête son 4×4 devant nous, un téléphone à la main, qu’il nous tend et avec Trang au bout du fil. On apprend que ce mec c’est son oncle, qu’il ne parle que vietnamien et qu’il nous emmène chez lui pas loin pour attendre le futur bus qui passe à 18 heures (il est un bon 15 heures).

Ouf, enfin un peu de repos. Maison super jolie et moderne, devant une station essence, avec une ferme d’un côté et des rizières de l’autre. On ne pourra pas dire qu’on n’est pas sortis des circuits touristiques !

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Une bonne soupe nous requinque et on en profite pour réviser notre vietnamien et faire des fiches de vocabulaire. La vue est superbe et l’ambiance reposante, on fait connaissance avec la petite cousine de Trang âgée de 2 ans et très craquante. Pour communiquer avec nous, la tante tape des phrases en Viêt dans le Google Traduction de son téléphone portable et nous tend son téléphone pour qu’on aie une traduction approximative en français. C’est plutôt rigolo.

Vers 18 heures on repart vers l’arrêt de car. Le soir tombe et on désespère un peu. Finalement ce n’est pas un gros car qui nous attend mais une grosse bagnole 9 places bien charpentée.on comprendra pourquoi par la suite. On monte en compagnie d’autres clients de la compagnie, ça nous rassure un peu, on ne sera donc pas dans un taxi véreux qui nous rackettera dans un lieu paumé 😉

Et c’est parti pour la dernière partie de la route… Qui durera deux heures tout de même ! Et pas dans n’importe quelques conditions : la voiture traverse des petits chemins de campagne plongés dans le noir, très irréguliers – les suspensions sont à toute épreuve – , des ponts sans barrière latérale et des dos d’âne à n’en plus finir. À la fois je regrette qu’il ne fasse plus jour et qu’on ne puisse plus profiter du paysage. Et puis quand je devine les multiples ravins au bord de ces ponts de fortune, je me dis finalement qu’être plongé dans le noir c’est un peu moins stressant.

La femme à côté de moi n’arrête pas de vomir dans des mini sacs plastique fournis par la compagnie qu’elle jette par dessus bord une fois utilisés. J’espère qu’elle est malade à cause du transport et pas d’autre chose ! Elle me demande même si elle peut dormir sur mon épaule après tout ça !! Vers la fin du voyage je commence aussi à ne pas me sentir très bien. Je crois que c’est parce que durant toute la journée j’avais retenu mon mal des transports mais que là, c’en était trop. (Il vaut mieux penser ça que de se dire que je suis contaminée par une gastro atomique de ma voisine vietnamienne !)

Je vous ai dit que j’avais oublié de prendre à la fois mes cachets pour le mal des transports et mon spray anti moustiques ?

Bien mal m’en a pris.

En arrivant (enfin) chez Trang, sous le coup des huit heures (le voyage, sur une distance de 100 km, a donc duré plus longtemps qu’un Paris-Hanoi), je me suis rendue compte, comme je le disais en début d’article, que je n’étais pas dans une grosse ville comme prévu, mais dans un village, avec ce que cela comporte de moustiques. Trang m’a assuré que y en avait pas dans sa chambre (j’en ai vu deux) d’où l’absence de moustiquaire… Lorsque j’ai compris que je me suis fait bouffé mes jambes même au travers d’un épais jean, j’ai lourdement insisté pour l’avoir quand même, cette moustiquaire…

Durant la soirée de mercredi je suis restée bien vaseuse, peut-être un contre-coup du transport. J’espère que ça ira mieux le jour du Têt, il faut s’attendre à avoir plein de trucs à manger !

Prochain article que je compte faire : les signes avant-coureurs du Têt.

Tschüs !

J’ai trouvé la maison de mes rêves

… et ça valait bien un article de blog.

Vous vous souvenez de mon dernier post, avec un lien vers une annonce (cf plan No 2 de la semaine) ? Eh bien les photos de cette annonce ne sont rien comparé a la réalité !! Maison gigantesque, ambiance chaleureuse, cuisine pleine de promesses, vrai lit deux places, salle de bain privative et magnifique, balcon idéal pour les beaux jours, emplacement royal juste derrière le Sheraton et directement face au lac  de l’Ouest, a deux pas de la rue des expats et d’une boulangerie française… Je veux je veux je veux cette chambre ! Mais j’ai bien peur que tout le monde la veuille !! Je me suis montrée très (trop ?) enthousiaste lors de la visite. Réponse fin de semaine. J’ai peur d’avoir agace l’australien qui m’a fait visiter. Seul souci avec cette maison (a part le fait que la réponse n’est que fin de semaine), c’est qu’elle n’est dispo que le 11 février. Mais je suis prête a faire le pied de grue à l’hôtel s’il le faut, c’est dire si je suis motivée !

Edit : Perduuu. Les colocataires ont choisi quelqu’un d’autre parmi les personnes venues visiter après moi, sur des critères assez obscurs. Je peux vous avouer que j’ai assez eu la haine, même si je devais vite me reprendre, fête du Têt oblige.

Tout à l’heure je vais voir une chambre d’une coloc 100% fille (je peux même avoir une ristourne de 15 dollars parce que je suis une fille 🙂 ), moins glam (surtout niveau quartier et salle de bains) mais 50 dollars moins cher que la grande maison (et tout est compris). A priori, ce serait mon 2e choix. A voir si je vais pas me faire coiffer au poteau sur ce plan, si malheureusement mon 1er choix m’échappe 😦

Edit : En réalité il y avait un gars au premier (très sympa au demeurant) et une fille au second avec qui partager la salle de bain. J’ai hésité à la prendre car l’ensemble avait de bons arguments, mais suis contente d’avoir renoncé après avoir découvert que mon dos n’était pas fait pour les matelas durs vietnamiens.

Sinon, pour le Têt je me suis décidée à le passer chez la famille de Trang, l’amie de fac de Ju. Ju craignait être en quelque sorte un poids pour son amie, qui sera la seule de toute la famille à parler autre chose que le vietnamien… Alors quitte à amener un boulet à la fête de Trang, autant en emmener deux 😉

La fête durera trois jours et se déroulera a Thang Hoa,  une province de Hanoi mais située tout de même à une centaine de km de Hanoi, donc un bon 3h de bus. Le père de Trang est maire ou quelque chose comme ça, bref un mec qui a l’air important. J’ai décidé d’y aller sans arrière pensée et de me laisser aller un peu, j’ai l’impression que d’être seule au Vietnam m’apprend beaucoup sur mes défauts et l’un d’eux est d’être trop angoissée et de vouloir trop contrôler les choses. Un peu de relâchement et de curiosité me fera le plus grand bien !

PS : enfin eu des nouvelles de la chambre au centre ville avec piano. Quelqu’un a été plus rapide que moi et a payé la caution peu après ma visite…

PPS : ma cheville va un peu mieux mais j’ai du mal à rester immobile.

PPPS : et en bonus, voici LA chanson qui est diffusée absolument PARTOUT a Hanoï en ce moment : http://www.youtube.com/watch?v=3Uo0JAUWijM

Édit : et voilà que cette maison me passe sous le nez malgré un bon feeling sur mes chances de l’avoir. Ils ont choisi quelqu’un d’autre… Gros coup de blues. Je crains que la maison plan B ne me convienne pas forcément car trop vietnamienne, or je sens que j’aurai besoin de soutien moral pendant ces six prochains mois et j’ai peur d’un certain décalage culturel avec des coloc vietnamiens. Retour à la case départ…

Sans appart’ fixe, sans Têt fixe

En ce moment, deux questions trottent dans ma tête et me sont posées régulièrement :

1/ Alors, t’as trouve un logement ?

2/ Et tu fais quoi pour le Têt ?

Prenons ces deux questions dans l’ordre, si vous le voulez bien.

1/ Sans appart’ fixe

La dernière session de recherche de logement (chaque session, dans ma tête, se déroulant sur une semaine) s’est soldée par un échec. Grisée par cette envie de vivre à deux pas du boulot, du lac Hoan Kiem, et d’un putain de piano, je n’avais plus goût à rien d’autre, et tous les autres logements me paraissaient fades. J’ai donc tardé à prendre une décision sur d’autre logements somme toute moyens (ni bon ni spécialement mauvais, mais aucun dans lequel je le « sentais » vraiment bien). Et comme j’ai mis deux jours a me décider pour cette chambre à deux pas du lac, la proprio n’a pas daigné me répondre… A moins peut-être qu’elle n’ait pris peur lorsque je lui ai « naïvement » parlé de contrat à signer (j’me crois en France, moi… sachant que même sous agence, Ju et Gi ont réussi à avoir un récépissé du paiement de leur caution… sur un post-it) ? Le mystère demeurera, mais quoi qu’il en soit, il faut faire le deuil de cette tentation de la proximité et du piano.

A côté de ça, la semaine dernière, j’ai visité deux chambres à Doi Can, rue longue et animée qui est une parallèle au nord de Kim Ma, là où je me trouve actuellement. Elles étaient ni bonnes ni mauvaises (à part le fait qu’elles étaient au fond d’un dédale de ruelles étroites) et pourtant, sans vraiment savoir pourquoi, un peu bêtement je suppose, j’ai dit non. Je devais même visiter une troisième chambre dans une maison se trouvant dans exactement le même dédale de ruelles, mais j’ai décliné… De la bêtise, encore ?

Cette semaine, nouvelle session. Dans mon escarcelle, deux plans :

– un couple 100% vietnamien et 100% exclusivement vietnamophones (ça se dit comment en vrai, d’ailleurs ?) dans une maison très vietnamienne louent pour une poignée de dollars une chambre d’enfants (avec des étoiles sur les murs) puisque les leurs sont partis faire leurs études au Canada. Ce plan m’a été fourni par Truong, le père de mon amie Quyen, monsieur extrêmement sympathique au demeurant et qui joue pour moi, à Hanoï, le rôle d’un protecteur. Les avantages de la chambre sont le prix et la proximité avec un arrêt de bus pour une ligne qui va vers le lac, malgré une distance importante par rapport au centre (mon budget logement + transport pourrait alors facilement se diviser en deux). Le deal est en lui-même sympathique, malgré le caractère enfantin de la chambre (deux lits une personne, un rose un bleu, en tête-bêche, on a rarement vu aussi sexy, n’est-ce pas  Chéwi ?). Seulement je ne pense pas la prendre. Trop peur d’être lost in translation. De ne pas parler à des gens de mon âge qui parlent vaguement anglais. De me sentir terriblement seule, dans une maison dont les normes sont assez décalées, avec des personnes avec qui il sera difficile de communiquer autrement que pour le strict nécessaire… Ai-je tort ? Est-ce que je fais ma difficile ?

– je nourris beaucoup d’espoirs pour le deuxième plan ( http://tnhvietnam.xemzi.com/en/c/1/propertylisting/show/249963/room-in-tay-ho-265-hanoi ). La salle de bain est privative et comporte une vraie douche, le pied total. La cuisine est grande et on peut y préparer plein de trucs. Les colocs sont cosmopolites et cela appelle à l’échange (et y a pas que des mecs). Le lit a l’air d’avoir une largeur plus que raisonnable. Même si je vois que c’est trop ceci, pas assez cela, trop grand, trop de monde… Je prendrai quand même, parce que merde, y en a marre quoi. L’emplacement n’a pas l’air trop mauvais, près du lac (l’autre, le grand lac de l’Ouest) et de la rue animée ou les expats viennent faire la fête tous les soirs (aka Xuan Dieu). Chambre pas donnée mais dans mon budget, et le prix se comprend vu la gueule de la douche et de la salle de bain en général. Seul souci : libre a partir du 10 février… La fin du dédale ??

– A cote de ça, des plans en attente : une ch’tite maison a louer à moi toute seule pas trop loin du boulot… mais je serais toute seule. Plan fourni par Mai, chanteuse du groupe. (edit : pas visité finalement) Et aussi peut-être une colocation a Doi Can (encore !!) que connait un pote français de membres du groupe de musique (edit : prise avant d’avoir pu être visitée), ou encore une chambre correcte/moy-moy (pas de vraie douche 😉 ) a prix plutôt raisonnable et pas trop loin du centre (pas encore appelé, j’attends les photos de la cuisine). (edit : il s’agit de la maison viet sympa dont je parle ensuite, aka le plan B)

2/ Sans Têt fixe

Le Têt constituant la seule période fériée longue  (sinon les vietnamiens ont deux semaines de vacances par an), il est inconcevable pour un vietnamien de ne rien avoir prévu pour les fêtes.

…comment dire ?…

Pour le réveillon en lui-même (du 30 au 31) j’espérais plus ou moins le passer avec Truong, le père de Quyen. Néanmoins il m’a été difficile de lui demander de passer le Têt avec lui car je ne voulais pas lui forcer la main. De plus je ne veux pas abuser de leur gentillesse… Je m’apprête à refuser la proposition de guest house décrite ci-dessus alors qu’ils se plient un peu en quatre pour moi. J’ai la désagréable sensation d’être ingrate et malpolie. Alors, quoi ? Je joue les bourrines en posant la question franchement ?… Ou je laisse filer ?

Ju a gentiment demandé a sa copine Trang s’il était possible que je vienne au Têt de sa famille, dans une province de Hanoi mais tout de même à trois heures de chez nous. Encore une fois c’est totalement adorable, mais je suis gênée par tant de gentillesse et crains d’être l’élément de trop dans cette petite fête… qui va quand même durer plusieurs jours !

Quant aux amis connus de longue date depuis la France, ils semblent avoir déserté. On laissera donc tomber de ce côté là.

Pour ce qui est des congés du Tet (le bureau ferme quelques jours), j’hésite a aller quelque part, surtout toute seule. En effet, je ne connais pas de personnes depuis suffisamment longtemps pour partir en vadrouille avec eux. C’est bien dommage car ç’aurait pu être sympa de s’envoler a Ho Chi Minh Ville pour 140 euros et de vadrouiller en recherche de bons plats du Sud. Mais je ne trouve personne et ne sais pas où loger.

Voila pour les nouvelles, qui, je vous l’accorde, sont fort longues !

N’hésitez pas a donner votre avis sur tout ça, pour que ce blog ne se transforme pas en monologue 😉

Tschus !

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Et en bonus, pour un peu plus de gaieté : voici les deux chansons que j’ai répétées hier avec le groupe Puzzle et que je jouerai lors de la prochaine soirée cabaret du 22 février !