Hanoi sans conduire de moto, c’est possible

Alors voilà, je dois vous avouer un truc.
Oui, oui, disons les mots. Avouer.
Car dire qu’on ne conduit pas de moto (ou de scooter) à Hanoi, c’est comme passer aux aveux. Car pour nombre de personnes, vietnamiennes comme expat´, pas de moto, pas de salut.

Pourtant, pour tous les futurs expat’, je dois vous le dire : oui, vivre à Hanoi sans conduire de moto, c’est possible.
Simplement, si comme moi, malgré un séjour de plusieurs mois, vous n’avez pas suffisamment confiance en vos réflexes pour oser affronter le trafic très particulier de la capitale (semblable à un grand océan : on doit s’y mouvoir comme dans un banc de poissons qui va dans tous les sens et où plus on est gros, plus on a la priorité – et n’essayez pas d’appréhender ça en regardant des vidéos Youtube, rien ne vous prépare à ça) , soyez conscient que vous vivrez votre séjour différemment des autres. Ce ne sera pas pire, mais ce sera juste un rythme et des habitudes autres.

Alors évidemment, l’option la plus facile serait de tout faire en taxi sans vous préoccuper du reste (après tout, le kilomètre coûte environ 65 centimes d’euros). Mais après, c’est une question de budget. Mon choix de mon côté à été fait assez rapidement : si je faisais tout en taxi, je devais renoncer à la bouffe ou aux extras du week-end. J’ai donc fait une croix dessus.

En réalité, j’ai accepté d’avoir une vie un peu plus lente et quadrillée que mes comparses hanoiens, en adoptant le triptyque bus / xe om (taxi moto) / taxi.

Bus pour aller au boulot . Votre choix de logement doit donc tenir compte de la proximité de celui-ci à un arrêt de bus qui se trouve sur une ligne, si possible menant directement à votre lieu de travail. Pas évident, mais loin d’être impossible.
Le bus implique de plus d’être prêt à marcher un peu. Exit talons à la hauteur impossibles pour vous mesdames, surtout si vous tenez compte du sol parfois peu régulier de la ville. Il serait dommage de se tordre la cheville ou se faire une entorse pendant votre séjour !
Si la marche deviendra votre passage obligé pour prendre le bus, votre choix de logement se posera aussi sur un lieu qui ne se trouvera pas au fin fond d’un dédale de ruelles sombres. Et Dieu sait que c’est nombreux ces trucs-là. Encore une fois, pas évident, mais pas impossible.

Le bus a augmenté, il vous en coûtera 7000 dôngs l’aller. Néanmoins un abonnement mensuel est assez intéressant. Je n’ai jamais eu le temps de me le faire faire, il faut une photo d’identité, parler vietnamien si possible et se rendre à un guichet spécifique en ville que j’ai toujours eu la flemme de chercher.

Mais franchement le bus je vous le conseille, le prendre c’est un peu comme prendre du slow food, vous vivez Hanoi plus lentement, plus tranquillement, avec les locaux. Ça donne parfois de drôles de moments, qui peuvent devenir inoubliables.

Quand je suis en retard, que je dois traverser la ville d’un bout à l’autre ou que je me rends vers un lieu que je ne sais pas relier par le bus, j’opte pour le xe om.
Le xe om c’est agréable, ça donne de petites sensations de vitesse, de liberté et d’aisance, et en même temps on ne se prend pas la tête avec la conduite, on regarde autour de soi et on se serre un peu pour éviter de frôler de trop près certains obstacles.
Le xe om c’est environ 50 à 60% du prix du taxi (donc le taxi est plus avantageux si tous vos trajets se font en tandem).
L’important est de trouver son xe om habituel (en général sur une zone donnée ce sont toujours les mêmes), un qui conduit bien et avec qui on s’entend bien, et qui finit par connaître la meilleure route pour vous conduire à vos spots favoris. Et puis négocier le xe om c’est rigolo, mais partez du principe que dans le meilleur des cas vous payerez toujours 10 000 dôngs de plus que vos collègues locaux.
Le seul conseil que je vous donnerai, c’est que quoi que vous choisissiez comme mode de transport, offrez-vous un casque. Un bien, un solide, de préférence qui couvre les tempes et les oreilles (c’est fragile ces trucs là). Régulièrement, des expatriés revendent le leur sur internet en repartant chez eux, c’est plutôt un bon plan et ce est un bon investissement.
Avoir son propre casque, c’est ne pas devoir se taper le second casque à la propreté ou à la sécurité douteuse de son xe om.
Avoir son propre casque, c’est aussi pouvoir partir en vadrouille avec ses copains qui eux conduisent et voudront peut-être vous accepter et tant que passager arrière.
Parfois je me trimballe le mien comme un deuxième sac à main, au cas où.
Je peux même glisser quelques unes de mes affaires à l’intérieur.

Enfin, quand je dois faire des micro distances, ou tard la nuit après un concert par exemple, le taxi prévaut. En effet, le taxi reste intéressant pour les petites distances d’un ou deux kilomètres car à ce stade le xe om sera quasi aussi cher.
La nuit à partir de 22-23h, je préfère ne pas prendre de xe om. On peut appeler un taxi facilement pour qu’il vienne nous prendre à un endroit mal desservi, ce qui est pratique.
Le taxi c’est chiant car y a parfois de mauvaises surprises, du genre le mec qui fait semblant d’être perdu pour multiplier le kilométrage (un classique) ou encore celui qui va te faire faire le tour de la ville pour rien (plus rare, mais rageant). Le taxi c’est un peu mon dernier recours. D’ailleurs quand les xe om m’annoncent un prix trop cher, je les menace d’aller prendre un taxi 😉

Ainsi, vivre à Hanoi sans conduire de moto reste possible. Et ça peut même être plaisant pour peu qu’on s’organise.
Cependant vous serez plus dépendant des lignes de bus par exemple. Et serez plus stressé niveau budget à chaque déplacement qui sort des sentiers battus. D’autre part vous aurez moins cet aspect d’exploration que peuvent vivre les conducteurs de moto ici. Vous serez moins tenté par faire des sauts de puce au gré de vos envies, et ça peut être dommage.
Mais en n’ayant pas votre propre moto, vous êtes moins individualiste et moins sédentaire. Vous aurez nécessairement plus d’interaction avec les hanoiens, ce qui est plutôt intéressant. Une façon différente de vivre la ville.

Une alternative envisageable peut être le vélo.
Le vélo est plus léger en cas de chute, mais subit, comme la moto, les affres de la circulation chaotique de la capitale.

De façon générale, je vous dirais de faire comme vous le sentez.
Mon mode de vie est loin d’être parfait, mais me convient plutôt pas mal.

Tschüs !

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Comment s’habiller quand on travaille au Vietnam

Ahlala, le nombre de prises de tête que j’ai eues en faisant ma valise
Notamment car je n’avais aucune idée de comment m’habiller alors même que j’étais destinée à faire un stage dans une entreprise un peu chic.
Alors, pour vous mesdames (désolée messieurs je ne maîtrise pas la mode vietnamienne masculine) je vais vous raconter un peu que prévoir en partant de façon à ne pas vous retrouver telle un arbre de noël en plein juillet dans votre boite (en gros, pour éviter que vous ne soyez trop repérables comme étant l’étrangère inadaptée de service).

Comme je l’expliquais, trouver des fringues de qualité ici quand on est une femme est loin d’être facile (à moins de dépenser autant d’argent voire plus qu’en France).
Alors, autant ruser un peu pour se fondre un peu dans la masse des travailleurs vietnamiens. Comment s’habillent les working girls aujourd’hui à Hanoï ?

De base, si vous êtes française, on attendra de vous que vous soyez un peu plus chic que les autres. En effet, que vous le vouliez ou non, vous représentez sur place l’élégance à la française ! N’ayez donc pas peur de vous habiller un poil plus chic que vos collègues, on ne vous en voudra pas… Au contraire, paraitre négligée pourrait vous desservir.

L’hiver, c’est le règne de la doudoune fine et courte. Oui, la doudoune, rigolez pas, c’est franchement utile.
Les petites nanas enfilent leur doudoune, si possible de couleur vive, et enfourchent leur scooter pour aller au bureau.

L’été, la doudoune est remplacée par une veste courte caractéristique,  à zips, à capuche et le plus souvent avec des motifs fleuris. Cette veste recouvre même les mains et en fait de jolis extrémités palmées. Pourquoi me diriez-vous, alors que vous allez etouffer par 35 degrés dès le mois de mai ?
Parce que nombre de ces dames exècrent le soleil et les couleurs qui vont avec. En complétant leur attirail avec un masque de protection anti-pollution (à fleurs, il va sans dire) et des lunettes de soleil mouche, elles sont protégées des UV de la tête aux pieds… et méconnaissables.
Il s’agit sans doute de la meilleure protection possible. D’ailleurs, ne rigolez pas avec les rayons du soleil, j’arrive à devenir couleur caramel malgré des tartinages de crème solaire indice 50 fomulée pour les enfants. C’est dire…

A l’intérieur du bureau, lorsque les beaux jours arrivent, les femmes n’hésitent pas à s’habiller avec chemisier blanc ou de couleur vive + jupe noire non évasée, ou alors en robe de couleur vive mais de bonne tenue, rarement en tissu imprimé. Les vietnamiennes pour la plupart portent des talons plus ou moins hauts. En effet, quand on fait tout en scooter, il est facile de ne pas trop marcher, et donc de se permettre de porter ce fameux talons ! Pour ma part j’ai opté pour des mocassins noirs achetés 10 euros sur place, étant donné mon choix de vivre à Hanoï sans conduire de scoot. Attention pour les amatrices de xe om (taxi moto), si vous optez pour une jupe ou une robe crayon, pensez que vous allez devoir monter sur la moto en amazone, et donc préférez un bon conducteur pour votre course.

Niveau sac, je conseille un sac de contenance petite ou moyenne avec une bandoulière, en PVC pour éviter les risques de moisissure, avec double fermeture (zip + rabat) à l’avant et poche zippée à l’arrière pour y mettre votre portable, et d’un design quelconque mais urbain. Il sera à porter à l’avant et non derrière pour éviter d’attirer les pickpockets. Vous pouvez aussi le placer devant vous quand vous enfourchez un xe om  par exemple, pour éviter qu’il pende sur les côtés. La plupart du temps, les vietnamiennes complètent leur sac à main par un sachet plastique basique et rectangulaire (toujours à récupérer ici) dans lequel se trouvent les éléments les moins précieux de leur barda, par exemple leur bouteille d’eau, leur bouffe ou leur petit gilet.

Le midi, pour manger dehors, les vietnamiennes se contentent de prendre avec elles uniquement leur petit portefeuille/porte-billets féminin, qui ressemble à une sorte de pochette rectangulaire. Pensez donc au portefeuille que vous allez prendre, et préférez en prendre un qui vous permette de classer convenablement vos billets (pas de pièces de monnaie au Vietnam) et de ne pas les confondre entre eux.

Dernier conseil si vous travaillez en été : prévoyez :
– un gilet léger à emporter partout avec vous pour combattre des climatisations glaciales au resto, dans les bars et ailleurs
– un petit foulard pour les mêmes raisons (mais facilement achetable sur place)
– une veste noire à laisser au bureau ultra climatisé, plus épaisse qu’un simple petit gilet et qui « corporatise » n’importe quelle petite robe d’été ou presque
– de l’insecticide spécial moustiques tropicaux à appliquer sur vos jambes tous les matins, les moustiques pouvant passer par les systèmes d’aération

– du baume du tigre pour apaiser vos boutons de moustique, si vous oubliez la précaution ci-dessus
– une paire de tongs à bousiller, légère, à transporter avec vous en cas de soupçon d’orage diluvien
– un poncho en plastique (achetable sur place pour 1,5 euros) à transbahuter avec vous pour les mêmes raisons, très utile sur un scooter.

Avec tout ça, vous êtes fin prêt pour faire bonne impression ET pour vous adapter au quotidien vietnamien.

Tschüs !

L’humidité hanoienne et moi, une longue histoire d’amour (ou pas)

Voila, je suis revenue de Danang à Hanoi.
Et je suis dans une phase « J’aime plus Hanoi » (oui, comme un certain Thomas Dutronc qui chante « J’aime plus Paris », c’est pareil).
Parce que chéwi va repartir en France vendredi soir et que j’ai envie de me glisser dans ses bagages.
Mais aussi parce qu’après notre retour de notre première plage paradisiaque (ça se fête !), on a eu droit à Hanoi sous la pluie (comme cette chanson de JB Notché sur le retour des vacances à Paris-la-grisaille).

Bref, je suis d’humeur massacrante (notamment car tout ce que je fais d’autre que de voir mon chéwi m’indiffère profondément, et oui, oui, répétitions musicales pour Ulysse incluses), et ce présent post risque de transpirer la méchanceté et la mauvaise foi.

Pour que vous puissiez comprendre mon exaspération chronique face à Hanoi, laissez-moi vous parler d’une de ces déconvenues qu’on y rencontre au quotidien.
Non je ne parlerai pas cette fois des rats qu’on croise dans des cages d’escalier, des cafards qui s’emprisonnent dans des pièges à rat à la place des rats (véridique), des moustiques qui égrènent leurs boutons sur mes jambes dont les pores finissent par ressembler aux reliefs de jolies balles de golf, ni même encore des grenouilles que l’on peut croiser sur des terrasses de restaurant (mais je ne me plaindrai pas des geckos de mon appartement, ils restent timides et ont leur intérêt).

Non, je vais vous parler d’une plaie du quotidien dont les gentils vacanciers qui passent entre deux jours et une semaine à Hanoi ont à peine conscience : l’HUMIDITE ambiante, persistante, perpétuelle, poisseuse, et qui nous complique bien la vie.

Le concept est très simple, et se décline en plusieurs variations toutes aussi intéressantes les unes que les autres.

1/ In tumbled-dryer we trust

Vous cherchez un appart’ ou une coloc’ ? Soyez conscient qu’un sèche-linge ici n’est PAS un bien de luxe, mais un bien de quasi première nécessité.

Une des raisons de mon précédent déménagement était la logistique incroyable qu’il fallait développer pour laver ses quelques vêtements. C’est bien simple : en principe, on est sensé laver notre linge dans la machine se trouvant dans le jardin, puis pendre nos affaires à l’extérieur.

Ca, c’est le principe.
Car en pratique, si vous prenez le risque de pendre votre linge dans le jardin, vous risquez de le retrouver une semaine plus tard 1) encore humide, et 2) recouvert de moisissure. Pensez-y avant d’emporter à Hanoi votre jean préféré acheté à prix d’or et qui n’a aucune chance de sécher convenablement à l’air libre.
La seule technique que j’avais trouvée à la fin est de tout foutre sur les rampes d’escalier, et tant pis pour l’esthétisme, et tant pis pour les colocs (je leur épargnais tout de même l’exposition de mes sous vêtements que je faisais sécher dans ma chambre).

Mon nouvel appartement est loin d’être une affaire mais nous avons droit à une femme de ménage qui lave et sèche le linge trois fois par semaine. Et ça, ça n’a pas de prix (enfin, si… mon débardeur gris Petit Bateau a été paumé dans la procédure).
Tout cela ne résout cependant pas le problème numéro 2…

2/ Gaffe à vos affaires.

Vous voulez une vie remplie de surprise ?
Rangez vos fringues dans l’armoire de votre chambre.
A présent, vous pouvez prendre les paris pour savoir si, quelques jours plus tard, vous allez récupérer vos biens avec – ou sans – taches de moisissure, quand ils ne deviennent pas complètement blancs et recouverts de champi (dernier cas pas encore vécu personnellement, mais je ne suis pas pressée d’en faire l’expérience).
Tout cela, grâce à cette charmante humidité hanoienne dont je me passerais bien.
Bienvenue dans mon monde.

Dans ce monde merveilleux de l’humidité, vous ravisez votre jugement sur le similicuir qui fait si cheap en Europe et que vous n’achetez peut-être jamais.
Ici, le similicuir tient mieux que le vrai cuir, qui aura tendance, au bout d’un moment, à pourrir sur place (pas vécu personnellement, mais je songe à demander à Chewi de bien vouloir sauver mes magnifiques bottines de chez Clark’s en les ramenant par anticipation en France).
Et vous finissez par vous marrer tout(e) seul(e) en regardant les publicités vantant les mérites du « genuine leather » !

Même la touche de mon violon provisoire a été légèrement « mangée »… On m’a dit qu’il fallait aérer l’instrument régulièrement, je pense lui acheter une laisse pour le promener.

Bref, faites gaffe à vos affaires ! Mes colocataires d’avant ouvraient grand les portes de leur armoire en contradiction totale avec les règles élémentaires d’esthétisme et d’intimité, et peut-être à raison…

Avis aussi aux férus d’informatique ou de photo : des armoires spéciales existent, qui protègent votre matériel de l’humidité. Pensez-y vraiment, les appareils électroniques complexes ont tendance à rendre l’âme plus facilement ici, surtout s’ils ne sont pas utilisés souvent…

Face à ce désastre, les forums d’expatriés regorgent d’appels à l’aide sur les moyens d’éviter ces désagréments. Ça passe par :
la recherche du saint-graal (= un deshumidifieur d’air d’occasion, mais en général ca ne suffit pas, il faut vider les 18 litres d’eau absorbée toutes les trois-quatre heures selon la taille de la pièce !),
– aux achats de plans B (sacs de silica, vous savez, les machins chimiques qu’on retrouve dans nos achats fraichement débarqués de leurs usines chinoises et que l’on pense inutiles… pas encore trouvés à Hanoi),
– ou encore des expérimentations en tout genre (j’ai fait des recherches poussées sur les sacs de charbon de bambou sensé rééquilibrer l’humidité d’un petit espace, et ai été très tentée a un moment par l’utilisation d’huile essentielle de lavande réputée anti-fongique, mais ai abandonné l’idée car pas trouve de diffuseur convenable).

Sympathique non ?
Et pourtant, ce n’est pas ce qui m’embête le plus… car je suis beaucoup plus embarrassée par le 3e problème apporté avec l’humidité.

3/ T’as envie de chanter de ta plus belle voix ? Laisse tomber, Hanoi n’est pas faite pour toi.

Bah ouais.
Y a deux semaines, je me tapais une angine avec extinction de voix au passage. J’ai du annuler les dernières prises studio pour mon projet d’enregistrement de chansons qui est déjà bien avancé.

Et depuis… depuis, je suis encore obligée d’attendre.

Car ma voix ne s’en est pas remise totalement.
Et je crains de plus en plus qu’elle ne s’en remette jamais totalement, en tout cas, pas avant que je quitte cet îlot d’humidité et de pollution qu’est Hanoi.

Parce que de deux choses l’une.
Soit je suis dehors ou dans une pièce non ventilée, et l’atmosphère est trop humide pour mes bronches.
Soit je suis chez moi, au bureau, au resto, dans le bus ou dans le taxi, et la, l’air co prend le relais et offre un air beaucoup trop sec.
Ajoutez à cela la clope partout (je m’y suis même habituée…) et les pots d’échappement des multiples véhicules de la ville et vous avez un beau tableau atmosphérique.

J’ai l’air d’une chochotte, d’une diva en me plaignant de la sorte ?

Essayez, faites le test. Tapez-vous une angine, ne parlez pas pendant quatre jours (sympa quand un associé de votre boite vous appelle au téléphone sur un dossier important…), et espérez ensuite qu’après toutes ces quintes de toux et ces raclements de gorge, votre appareil respiratoire ne se sente pas irrité et soit beau comme un sou neuf.

Autant se rendre à l’évidence : c’est impossible.
Et non, je n’ai pas envie d’ingurgiter 5 kilos de miel soit disant pour aller mieux.

Le résultat est que j’ai des quintes de toux grasse difficiles chaque matin, et des quintes de toux sèche chaque soir.

Et que même si je peux à nouveau parler, il est clair que pour le chant, surtout en studio, ça ne va pas être possible. Je trouve ça assez frustrant.

Je me demande si la fenêtre entre le moment où il fait moins moche et moins humide (eh, mais ce n’était pas sensé être en avril ?) et l’arrivée de la mousson (j’ai pas hâte) sera suffisamment large pour me permettre d’enregistrer.

Mais bon, à ce qu’il parait (et c’est même moi qui le dit), la patience est une des qualités nécessaires pour survivre ici au Vietnam,

Je dois donc m’armer de patience… Ce qui ne m’empêche pas de râler « à la française » par le biais de ce blog 😉

Tschüs !

 

Comment gérer son budget d’expatrié au Vietnam (2) : une fois sur place

Bonjour cher visiteur et peut-être futur expatrié,

J’ai déjà sur ce blog évoqué les petits trucs auxquels on ne pense pas en partant au Vietnam, ainsi que quelques conseils sur le budget à prévoir avant de partir.

Aujourd’hui je vais vous parler de la gestion du budget une fois sur place, jour après jour. Je l’avoue, avant de partir, je n’avais jamais fait partie des personnes qui gèrent scrupuleusement leur budget et notent quotidiennement leurs dépenses sur un carnet, en vérifiant tous les tickets de caisse amassés dans la journée. Il suffisait que j’aie une idée approximative de ce qui me restait, et tout allait pour le mieux.

Mais je prends mon séjour ici comme une expérience durant laquelle je dois vraiment me débrouiller par moi-même, avec un revenu qui ne permet pas de faire des folies, et avec en tête de nombreuses dépenses que je devrai faire en rentrant, en raison de ma future entrée dans la vie professionnelle.

Au fil des semaines, je me suis rendue compte que je serais moins stressée si je savais combien je dépensais et combien il me restait par rapport à mon indemnité de stage.  J’ai donc cédé à la tentation de noter mes dépenses quotidiennes. Et me suis rendue compte que certains jours, je ne dépensais pas tant que ce que je pensais. Ça permet alors de savoir exactement les moments où on peut se faire plaisir sans aucune arrière pensée, et c’est donc assez reposant au final.

J’ai donc eu envie de vous parler ici de ma façon de gérer l’argent au quotidien.

Pour ma part, pour le quotidien ici, je divise mon revenu mensuel par trois :

I – 1/3 environ (un peu plus en réalité) pour le logement. J’essaie de réserver une petite marge de sécurité pour les charges diverses et variées : électricité (ça peut monter jusque 40 dollars par mois par personne pour une coloc en été a cause de la clim ; préférer le ventilo de plafond moins couteux et moins bruyant), femme de ménage (un service courant ici), produits ménagers et divers éléments d’amenagement de votre chez vous… Attention quand vous cherchez votre logement, prévoyez une marge d’environ 30 a 40 dollars car les loyers souvent ne comprennent pas électricité, et parfois même pas l’eau ou internet.

Combien coute le logement en ce moment sur Hanoï ?

Pour autour de 100 dollars vous pouvez tenter de dealer avec une famille vietnamienne pour vivre chez eux à la vietnamienne (faut avoir des contacts sur place). Pas cher, pas ce qu’il y a de plus pratique/confortable mais ça doit être une expérience intéressante toutefois. Une connaissance même minime de la langue est un plus.

Pour autour de 150-200 dollars vous avez une chambre basique (parfois avec matelas viet et douche viet) en coloc dans un joli quartier, ou une chambre pas mal dans un endroit moins bien placé (Dong Da, Cau Giay, voire plus loin…).

Pour 250-300 dollars voire un peu plus vous avez déjà une chambre dans une (très) jolie coloc et dans un coin sympa.

Pour 300-350 dollars vous avez accès a un studio pas trop mal (chambre au même endroit que la cuisine et le salon) dans le quartier des expat’.

Si vous voulez un vrai appartement dans le quartier des expat’, ça se négocie autour de 400-500 dollars, autour de 600-700 si vous souhaitez deux chambres.

Ajoutez 50 dollars de plus environ si vous voulez vivre dans l’hyper-centre, c’est à dire le quartier de Hoan Kiem (mais je ne le vous conseille pas, ce n’est reposant comme quartier, or le facteur « repos » devient important au bout de quelques semaines à Hanoï).

Tous les prix que je vous donne sont ceux du marché à destination des expatriés. Il est évident qu’il existe des sites d’annonce tout en vietnamien qui proposent des deals plus intéressants… Mais faut savoir parler la langue.

Si vous restez moins de deux mois, pensez aussi aux homestays. J’ai pu tester Mike Homestay par exemple, plutôt sympa et bon esprit.

II – Un peu plus d’1/3 pour le quotidien. On divise ce montant par 30 (oui je sais, y a des mois qui font 31 jours, mais je m’en fiche) et ça fait le montant depensable en une journée. Chaque jour on note ses dépenses dans un carnet (ou son agenda). A la fin de la journée on a un bonus si on a dépensé moins que le montant quotidien, ou un malus si on s’est lâché un peu (et il faut parfois le faire, après tout on est là pour profiter, et j’ai tendance a dire « oui » à quasi toutes les propositions de resto et sorties). On reporte le bonus ou le malus pour le lendemain et on cumule ainsi toute la semaine. Parfois a la fin de la semaine on a un joli bonus pour se faire plaisir le week-end…

Mais qu’incorporer dans son quotidien ? Pas grand-chose, sinon deux éléments : la bouffe et les transports.

La bouffe en semaine, ce n’est pas trop un souci. Le midi, vous aurez un bon plat basique dans la rue a 25000 dongs (moins d’un euro), ou un plat dans un café-resto à 40 ou 50000 dongs (un peu moins de deux euros).

Les transports représentent un vrai problème pour les petits budgets. Si on n’a que 10 dollars en poche par jour, il faut faire une croix sur le taxi. Il reste alors la moto (50 dollars par mois + essence + 5000 dongs à chaque fois qu’on se gare), le xe om (de 30 000 à 50 000 dongs la course, soit entre 1,20 et 1,70 euros), et le bus (5000 dongs le ticket, mais il existe une carte mensuelle illimitée plutôt intéressante mais qui prend du temps à faire). Personnellement, je combine bus pour trajet maison-boulot, xe om pour les adresses pour lesquelles je ne connais pas le trajet en bus et taxi quand je ne peux pas faire autrement (la nuit par exemple, ou quand je suis encombrée).

Le reste : essentiellement, les boissons (miam le smoothie à 2 dollars), la bière et autres cafés, les mangues et les gâteaux… que des trucs biens pas trop chers mais dont il faut tenir compte également 🙂

III – Un peu moins d’1/3 pour les extras et les imprévus.

Ne jamais penser qu’il n’y aura pas d’imprévus au Vietnam. Cependant, la plupart des imprévus se règlent avec de l’argent (ex : t’as loupé le dernier bus ? prends le taxi 20 fois plus cher…). D’où l’intérêt de se constituer une petite réserve.

Pour ce qui est des extras, les tentations sont nombreuses. Ça peut être de la soirée karaoké entre potes, au resto gastronomique, en passant par un massage aux huiles essentielles, sans oublier le shopping bien sur. On peut aussi penser a aménager son petit logement par exemple, via les « moving sale » à fureter sur le site The New Hanoian.

Comme pour les dépenses du quotidien, un système de bonus/malus est plutôt pas mal et permet de se lâcher quand le week-end dernier on ne s’est pas offert de séance de shopping.

Bien évidemment, gardez une réserve d’argent « hors budget » pour les occasions spéciales telles que les trips en dehors de la ville par exemple…

A présent, quelques questions pratiques :

Où changer mes sous ? -> Je vais être assez vieux jeu, mais je dirais a la banque. Certes le taux n’est pas des meilleurs, certes ce n’est que rarement ouvert après 17h, mais au moins on est tranquille. Certaines bijouteries appliquent des taux avantageux, d’autres des taux déplorables (j’ai même du écrire sur un papier le taux que j’avais lu sur xe.com le jour même pour leur faire comprendre que quand même, leur taux était ridicule), et parfois elles changent d’avis et vous disent qu’elles ne font pas le change. En général, je trouve que Vietcombank fait de meilleurs taux que Vietinbank par exemple.

Moto : louer ou acheter ? -> A partir de quatre mois de séjour, il est en général  recommandé d’acheter une moto (vérifier les papiers) puis de la revendre en partant. Elle n’aura couté que le prix de la moins-value. La location est aussi moins prise de tête en ce qui concerne les diverses réparations.

Comment manger bon et pas cher à la vietnamienne ? -> Pour le midi, rien de plus simple : partout dans la rue ou presque. Le soir c’est un peu plus compliqué car une partie des restos de rue ferme (normal, ils sont ouverts depuis le matin pour servir des soupes en guise de petit déjeuner). Un bon plan pas trop cher pour les petites faims du soir est de se payer un banh my ga, un sandwich vietnamien au poulet, au Highlands Coffee (leur Starbucks a eux) pour 29000 dongs, donc un peu plus d’un euro.

Comment manger bon et pas cher a l’occidentale ? -> J’ai un plan pour les personnes qui vivent ou bossent a Tay Ho, qui consiste a acheter a Oasis Grocery soit un plat chaud (pour les chanceux s’il en reste), soit un plat maison congelé a trouver dans leur congélateur magique au fond a droite (très bonnes lasagnes ricotta-épinards). Pour les grosses faims, direction Saint Honore juste en face pour compléter votre repas avec une baguette et un petit dessert. Je suis personnellement fan de leur congolais au chocolat : l’alliance d’une super matière première locale et du savoir faire français, le tout pour 6000 dongs. Ça vous fait en tout un bon repas traiteur pour a peine 60 000 dongs (2 euros voire moins).

– Et l’eau, ça coute cher finalement ? -> Environ 5000 dongs la bouteille de 50 cl en supermarché, 65 000 dongs le gros bidon de 19 l. Il est donc intéressant de s’offrir une bouteille, qu’on re-remplit ensuite avec de l’eau qui vient de ces fameux bidons. Au final ça ne revient pas trop cher.

Finalement le meilleur truc pour tenter de vivre pas trop cher ici est de connaitre a peu près les prix, sachant qu’on paiera toujours au moins un plus cher que les locaux. Je paie dans la rue mon kilo de mangue a 30 000 dongs, quand normalement ça en vaut 25. On ne va pas pinailler pour 20 centimes tout de même. Ça demande donc un petit sens de l’observation au quotidien. Au bout d’un moment les règles s’assimilent vite.

Bref, malgré tous mes petits trucs qui peuvent faire peur a priori, gérer son budget au Vietnam n’est pas si compliqué, pour peu qu’on reste un minimum vigilant. Je crois d’ailleurs que le Vietnam en général est un pays dans lequel il est nécessaire de rester vigilant, sans pour autant tomber dans les excès. Cela fera d’ailleurs surement l’objet d’un futur article…

J’espère en tout cas que mes billets peuvent rendre service au moins à certains d’entre vous.

Tschüs !

Comment gérer son budget d’expatrié au Vietnam (1) : avant le départ

Bonjour chers visiteurs et peut-être futurs expatriés,

J’ai déjà abordé les petits trucs auxquels on ne pense pas quand on part au Vietnam, pour aider les novices comme je l’étais avant de partir. Je l’avoue, à la base (et même maintenant), je ne suis pas spécialement une grande voyageuse… D’ailleurs ce blog n’est pas un blog de baroudeur mais vraiment un blog qui décrit les petites choses du quotidien, ailleurs. Moins spectaculaire mais tout aussi passionnant 🙂

Aujourd’hui j’ai eu envie de vous parler d’un sujet plutôt tabou et sur lequel j’ai pu entendre tout et n’importe quoi avant de partir : comment gérer son budget lors d’une expatriation au Vietnam.

Sur le net j’ai entendu vraiment de tout, j’ai autant eu des personnes qui me disent qu’« on a une vie de rois », que « tout est donné », que d’autres qui affirment qu’en dessous de 3000 euros de revenus mensuels sur place, il faut s’attendre a une vie misérable !
Entre deux il y a bien sur une réalité un peu plus nuancée.
Je ne peux évidemment pas parler d’autre chose que de ma propre expérience, mais j’espère que celle-ci va vous permettre de visualiser davantage la façon dont on peut gérer les questions d’argent quand on s’apprête à partir quelques mois au Vietnam (dans une grande ville, s’entend).

Je tiens tout d’abord à signaler que j’écris cet article dans le cadre d’un séjour qui se déroule en 2014. C’est un fait important à souligner car :

– d’une part, même si le dong vietnamien se stabilise relativement bien, la valeur de l’euro est encore en train d’augmenter par rapport au dong (alors qu’un dollar se stabilise autour de 21.000 dongs, sans que cela ne bouge particulièrement en ce moment). Quand je suis arrivée, l’euro était autour de 28.500 VND. A présent il flirte régulièrement avec les 29.000 (vive xe.com pour connaitre tous les taux en temps quasi réel)
– d’autre part, en raison d’une légère inflation mais aussi du contexte, les prix ont tendance à pas mal augmenter au fil des mois. Ce que je raconte en 2014 sera donc à relativiser dans les années à venir, même si ça peut néanmoins donner une idée.

Pour ce premier article sur la gestion du budget, je vais d’abord parler des dépenses auxquelles penser avant le grand départ.

Quels sont les postes de dépense à prévoir avant de partir ?

Le billet d’avion, le plus évident – En s’y prenant à l’avance et en faisant le combo skyscanner.com + kayak.com + prem’s de chez la SNCF pour les provinciaux comme moi qui veulent se rendre a Roissy en TGV, ça peut aller de 650 euros chez Qatar avec escale à Doha, jusque 1200 euros environ pour un vol direct Paris-Hanoï chez Air France ou Vietnam Airlines. Certains prennent un aller simple, d’autres un A/R avec possibilité de changement de date. A vous de voir…

L’assurance santé, l’indispensable – Elle ne m’a jamais encore servi, mais je ne vais pas m’en plaindre. Elle doit servir à vous couvrir en cas de consultation (remboursement a postériori la plupart du temps), hospitalisation, besoin de rapatriement voire responsabilité civile (ça peut être utile). Compter environ 200 euros pour six mois de stage, mais cela dépend vraiment du statut avec lequel vous partez au Vietnam – il est évident que si vous êtes étudiant ou stagiaire cela sera plus abordable. Ajoutez également les frais de santé divers et variés avant le départ, tels que les check-up dents, yeux, gy pour les filles, dermato au besoin, voire bilan sanguin pour ceux qui veulent, penser peut-être à vous offrir une paire de lunettes de secours, + les vaccins (rien n’est officiellement obligatoire, mais il est souvent recommandé, en gros, de faire hépatite A et B, rappel DTP, typhoïde. Hépatite et DTP je recommande vraiment au vu des multiples probabilités d’échanges de salive en tout genre, via la nourriture. Typhoïde non remboursée. )

Les premiers mois de loyer – Divisez ce que vous comptez dépenser mensuellement (votre indemnité de stage ou votre salaire si vous êtes payés, les économies assignées à votre séjour sinon, divisés par le nombre de mois) par trois. Ajoutez au besoin un peu plus (si vous êtes en petit budget ou si vous souhaitez un peu plus de confort). Multipliez ce montant par quatre. Pourquoi quatre ? Car il y a pas mal de (co-)locations qui n’acceptent que des paiements avec trois mois d’avance + un mois de caution. Il faut donc parfois avancer tout ça dès son emménagement.

Le visa – Sujet à constante augmentation. Encore une fois cela dépend de votre structure d’accueil (université, entreprise…) et du fait de savoir si vous préférez un entrées multiples ou entrée simple. Comptez une centaine de dollars pour les plus chers pour trois mois. Attention, réservez-vous aussi de l’argent si vous comptez renouveler votre visa sur place.

Le fait de se laisser, si possible, une petite cagnotte dans laquelle puiser pour des choses un peu exceptionnelles (road trip certains week-end par exemple, ou investissement dans un joli costume sur mesure), est appréciable.

Quelles sont les questions à vous poser avant de partir ?

Dollars ou euros ? -> Que ce soit pour les touristes de passage ou les séjours plus longs, je répondrais euros, définitivement. L’euro par rapport au VND est plus fort que le dollar dans son rapport avec le dong. Vous bénéficierez davantage de l’augmentation de valeur des euros et si vous attendez un peu avant de faire le change, vous gagnerez quelques centaines de dongs de plus. Une autre raison de ne pas prendre des liasses de dollars est que ça vous évite de subir deux fois un taux de change (EUR>USD>VND) qui vous sera forcement défavorable. L’idée de payer sa vie quotidienne en dollars, surtout pour les petits montants, n’est pas forcement pertinente, toujours pour les mêmes raisons : on vous appliquera la plupart du temps un taux de change défavorable. Les prix sont parfois ici affichés en dollars, mais c’est juste pour se faire une idée. Mais je crois qu’aucun commerçant ne peut refuser que vous le payiez en VND.

Compte en banque local or not ? -> Ça dépend de la durée de votre séjour. En général au-delà de six mois ça devient intéressant (soyez tout de même vigilant et gardez toutes vos preuves de paiement selon contrat de travail ou de stage pour faciliter le rapatriement de votre argent). En-deçà, c’est à  voir. Si vous ne comptez pas ouvrir de compte en banque local, renseignez-vous auprès de votre banque française avant de partir. Certaines proposent des forfaits internationaux permettant de retirer de l’argent ou de payer avec sa carte sans frais. Super intéressant.

Sinon, parmi les trucs auxquels penser avant de partir, n’oubliez pas de débloquer votre téléphone portable pour y accueillir une carte SIM vietnamienne (très abordable, en vente partout), résilier ou réduire au minimum vos abonnements en France, etc etc.

 

A suivre, une deuxième partie consacrée a la gestion de votre budget d’expat’ au Vietnam, une fois sur place. Vous allez voir, ce n’est finalement pas si compliqué.

Tschüs !

Comment prendre le bus à Hanoï

Je vis à Tay Ho (quartier expat’ avec grand lac), je bosse à Hoan Kiem (hypercentre, côté luxueux). Dans les deux cas, je croise souvent des couples en tenue de mariés qui prennent la pose (souvent peu naturelle) sous l’objectif d’un immortaliseur d’images.

Le seul souci, est qu’entre les deux, y a presque 100 000 dôngs de taxi (3,5 euros environ), ce qui alourdit bien la facture lorsque l’on doit faire un aller-retour au moins cinq fois par semaine. Pour moitié-prix voire un peu moins, je peux tester les sensations fortes du taxi-moto ou xe om, avec les pots d’échappement qui vont avec. Pas trop mal, mais pas génial sur route mouillée (la plupart de mes amis ici disent que nombreux sont les xe om qui boivent en attendant le client…)

Bref, j’ai décidé de prendre le bus pour aller au boulot. Parce que c’est un gros véhicule dans lequel on se sent en sécurité (rappelez-vous, la priorité est toujours accordée au plus gros véhicule), qui ne prend pas la pluie, et qui est très peu cher (5000 dôngs la place, soit moins de 20 centimes d’euros). [Edit : le ticket a augmenté : quand j’étais repartie en juillet 2014, il était à 7000, avec projet d’augmentation à 8000 voire plus…]

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bus de Hanoï ne déroge pas a la règle selon laquelle, en général, prendre le bus est toujours un peu vu comme quelque chose de fastidieux. D’un autre côté je n’ai pas a m’en plaindre, il n’est ni meilleur ni pire que ce qu’on peut voir en France ou au Maroc par exemple.
J’ai tout d’abord parcouru le net à la recherche d’explications. Je suis tombée sur :
– le site de la compagnie Hanoi Bus, en vietnamien, et je n’avais pas google trad sur ma bécane
– des sites pour touristes qui expliquent comment aller a tel ou tel monument en prenant le bus, donc contenant des infos parcellaires
– pas grand-chose d’autre.

Alors aujourd’hui, j’ai décidé de vous expliquer comment prendre le bus a Hanoï… Tout du moins depuis chez moi jusqu’au centre-ville.

Plusieurs étapes sont indispensables pour prendre le bus.

La première étape est de trouver une carte décente qui explique a peu près les trajets de chaque ligne. Je n’en ai trouvé aucune en ville. Et quand on ne connaît pas encore le réseau, difficile de juger de la pertinence d’une carte.
Allez je suis gentille, voici celle que j’ai utilisée :

Une carte du reseau de bus a Hanoi

Avec ça normalement vous repérez quel numéro de bus passe à peu près par les deux points qui vous intéressent : le lieu de départ et le lieu d’arrivée.

La deuxième étape consiste a repérer votre arrêt de bus de départ. Alors soit vous connaissez une bonne âme qui vous l’indiquera, soit vous devrez errer dans votre quartier jusqu’à ce que vous trouviez :
– un panneau bleu dont la face est perpendiculaire à la route,
– rehaussée d’une bande jaune où le mot XE BUYT (= bus) est marqué dessus (eh oui, car des panneaux semblables existent pour des navettes électriques),
– et qui comporte le numéro de votre ligne.
Ça peut durer un moment car ce n’est pas très voyant. Les numéros de ligne étant écrit en tout petit, il faut se poster sous le panneau pour voir s’il se trouve sur le trajet désiré.

La troisième étape est sans doute la plus simple : attendre le bus, et faire l’appoint.
Faire l’appoint vous facilite bien la vie et celle du monsieur du bus qui vous vend votre ticket à bord (billet de 10 000 ou de 20 000 toléré).
Faire l’appoint s’avère nécessaire en heure de pointe pendant laquelle il est physiquement impossible de rejoindre ce vendeur de tickets et où votre billet de 5000 (ou vos billets de 1000 et 2000) passe de main en main jusqu’à lui en guise de paiement.

La quatrième étape consiste a monter tout simplement dans le bus, acheter votre ticket, vous faire placer avec plus ou moins de ménagement par le monsieur du bus, qui n’hésitera pas à vous pousser un peu vers le fond en cas de grande affluence, ou à vous faire lever pour faire place aux personnes âgées (mon grand souci a été de déterminer qui, parmi ces asiatiques qui ont l’air si jeunes, devait être considéré comme âgé). Il existe aussi dans les bus des petits carrés surélevés dans lequel déposer vos valises et autres gros sacs encombrants, à surveiller d’un coin de l’œil ou à réserver aux biens sans trop de valeur (un sac plastique rempli de bananes par exemple).

La cinquième étape est sans doute la plus compliquée, surtout pour les débutants : deviner à quel moment vous devrez descendre.
En effet, il n’existe pas de nom de station : les arrêts sont désignés tout simplement par leur adresse (du genre 285 Yen Phu street, démerdez-vous avec ça quand vous ne connaissez pas la ville).
De plus, même si sur certaines lignes (pas toutes) les arrêts sont annoncés, votre piètre compréhension de l’accent vietnamien ne vous permettra pas de repérer l’instant de la descente.
Finalement, la meilleure technique pour vous restera celle des points de repère. C’est très simple, dès que vous apercevez un point de repère que vous connaissez pas très loin de votre destination, vous signifiez que vous voulez descendre.
Pour ce faire, appuyez sur le bouton rouge sur la barre jaune près de la sortie. Vous pouvez aussi appuyer sur un bouton qui se trouve directement à côté de chaque lumière indiquant une demande d’arrêt.
Pour mes premières fois, je suis restée aux aguets, en regardant partout si je repérais quelque chose que je connaissais. D’accord, pour moi c’était plutôt facile, il suffisait d’apercevoir le lac Hoan Kiem pour demander de descendre.
Attention, la descente va vite, il faut être dans les starting-blocks bien avant l’arrêt pour éviter de devoir sauter d’un bus qui vient de redémarrer.

La difficulté est renforcée en heure de pointe, pensez donc à tester votre trajet en heure creuse ou en week end.

Et voila, vous venez de prendre le bus à Hanoi !!

Attention tout de même, ce n’est pas parce que vous maîtrisez le trajet aller que vous allez être nickel sur le trajet retour.

J’en veux pour preuve ma première soirée à errer dans le quartier de mon lieu de stage pour trouver un arrêt ou un bus de ma ligne qui me ramènerait chez moi. Le matin où on m’a déposée, je pensais que l’arrêt pour le retour se trouverait en face dans la rue. Sauf que cette rue était en sens unique. J’ai cherché, cherché pendant bien une heure (et en demandant mon chemin a des gens qui ne savaient pas mais m’envoyaient n’importe ou), pour finalement jeter l’éponge et prendre un taxi. Puis j’ai appris qu’en fait le bus de ma ligne décrivait une boucle, et que j’aurais très bien pu attendre a l’arrêt auquel le bus m’avait déposée le matin !

Pour le retour, surtout si c’est dans un coin touristique, faites bien attention, pendant le trajet aller que normalement vous maitrisez, à construire vos points de repère. Pour moi par exemple, c’est un concessionnaire Honda. Dès que je vois un grand H majuscule, je sais que mon arrêt est le suivant. Biiiip !

La partie la moins fun finalement est celle ou vous devez traverser une sorte de route périphérique pour rejoindre votre chez-vous. Si votre ligne passe par ce type de route, vous n’y échapperez pas, soit a l’aller, soit au retour, puisque la ligne se fait d’un cote de la route a l’aller, puis de l’autre au retour…

Voila pour l’expérience. Si vous venez dans le coin, testez le bus, c’est plutôt rigolo et l’argent économisé vous permettra de mieux manger.

Tschus !